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Alerte n°265 – Japon, USA : la reprise du nucléaire se confirme

Par 26 janvier 2026CO2 Alertes

Cher membre de Zéro Carbone Millionnaire, 

Lundi dernier, la première ministre japonaise a tenté un coup de poker historique en ordonnant la dissolution de la chambre basse du Parlement. En provoquant des élections anticipées, Sanae Takaichi espère obtenir une majorité plus large pour mettre en place son programme politique iconoclaste qui prévoit un budget historique de 122 000 milliards de yens (664 Mds€).

La dissolution, qui est aussi incertaine au Japon qu’elle ne le fût en France en 2024, risque de plonger le pays dans l’incertitude politique. Isolationnisme ou ouverture sur le monde, rigueur budgétaire ou planche à billets, alignement avec les Etats-Unis ou rapprochement avec la Chine… les sujets à débattre ne manqueront pas si Sanae Takaichi se retrouve à devoir composer avec une chambre qui ne lui est pas acquise.

Un dossier, en revanche, devrait faire consensus : celui de la reprise de la production d’électricité d’origine nucléaire.

Mardi dernier, Tepco devait procéder à la remise en service de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Si l’opération a été décalée de quelques heures pour d’ultimes vérifications, la procédure de rallumage de la plus grande centrale nucléaire au monde qui a finalement débuté mercredi est un signal fort à quelques mois du quinzième anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

 

Le site de Kashiwazaki-Kariwa, au Japon, est la plus grande centrale nucléaire civile au monde (photographie : Tepco)

Doté de cinq réacteurs de 1,07 GW et de deux unités modernes de 1,4 GW, le site possède une puissance-crête de 8 GW – soit plus de 30 % de plus que la centrale de Zaporijjia et ses six réacteurs de près de 1 GW.

Kashiwazaki-Kariwa fait partie des grands projets de nucléarisation du parc électrique japonais de la fin du XXe siècle. Ses réacteurs ont été mis en service progressivement entre 1985 et 1997. En 2007, elle a subi un tremblement de terre de magnitude 6,6, qui a contraint Tepco à procéder à une extinction d’urgence qui durera finalement près de 2 ans. L’unité 7 a été rallumée en 2009, rapidement suivie par les unités 1, 5 et 6. La centrale tournait à mi-puissance lors du séisme du 11 mars 2011 (qui a causé l’accident de Fukushima) et, même si elle n’a pas été affectée ni par les secousses ni par le tsunami, les quatre tranches en services ont été arrêtées par mesure de précaution.

Durant des années, le Japon est resté particulièrement prudent au sujet du nucléaire civil. Mais les tensions croissantes sur le marché de l’énergie et l’isolement de l’archipel qui ne dispose pas de gisements propres ont conduit Tokyo à assouplir sa position. Ainsi, 14 des 33 réacteurs en état de fonctionnement dans le pays ont été progressivement remis en service, et l’autorisation de rallumage partielle de Kashiwazaki-Kariwa a été votée par les autorités locales le mois dernier.

La semaine passée, la tranche numéro 6 (un des deux réacteurs de 1,4 GW) a pu être temporairement rallumée, même si la procédure de montée en puissance a ensuite été interrompue. Sa jumelle, la tranche numéro 7, devrait être également remise en route dans les prochains mois.

L’entreprise publiera ses résultats annuels le 29 janvier. D’ici là, malgré la hausse de 62 % du titre à la Bourse de Tokyo, vous pouvez toujours acheter l’action qui reste sous notre cours d’achat maximal.

Mon conseil
Vous pouvez toujours acheter Tepco (JP3585800000) à Francfort sous les 6 €, ou à Tokyo (TYO : 9501) sous les 1 000 JPY.
  

USA : quand un démantèlement se transforme en réouverture 

Si le revirement japonais au sujet du nucléaire s’explique tout à fait par le contexte politique et social lourd causé par la catastrophe de Fukushima, la stratégie américaine au sujet de l’atome a de quoi laisser songeur.

En 2018, l’énergéticien Entergy a décidé de vendre la centrale de Palisades à Holtec. Cédée pour un montant symbolique de 1 000 $, il s’agissait pour l’énergéticien de se séparer sans coûts supplémentaires du site qui avait vocation à être fermé dans les années suivantes. De fait, en 2022, Holtec a éteint la centrale et commencé à préparer son démantèlement.

Mais le paysage énergétique mondial avait changé du tout au tout durant les quatre années entre le rachat de la centrale et son extinction. Une crise énergétique a frappé l’Europe et l’électrification de l’économie américaine s’est accélérée. Holtec a alors décidé de procéder au démantèlement comme promis, mais à petits pas.

Si le combustible usagé a bien été retiré et quelques bâtiments annexes rasés, le cœur du réacteur et les infrastructures ont été laissés intacts. Les turbines ont été retirées, mais pas détruites. L’énergéticien a alors pu offrir aux autorités un plan B : plutôt que de démanteler la centrale comme prévu, il a proposé de la moderniser pour la remettre en service.

Le prolongement d’activité, une affaire en or pour les électriciens

La volte-face s’avère rentable pour l’énergéticien.

Après avoir empoché près de 600 M€ de Washington pour nettoyer le site, Holtec a reçu 300 millions de subventions l’Etat du Michigan (et 1,5 milliard de prêts bonifiés) pour remettre la centrale nucléaire de Palisades en service. Pour compléter le tout, l’électricien a également perçu 400 M$ pour construire deux petits réacteurs modulables (SMR) sur le site. Du fait de la proximité géographique de la centrale existante, les coûts de raccordement et de sécurisation des lieux pourront être réduits au strict minimum.

Pour les Etats-Unis, l’intérêt de la relance du nucléaire ne fait plus de doute. D’une part, le prix du gaz naturel s’est envolé depuis le début de la décennie, ce qui rend de nouveau l’atome compétitif par rapport aux centrales à flamme. D’autre part, la multiplication des centres de données crée une demande continue en électricité particulièrement adaptée au schéma de production d’un réacteur nucléaire – et, à dire vrai, difficile à satisfaire avec des sources renouvelables du fait de leur intermittence.

Cette convergence des politiques publiques prouve que la reprise du secteur n’en est qu’à ses débuts. Et nos spécialistes comme Tepco, Fluor, Prysmian, Entergy, Southern California Edison ou encore Dominion sont aux premières loges pour profiter de la méga-tendance.

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