
Vous avez probablement remarqué que, sur CNBC et d’autres médias financiers, les présentateurs ne prédisent plus la fin du monde. Et vous savez pourquoi ?
Parce que la Bourse a connu un rebond ces derniers jours.
Maintenant – je vous en ai déjà parlé, mais ça vaut la peine de le répéter – en matière de Bourse, rien de tel que le cours pour changer l’état d’esprit d’un investisseur.
Les investisseurs, même les professionnels de Wall Street bardés de diplômes décrochés dans les grandes universités, sont baissiers quand les marchés sont à la baisse et haussiers quand les cours montent. Et ils s’attendent presque toujours à ce que l’orientation de la veille perdure dans un avenir prévisible.
Je vais vous expliquer ce que j’entends par là.
Le lundi 30 mars, à la clôture, le S&P 500 (NYSE : SPY) était à 261,65 $. Mais il a ensuite baissé pour atteindre 248,19 $ le vendredi 3 avril à la clôture.
Cela constitue une baisse de plus de 5% !
Comme vous pouvez l’imaginer, les traders de Wall Street en quarantaine qui travaillent depuis leur appartement de Manhattan étaient baissiers à la fermeture des marchés le vendredi 3 avril. Ils ont immédiatement commencé à prévoir une baisse des cours pour la semaine suivante (pour cette semaine donc).
Mais hier à 15 h 45 (heure américaine), avec une hausse de près de 3% sur la journée, le S&P 500 enregistrait une hausse d’environ 10% par rapport au cours de clôture de vendredi !
Et comme vous vous en doutez, Wall Street est maintenant à la hausse et espère plus de positif encore.
Agitation à l’horizon
Le consensus concernant la reprise du SPY sur les douze derniers jours, c’est que Wall Street est désormais persuadé que nous maîtrisons un tout petit peu mieux le COVID-19 et que la Réserve fédérale et le gouvernement fédéral feront tourner la planche à billets pour essayer de stabiliser l’économie.
La bonne nouvelle, c’est que les nombreux ordres de confinement semblent BIEN avoir un impact positif.
La propagation ralentit, tout comme le nombre d’hospitalisations liées au COVID-19.
Et il ne fait nul doute que l’injection de milliers de milliards de dollars par la Réserve fédérale dans l’économie américaine aura un effet positif.
Mais voici ce que vous devez bien comprendre concernant la Bourse et l’économie…
Les entreprises de toutes formes et tailles sont très loin d’être tirées d’affaire ou de repartir sur des bases solides.
La triste réalité, c’est que Wall Street n’a encore aucune idée des répercussions de l’arrêt de l’économie américaine sur les grandes entreprises et les PME.
Il n’y a pas non plus moyen de connaître l’impact de cette crise sur les particuliers – les faillites personnelles dues à l’augmentation et au report des échéances des remboursements de prêts, ainsi qu’un manque d’offres d’emploi, constitueront probablement un problème majeur dans les mois à venir pour nombre de personnes.
Résultat : lorsqu’il vous manque les informations nécessaires pour estimer la valeur d’une entreprise ou de son titre, vous devez faire plein de suppositions et accepter de gros écarts en termes de résultats.
Sachez que les occasions qui vont se présenter suite à cette pandémie seront incroyables. Mais l’heure de sauter sur des titres n’a pas encore sonné.
Je ne pense pas que la reprise observée à la Bourse ces douze derniers jours marque la fin de ce marché baissier.
Elle repose malheureusement sur l’espoir déplacé que le pire – aussi bien sur le plan sanitaire qu’économique – est derrière nous. Mais ce n’est tout simplement pas le cas.
La reprise de Wall Street ces deux dernières semaines s’essoufflera probablement sans raison apparente, quand l’attention de presque tout le monde sera tournée vers autre chose. Et je m’attends à ce que cela se produise sous une à trois semaines.
Le déclin qui s’ensuivra ressemblera à celui d’un marché baissier classique – une baisse lente et régulière, et sans la volatilité dingue que nous avons vécue entre fin février et mi-mars.
Un soupçon de réalisme
Je ne vous donne pas mon point de vue sur la reprise actuelle de la Bourse pour vous faire peur ou vous déprimer.
Et si je vois une raison valable de changer de point de vue, vous pouvez être sûr que je vous en ferai part immédiatement !
Mais avec toute la désinformation que l’on trouve sur Internet et les avis très subjectifs exprimés sur les chaînes financières, je ne veux pas que vous vous laissiez distraire.
Je souhaite que vous sortiez de ce marché baissier dans la position la plus solide possible afin de pouvoir profiter du marché haussier à venir – eh oui, un marché haussier SE PROFILE.
N’oubliez pas que, dans l’histoire de la Bourse américaine, tous les marchés baissiers présentent comme point commun d’avoir pris fin !
Bien à vous,
James Altucher
Rédacteur en Chef

