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Du vent…

Par 15 octobre 2019Alertes

« Rien au monde, après l’espérance,
N’est plus trompeur que l’apparence. »

– Charles Perrault

Chère Lectrice, cher Lecteur,

00:00 Eh oui, aujourd’hui, nous nous consacrons aux apparences… et, tel un futur propriétaire tapotant les murs et sondant la plomberie de son futur bien potentiel, nous cherchons à voir ce qui se cache sous la couche de peinture fraîche et le parquet nouvellement posé, histoire de voir à quoi nous nous engageons.

Des fondations saines et un bâtiment parti pour durer pendant des générations… ou une masure mal isolée et mangée aux termites ?

Des marchés optimistes et motivés par des résultats positifs… ou des intervenants se raccrochant à la moindre excuse pour grappiller quelques points de plus ?

Une économie mondiale (USA en tête) solide et connaissant une croissance fulgurante… ou un géant aux pieds d’argile, prêt à flancher au moindre coup de vent ?

Des autorités financières et monétaires en pleine possession de leurs moyens, disposant d’une boîte à outils efficace… ou des dirigeants à bout de souffle, en perte de confiance et bientôt, aussi, à court de remèdes ?

00:45 Ou encore… un « great » accord commercial entre deux puissances qui ont su surmonter leurs différences… ou… eh bien… du vent ?

Antoine Quesada revient sur les discussions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis dans Quitte ou Double, et remet les pendules à l’heure suite à la vague d’optimisme qui a inondé les marchés suite aux annonces triomphales de Donald Trump & co. :

« Que faut-il en penser ?

Je serais tenté de vous reparler de la fable du ‘garçon qui criait au loup’. Vous vous rappelez, j’y ai consacré quelques lignes lors d’une précédente lettre.

Comment savoir s’il faut accorder du crédit à ces bonnes annonces alors qu’elles ont été maintes fois contredites ? Eh bien, je pense que nul ne le sait. Tout le monde a envie d’y croire mais encore une fois nul ne le sait.

N’oublions pas que rien n’a été signé. Aucun accord formel de quoi que ce soit. Quand le président des Etats-Unis se réjouit des avancées positives dans les négociations avec la Chine, que faut-il entendre ?

Que la Chine cède à la pression américaine ou que la pression américaine à l’encontre de la Chine se relâche ? Nous n’en savons rien. Donc ‘wait and see !’« 

01:30 Le secrétaire américain au Trésor US lui-même est venu refroidir un peu les ardeurs, comme le rappelle Philippe Béchade dans La Bourse au Quotidien :

« Steven Mnuchin […] vient de rappeler [lundi] à 15h (dans un bref communiqué télévisé) qu’un accord sur l’exportation de produits agricoles était la seule avancée concrète au lendemain du sommet sino-américain.

Pour le reste, il évoque de solides ‘espoirs de signature d’un accord’ (mais cela prendra au minimum cinq semaines). »

Prudence donc – et, sur le sujet, ne vendez pas la peau de l’ours avant… qu’il ait signé !

02:30 Plus près de nous, voyons un peu ce qui se dissimule derrière la scintillante nouvelle vitrine de la French Tech, et s’il s’y niche des opportunités de gain…

Arthur Toce nous en parle dans Opportunités technos :

« Mi-septembre, le gouvernement lançait en fanfare le Next 40, un ‘indice’ censé réunir les 40 start-ups capables de devenir les blue chips de demain – de grosses entreprises donc, à l’image de celles qui composent notre CAC 40.

Des petites valeurs qui auraient l’étoffe des plus grandes et qui pourraient sauver la tech française de son incapacité chronique à créer des champions numériques globaux. »

Lauréats du French Tech Next40
Les logos des 40 sociétés du Next 40. A boire et à manger. Source : La French Tech.
 

03:00 Alors ? A-t-on affaire à un magnifique gisement de talent – et de futurs profits ? Eh bien…

Arthur continue :

« Comme d’habitude par chez nous, les intentions sont louables mais débouchent sur un truc bancal. C’est un indice, mais en fait non. C’est plutôt une sorte de sélection annuelle basée sur des critères qui risquent de voler en éclat très vite si jamais le souhait de Macron se réalise.

En effet, selon le document officiel émis à l’occasion, on  intègre automatiquement dans l’indice les licornes et les entreprises ‘ayant réalisé une levée de fonds supérieure à 100 M€ sur les trois dernières années’. On comprend donc que si le plan marche, on risque de se retrouver très vite avec un Next 75.

