Update du portefeuille
Cher lecteur,
Malgré le début des trimestriels outre-Atlantique, force est de constater que le marché a bien du mal à sortir de sa torpeur estivale. Avec un CAC40 qui vivote toujours péniblement sous les 5 600 points depuis le début du mois (cf. le rectangle bleu clair ci-dessous).
Depuis le début de la semaine (et grosso modo jusqu’au 10 août), le bal des publications trimestrielles constitue l’actualité dominante sur les places boursières. A noter tout de même la tenue d’ici fin juillet de deux réunions d’importance de la BCE (la semaine prochaine) et de la FED (en toute fin de mois).
Que retenir à ce stade ? Ce qui, personnellement, me saute aux yeux est la divergence des réactions boursières. C’est bien simple : soit ça ne bouge que très peu ou n’évolue guère (comme sur les valeurs bancaires américaines dans leur ensemble d’une semaine sur l’autre) ; soit, à l’inverse, les valeurs flambent ou s’écroulent. Pas de demi-mesure donc.
C’était déjà le ressenti que je commençais à avoir en milieu de semaine. Révélateur de la « tendance » du moment est le décrochage de Netflix, qui a chuté de 10% en retombant sur ses plus bas du début d’année après une déception quant au nombre de nouveaux abonnés.
A l’inverse, IBM a bondi sur des plus hauts de 52 semaines…
Ni l’Europe, ni l’Hexagone n’échappent à la « règle », à l’image des réactions très marquées de Plastic Omnium (dommage que Faurecia, à +7%, ne nous ait pas laissé quelques minutes ce matin…) et de Publicis (qui dégringole de près de 9 % à la mi-séance) ce vendredi (attention aux profit warning, disais-je mardi…).
Une partie du marché qui inscrit – qui plus est de manière souvent euphorique – des plus hauts d’un an quand, dans le même temps, une autre partie importante de la cote touche des creux annuels… Cela ne vous rappelle rien ? Moi si (avec ces deux références ici et là). Parallèle ici à la fin janvier 2018 (qui avait précédé un important sell-off début février 2018) tout comme à l’automne dernier et à la spectaculaire baisse des marchés actions qui avait suivi.
Ce constat de divergence est manifeste sur une bonne partie de la cote. Si l’anglais ne vous rebute pas, lisez ceci. Dans l’alternative, jetez un œil au graphique ci-après :
Sans trop s’attarder sur le détail, l’idée de fond est que certains indices clés outre-Atlantique (comme le Dow Transport ou le Russell 2000) connus pour leur « rôle avancé » sont loin de suivre les records des gros indices. Or, cette sous-performance n’est statistiquement pas le meilleur des signaux pour les mois à venir. Tout comme le constat que je dressais hier à propos des conséquences de l’entrée des rendements de bon nombre de dettes d’Etat en territoire négatif.
Si on ajoute à ce contexte assez désarçonnant beaucoup de bruit – trop ? – autour de la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (avec l’espoir des investisseurs d’une baisse des taux de 50 points de base en fin de mois, espoir accru depuis hier soir et le discours de John Williams, président de la FED de New York), je pense que l’ensemble n’est pas des plus sains.
Et si j’évoque des « bruits », ce n’est pas uniquement à cause des commentaires des uns et des autres (chaque membre votant y allant de sa tonalité pour faire pencher la balance vers les 25 ou les 50 points de baisse en fin de mois). Lisez l’extrait d’article du Financial Times ci-dessous :
Comme l’a relayé le Financial Times, la FED de New York aura donc très vite amendé les propos de John Williams, précisant qu’il s’agissait davantage d’un discours « académique » que d’orientations sur la prochaine décision de l’institution…. Cette accumulation d’indices plus ou moins contradictoires quant à la décision que prendra le comité de politique monétaire de la Réserve fin juillet a par ailleurs conduit à une certaine indécision – là aussi – sur les futures du CME, alors que la probabilité d’une baisse des taux de 50 points de base est passée de 34% en milieu de semaine à 46 % puis à… 70 % en soirée.
De notre côté, mes propos ci-dessus reflètent l’orientation de nos derniers trades. Même s’il me manque encore quelques confirmations sur certains aspects essentiels (l’absence d’excès d’optimisme par exemple), plus le temps passe et plus j’ai la douce impression de me trouver dans une période comparable à celles de fin janvier2018 et de fin septembre 2018, deux mois qui avaient précédé une rechute des indices.
Pour l’heure, la relative faiblesse des volumes et le manque global de densité du marché me conduisent à un money management serré et qui me paraît de circonstance dans la période actuelle. Comme je vous le disais hier soir, les contrepieds intraday sont monnaie courante depuis le début du mois. Or, c’est exactement dans ce genre de contextes, avec des marchés en mode « portes de saloon », ce qui est peu propice aux fortes convictions, que vous vous faites plumer si vous n’adaptez pas votre gestion du risque et votre money management (éloignement du stop, effets de levier utilisés). Et en ce qui me concerne, comme vous l’aurez compris dernièrement, j’ai un peu rogné sur la quantité (en termes de nombre de trades) afin de privilégier la conviction (lorsqu’un mouvement me semble en gestation, comme Faurecia ce vendredi). Sans trop de réussite à ce stade, mais objectivement sans réels dégâts non plus. Mais attention, l’été est loin d’être terminé…
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
S&P 500 (Turbo Put C823Z) : malgré des débuts encourageants, le « stop zéro » que nous avons relevé tout à l’heure a été déclenché peu après l’ouverture de Wall Street. D’un rien encore un coup (4,18 € au plus bas exactement à ce stade). Un peu agaçant, mais ce sont les règles…Put revendus sur stop automatique (flat).
Cac 40 (Turbo Put 734UZ) : la sortie impromptue de la rumeur autour de la BCE est venue déclencher notre stop. Put revendus hier après-midi (-3%).
Cac 40 (Turbo Put 734UZ) : Put de la veille repris tout à l’heure. Conservez ; stop à 7,90 €.
Bonne fin d’après-midi à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu




