Update du portefeuille
Cher trader,
Le bal des trimestriels commence donc des deux côtés de l’Atlantique. Pour le troisième trimestre 2019, les attentes en termes de bénéfice ne sont clairement pas des plus optimistes et n’ont cessé d’être revues à la baisse. En Europe par exemple, le consensus Refinitiv anticipe un repli de 3% en moyenne des bénéfices des sociétés du Stoxx 600 (l’indice large européen), soit la plus forte contraction depuis le troisième trimestre 2016. Outre-Atlantique, sur le S&P 500, les profits sont dans l’ensemble attendus en baisse de 3,1%. Si, dans l’immédiat, les banques US s’en sortent bien globalement, la pression risque surtout de peser sur les valeurs cycliques (comme les secteurs de la technologie ou de l’énergie) tandis que les compartiments défensifs (comme les services aux collectivités ou la santé) risquent de profiter de leur moindre bêta.
En Europe, on retrouve d’ailleurs un peu ce constat dans les premiers chiffres dévoilés ces derniers jours. Ainsi, si certains titres à la croissance inébranlables restent recherchés (type Edenred / Teleperformance), pour le reste, les réactions favorables sont surtout le fait de valeurs défensives, comme Vivendi ce vendredi, ou bien (dans la santé) le suisse Roche plus tôt dans la semaine. A l’inverse, certains couacs ou publications inférieures aux attentes ne manquent pas d’être sanctionnés (Faurecia hier matin ou surtout Fnac Darty ce vendredi). On pourra même parler de purges dans le CAC, avec les warnings sortis depuis hier soir dans notre indice.
En effet, après Publicis en fin de semaine dernière, Accor a resserré sa fourchette de prévision de bénéfice cette année. Son résultat d’exploitation est désormais attendu entre 820 et 840 millions d’euros, contre 850 millions d’euros en limite haute visée auparavant. Idem pour Danone, qui a dû abaisser son objectif de croissance de chiffre d’affaires à 2,5/3%, contre « autour de 3% » anticipé auparavant. Même regain de prudence chez Thales, qui a abaissé son objectif de croissance organique en 2019, le chiffre d’affaires du groupe étant désormais attendu en hausse de 1% en organique, contre 3% visés auparavant. Et que dire de Renault, étant donné l’ampleur des révisions annoncées par le constructeur automobile ? A la fois sur son chiffre d’affaires, avec des ventes désormais attendues en repli de 3 à 4% cette année, contre un niveau équivalent à celui de 2018 attendu auparavant. Mais également sur sa rentabilité, sa marge opérationnelle 2019 étant désormais attendue autour de 5%, contre 6% auparavant. En cause sur ce dernier aspect : ne plus garantir que le free cash-flow soit positif sur l’ensemble de l’année. A noter que, dans les deux derniers cas de Thales et Renault, le calendrier a toutefois été légèrement avancé : ils ne devaient publier leurs trimestriels que la semaine prochaine seulement, respectivement mardi et vendredi prochain.
A cela vient s’ajouter le Brexit. Avec, après l’accord au niveau européen d’hier, un vote à risque au Parlement britannique demain. Et donc, en fonction des résultats de ce vote, un risque de gap en over week-end dans un sens ou l’autre …
Enfin, dernier élément à garder en tête : l’aspect obligataire. Le temps va un peu manquer en cette fin de semaine pour vous détailler mon propos, mais l’idée de fond est de savoir si, alors que les taux longs remontent ces derniers jours, les capitaux sortant de ce segment (pour rappel, contrats et taux évoluent en sens inverse) vont comme toujours se reporter sur les actifs à risque. Donc sur les indices et les actions, en premier lieu. Auquel cas, la hausse des marchés serait alors loin d’être terminée.
Dans l’immédiat et à plus court terme hier, dans la logique inverse des mèches hautes constatées sur les indices en Europe, le Bund a par exemple laissé une nette mèche basse jeudi (cf cercle noir ci-dessous) en bas de canal descendant (visible cette fois en grisé).
Peut-on y voir les prémisses d’un sursaut contestataire dans un retour du mode « risk off » sur les indices ?
Comme vous vous en doutez avec notre position tenue sur les put CAC depuis les 5 700 points globalement, c’est effectivement un peu ce que j’ai en tête. Mais pour le moment hormis les gap d’ouverture sur actions après les warning et le bruit autour du Brexit, pas grand-chose ne bouge en fait depuis mardi soir et l’atteinte des 3 000 points sur le S&P 500. Et pour cette séance des trois sorcières, le léger sursaut amorcé en milieu de matinée sera au final un peu court pour nous placer (le Dax ayant seulement furtivement effleuré les 11700 points avant midi avant de retomber post-expiration). Quoique dans tous les cas, avec le vote autour du Brexit demain, il n’y aurait objectivement pas eu grand chose à prendre vu les niveaux de cette fin de séance.
Pour le moment donc, alors que le CAC sous-performe ses pairs dans le newsflow corporate du jour, ne pas faire d’overtrading en réagissant à chaud (petit clin d’œil ici aux acheteurs d’hier midi) me semble être des plus judicieux. N’allons pas risquer des stops ou concéder des spreads dans le contexte actuel des plus aléatoires. Nos derniers trades le prouvent : quand ma conviction y est, cela paye. Que l’on parle des attaques baissières à Wall Street la semaine dernière (vite écourtées à bon escient), de l’or en fin de semaine (là encore bien sortie), où de nos opérations sur Sopra et le CAC, à chaque fois, le directionnel (cf. la rechute du CAC ce vendredi) tout comme la légitimité des sorties (Sopra redonnant 3% ce matin), y étaient. Aussi, nous maintenir uniquement exposés sur l’indice le plus faible est exactement ce que me dictent mes règles de money management.
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Or (Turbo Put 5949Z) : nous avons soldé la ligne en début de semaine. Put revendus (+10% sur l’ensemble).
Sopra Steria Group (Turbo Call 4489Z) : alors que le titre a bien poussé ces derniers jours sur les 120 €, nous avons pris nos gains. Peut-être un peu tôt hier de mon côté, mais quand il le fallait malgré tout (le titre redonnant 3% ce matin, cf rectangle bleu clair + flèche rouge sur mon graphique journalier ci-dessous).
Call revendus hier (+11%, au minimum donc…).
Cac 40 (Turbo Put K220Z) : comme escompté, les vendeurs sont bien présents depuis la zone de résistance des 5 700/5 750 points. Etant donné la sous-performance de notre indice ce vendredi (liée donc aux nombreux warning sortis dans l’hexagone depuis hier soir), cette ligne pourrait s’avérer des plus intéressantes d’ici la fin du mois. Conservez ; stop automatique inchangé à 8,14 €.
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu


