Rendez votre patrimoine « résistant à tout choc systémique » (1/2)

Rédigé le 8 janvier 2016 par | Analyses, Patrimoine Imprimer

Vous souvenez-vous du Cygne noir de Nassim Taleb ? Son dernier opus Antifragile peut être considéré comme la suite du Cygne Noir.

La thèse de Taleb est que :

Nous ne pouvons prévoir l’imprévisible

Dans Antifragile, il rappelle qu’un certain nombre de choses, dans la vie, sont prévisibles. D’autres ne le sont pas. Nous pouvons prévoir quand une comète passera dans notre atmosphère, ou à quelle vitesse un avion DC-9 tombera d’une hauteur de 10 000 pieds.

Quelle que soit notre ténacité, nous ne pouvons pas prédire quand un marché boursier surévalué s’effondrera. Nous ne pouvons pas non plus prédire le moment où la communauté mondiale perdra sa foi en le dollar.

Mais nous pouvons nous adapter pour faire face à l’irruption de l’imprévisible

Si nous ne pouvons pas prédire les cygnes noirs, affirme Taleb, nous pouvons par contre déterminer si quelque chose « risque d’être détruit » par eux. Un vase en verre, par exemple, est susceptible d’être détruit par un tremblement de terre. Un ours en peluche a plus de chances d’y survivre.

Plutôt que de passer du temps à chercher à prévoir l’imprévisible, nous devrions donc tenter de comprendre si nos pratiques, style de vie, actifs… pourraient être détruits par des cygnes noirs. Et, le cas échéant, oeuvrer pour changer les choses, essayer de les rendre plus solides pour être capables de survivre à des événements catastrophiques.

Mieux encore — et c’est le message clé d’Antifragile –, nous pouvons trouver des moyens de profiter de ces cygnes noirs.

La solidité, affirme Taleb, est la capacité à survivre à un événement catastrophique

Une personne en bonne santé, par exemple, est plus susceptible de survivre à une pneumonie qu’une personne à la santé fragile. Mais la nature nous a donné la capacité non seulement de survivre à des événements stressants, mais aussi d’en bénéficier (d’en profiter). Survivre à la varicelle, par exemple, vous rend plus résistant en cas de seconde exposition et peut parfois même vous immuniser.

Selon lui, lorsqu’il s’agit d’économie (entre autres), nous devrions faire le nécessaire pour devenir antifragiles face au désastre économique… Une approche plus utile que de chercher à prédire les catastrophes.

Je suis sûr que vous vous dites que c’est une question de bon sens… Pourtant, beaucoup d’ « experts » des marchés passent leur carrière à tenter de prédire leurs fluctuations. La plupart des analyses techniques reposent sur la même base.

Bien sûr, il existe quelques belles histoires, dont les héros deviennent riches en « prédisant » un mouvement du marché. Mais Taleb et d’autres, qui ont étudié ces histoires, en ont conclu qu’il s’agit de chance plutôt que de science.

Déterminez ce qui est financièrement fragile

Pour en revenir au risque d’un effondrement boursier ou d’une perte de crédibilité du dollar au niveau mondial : selon Taleb, nous ne pouvons pas prédire QUAND, ni même SI ces événements se produiront. Mais nous pouvons voir d’ores et déjà que s’ils se produisent, certaines institutions, certains investisseurs, certains actifs… seront rayés de la carte. En d’autres termes, nous pouvons déterminer qui est financièrement fragile.

Pour construire votre patrimoine, vous avez donc le choix 

Je ne connaissais pas grand-chose à la théorie des risques lorsque, au début de la trentaine, j’ai décidé de devenir riche. Mais même alors, je me rendais bien compte qu’aucune prédiction ne semblait fonctionner à tous les coups. Donc, plutôt que d’essayer de devenir un expert en actions et en obligations, j’ai décidé de suivre un plan. Je constate aujourd’hui rétroactivement que ce plan que j’ai déroulé tout au long de ma vie visait justement à devenir antifragile.

J’ai acheté de l’or parce que je lisais Bill Bonner, à l’époque où l’or s’échangeait pour environ 450 dollars de l’once. Les idées de Bill sur l’économie me faisaient peur. Sans or dans mon portefeuille, je me sentais fragile. J’ai donc acheté des pièces d’or, pas pour profiter de l’augmentation des prix, mais pour me protéger.

Puis, j’ai quitté le marché de l’immobilier locatif lorsque les prix ont trop augmenté. Tout le monde était certain que les prix continueraient d’augmenter… je n’en étais pas si sûr. Mais s’ils s’effondraient — comme le prédisaient certains des auteurs qui travaillaient pour Agora — je voulais être à l’abri. J’ai donc quitté ce marché vers 2006.

Je me suis positionné dans l’or et j’ai quitté l’immobilier pour me protéger d’un éventuel désastre financier. Acheter de l’or m’a coûté de l’argent. J’ai considéré ce prix comme une prime d’assurance… et il n’était pas bien grand ! En sortant du marché de l’immobilier, j’ai eu l’impression d’abandonner des profits à venir. Mais, là encore, j’ai considéré cela comme une sorte de prime — pour protéger les profits que j’avais déjà faits grâce à mes propriétés.

Selon Taleb, acheter de l’or et vendre de l’immobilier était un moyen de me rendre moins fragile. Quitter l’immobilier pendant deux ans m’a permis de devenir plus solide. Acheter de l’or m’a rendu antifragile.

J’aimerais maintenant en venir à votre patrimoine

Les deux questions que nous devons poser sont :

Je vous dirai tout cela demain dans la suite de cet article

Mark Ford

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