Ces pinaillages semblent anecdotiques mais montrent bien que le Next 40 est avant tout un bon coup de com’ à l’ancienne, comme la French Tech en a le secret. Sa constitution a ménagé la chèvre et le chou, sans vraie vision d’ensemble. »

Plutôt que de vous précipiter sur les « prochains 40 », donc, faites d’abord un petit tri – et concentrez-vous sur des entreprises dont les fondamentaux sont à la hauteur : si vous avez besoin d’un peu d’aide, c’est par ici !

03:45 Cela m’amène à un point intéressant, soulevé par Zach Scheidt dans Investissements Personnels : il semble que les investisseurs se concentrent de plus en plus sur ce fameux tri entre le bon grain et l’ivraie…

… et cherchent désormais à aller un peu plus loin que les apparences, comme le démontre le succès relatif (voire l’échec pur et simple) des dernières IPO les plus « à la mode » de ces derniers mois.

Zach explique :

« [La] tendance que j’aperçois à présent sur le marché est que de plus en plus d’investisseurs retirent leur capital des actions d’entreprises dont l’histoire est séduisante, mais qui ne réalisent aucun profit. À la place, ils réinvestissent leur capital dans des actions d’entreprises qui génèrent des profits solides et versent de juteux dividendes.

Plus spécifiquement, les capitaux s’orientent vers les actions sous-valorisées, c’est-à-dire des actions qui s’échangent à des niveaux de cours particulièrement faibles par rapport aux bénéfices que ces entreprises dégagent.

Cette tendance va probablement continuer d’ici à la fin de cette année.

En effet, je pense qu’elle devrait s’accélérer étant donné que de plus en plus d’investisseurs réalisent qu’ils ne pourront pas réaliser de plus-values importantes en investissant dans les nouvelles IPO. Ces investisseurs vont donc commencer à étudier de nouvelles possibilités d’investissement plus sûrs et offrant des perspectives de rendement plus raisonnables. Cela implique que la demande devrait être particulièrement soutenue pour les actions sous-valorisées. »

Dans la suite de son article – disponible ici –, Zach vous conseille quelques secteurs-clé où trouver de telles opportunités… et il ne s’arrête pas là ! Dans sa lettre Le Nouveau Rentier, il vous recommande tous les mois des valeurs précises, dont les dividendes sont très intéressants : si vous voulez vous inscrire, c’est par ici.

04:30 Pour terminer, un article de fond qui démonte une autre sorte d’apparence : celle de la toute-puissance des Etats-Unis, notamment côté militaire.

Bill Bonner explique dans La Chronique Agora qu’un petit drone bien manié peut faire bien plus de mal qu’une armée gigantesque… mais emmitouflée dans son confort et ses habitudes :

« Les Etats-Unis ont combattu sur de nombreux fronts depuis la Deuxième guerre mondiale, mais toujours contre des ennemis bien plus faibles. Des ‘guerres factices’, comme nous les appelons. Même ainsi, ils n’ont pas vraiment de victoires à leur actif.

L’argent est tout aussi dangereux pour une force armée que pour une économie. Le Pentagone dépense 10 fois autant que son probable rival, la Chine.

Hélas, l’armée US est désormais truffée de systèmes d’armement coûteux, complexes et poussés par les lobbies – comme le F-35, qui coûte des milliards de dollars.

Nous avons récemment vu en Arabie Saoudite à quel point de petits drones peu coûteux peuvent être efficaces – même contre des systèmes de défense modernes et sophistiqués.

Lors des futures guerres, le complexe militaro-industriel américain, enrichi par Lockheed et Raytheon, se prendra sans doute les pieds dans son propre budget boursouflé.

Il ne serait pas non plus surprenant de voir un porte-avion US coulé dans le Golfe Persique ou la mer de Chine méridionale par des armes non-conventionnelles et bon marché. »

La suite de son analyse – qui dépasse le domaine militaire pour s’intéresser à la décadence américaine dans son ensemble – est disponible ici : une lecture indispensable pour mieux comprendre la crise qui s’annonce.

L’esprit critique devrait faire partie de votre « trousse à outils » d’investisseur avisé : ne vous en privez pas !

Excellente soirée,
à demain !

Françoise Garteiser
Les Marchés en 5 Minutes


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