Update du portefeuille
Cher lecteur,
Depuis vendredi dernier (date de notre achat de Call sur le S&P 500), je pense que l’indice élargi américain est désormais trop proche de ses records historiques (moins de 2%) pour ne pas parvenir à les franchir.
Pour autant, certaines publications trimestrielles se sont révélées mitigées et le secteur des « biotechs » a été tout particulièrement attaqué outre-Atlantique (cf. le rectangle bleu clair sur le NBI ci-dessous).
En lien indirect pour ce qui est du CAC40, le poids lourd Sanofi-Aventis (attaqué dans la baisse dernièrement) n’a pas été épargné (lien pharmaceutique oblige).
L’une des configurations désormais envisageable est qu’une stabilisation/reprise de ce segment « donne du carburant » pour permettre l’inscription de records sur le S&P 500.
Pour en revenir au marché parisien, la sous-performance de Sanofi-Aventis n’aura cependant pas empêché notre indice de faire cavalier seul à la hausse pour aller chercher de nouveaux sommets.
Hier, j’ai privilégié l’hypothèse d’un piège. A tort car, hésitations persistantes de Wall Street ou pas, les acheteurs étaient toujours présents. Autre élément un peu surprenant durant cette dernière séance de la semaine : l’obligataire refuge a bien été recherché, les statistiques décevantes dans l’eurozone ayant relancé les rendements obligataires à la baisse. A contrario, (les rendements et contrats évoluant en sens opposé), il en a aussi découlé une poussée des contrats à la hausse (cf. le rebond du Bund avec le rectangle bleu clair et la flèche verte ci-dessous).
Or, historiquement et statistiquement, ce genre de reprise sur les marchés refuges va de pair avec une baisse des actifs à risque, les indices donc et a fortiori le CAC40, selon le principe des vases communiquant.
Observez les deux graphiques ci-dessous. Le premier illustre les rebonds du Bund avec les flèches vertes. Le second matérialise les baisses du CAC40 dans la même temporalité (les flèches rouges cette fois).
Que l’on parle des 7/8 février (où nous avions pris en simultané deux Put sur S&P 500/Dow), du 5 mars (avec deux Put CAC et Nasdaq), du 15 mars (avec un Put CAC) ou encore du 9 avril (avec un Put CAC également initié), avec tous les rebonds du Bund (cf flèches vertes), des consolidations voire des corrections ont à chaque fois suivi sur les indices (cf flèches rouges). Voilà donc de belles cohérences et corrélations statistiques comme je les aime (et l’illustration pratique de certains aspects de mon approche).
C’était sans doute l’exception qui confirme la règle, mais ce schéma standard n’a pas fonctionné hier – la Bourse n’est malheureusement pas une science exacte, sinon ce serait trop simple. Pour autant, il n’y a aucun regret à nourrir et le seul petit grain de sable vient à mes yeux de l’aspect « trois sorcières » de la séance d’hier, que j’avais quelque peu occulté. Comme quoi quand la « technique » ne suit pas… Passons.
Pour ce qui nous concerne, cette semaine écourtée n’aura pas été simple à appréhender, pour diverses raisons. A la fois d’ordre interne et technique donc (mea culpa encore une fois pour les problèmes, de mailing entre autres, que nous rencontrons depuis mercredi), mais aussi parce que les marchés restent en orbite, comme en ont encore témoigné les sept séances de hausse d’affilée sur le CAC40 dernièrement. Or, qui dit inertie haussière, dit volatilité écrasée. Un premier constat qui n’est pas forcément favorable au trading d’options…
Ensuite, quand vous intervenez sur les marchés vous avez en substance deux approches (qui convergent dans l’adage boursier « les marchés prennent l’escalier pour monter et l’ascenseur pour descendre ») :
– soit faire du swing à plusieurs jours/semaines dans l’idée d’une poursuite de la tendance. C’est ce que j’appelle passer par les escaliers.
– Soit faire de l’intraday/court terme (quelques heures, quelques jours tout au plus) afin de cibler des accélérations rapides. De par la nature même des marchés (effet « boule de neige » des stops qui sautent), celles-ci sont plus fréquentes à la baisse qu’à la hausse. C’est que j’appelle prendre l’ascenseur.
Grosso modo, soit vous cherchez à profiter d’une accumulation de séances journalières à +0,2/0,3% (comme cela a été le cas sur le CAC ces derniers jours), soit vous aspirez à profiter « vite fait bien fait » de grosses attaques baissières (comme le plongeon de plus de 2% de l’indice phare le 22 mars dernier). L’essence même de ce service vise en priorité la seconde option.
A ce stade, ces premiers mois de 2019 auront été exceptionnellement favorables à « l’aspect escalier » et en près de quinze ans d’expérience quotidienne des marchés, je ne suis pas certain d’avoir déjà connu une série d’une telle linéarité sur le CAC. Toutefois, je pense que cela ne va pas durer.
La Bourse a toujours fonctionné selon le principe du balancier. Concrètement, plus le marché recule vite et fort, plus les rebonds/reprises peuvent ensuite aller vite et haut. Le parallèle entre le « sell-off » des marchés fin 2018 et le rebond tout aussi brutal de ce début d’année en est une excellente illustration, mais dans le cas présent, les termes sont inversés : plus la Bourse monte en amont, plus la baisse va aller vite ensuite.
Gardez-bien à l’esprit que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » (sachant que le « ciel » risque selon moi de trouver son paroxysme une fois l’accord commercial sino-américain officialisé). Par conséquent, j’ai plus que jamais l’impression que le « Sell in may and go away » va, comme en 2018, se révéler des plus judicieux cette année encore. Rendez-vous est pris pour les semaines à venir !
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
S&P 500 (Turbo Call 22EGC) : alors que l’indice élargi américain restera finalement hésitant autour des 2 900 points, nous avons revendu le reste de nos Call au-delà de ce seuil en début de semaine. Solde des Call revendus à +5% lundi après-midi.
VIX (Turbo Call 6A11Z) : légère érosion temporelle, perspective de roll (expiration du contrat future sur avril avant hier), mais aussi absence de rebond se sont révélés préjudiciables. Call revendus en début de semaine (-9%).
Cuivre (Turbo Call 3257Z) : la sortie haussière du range n’ayant pas été pour lundi, nous avons revendu cette ligne l’après-midi même. Call revendus lundi après-midi (-3%).
Cuivre (Turbo Call 4821Z) : alors que ma conviction quant à l’imminence d’un « breakout » augmentait, nous sommes revenus mardi sur le métal rouge via un levier plus élevé que la veille. Si un début de poussée était bien au rendez-vous, il aura manqué de peu l’atteinte des 3 $ pour nous faire sécuriser une PBP mercredi après-midi. Dommage car avec les statistiques décevantes hier matin (nouveau ralentissement en zone euro), les cours sont finalement retombés. Call revendus (flat).
Cac 40 (Turbo Put 5146Z) : mauvaise anticipation hier matin avec un calendrier d’expiration (séance des trois sorcières) qui nous aura joué des tours en cette semaine écourtée. Put revendus sur stop automatique hier matin (-9%).
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Bonne fin de semaine, d’avance bon week-end pascal à tous et à mardi.
Mathieu






