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Mise à jour du portefeuille : Wall Street tremble comme une feuille

Par 15 avril 2020octobre 23rd, 2022Alertes, LMA Alertes

Mise à jour du portefeuille :
Wall Street tremble comme une feuille

James Altucher

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

Connaissez-vous la différence entre un investisseur particulier et un professionnel de Wall Street ? La réponse est facile : il n’y en a aucune !

Bon, ce n’est pas tout à fait vrai.

Les types de Wall Street disposent de ressources considérables.

Ils ont également un meilleur accès à l’information. J’entends par là que les professionnels de Wall Street peuvent appeler les dirigeants des sociétés cotées pour leur poser des questions par téléphone.

Mais lorsqu’il s’agit d’émotions, les sociétés de gestion et les gérants de fonds spéculatifs manipulant des encours astronomiques sont comme vous et moi.

Je vous ai expliqué à de nombreuses reprises pourquoi l’humeur des investisseurs varie en fonction des variations de cours des actions, mais s’il faut vous rafraichir la mémoire, analysons la chose sous cet angle : lorsque les actions prennent de la valeur, les investisseurs se positionnent à la hausse. Lorsque les cours reculent, les investisseurs se positionnent à la baisse.

Mais il y a un autre élément à prendre en compte : c’est ce qu’on appelle la peur de louper le coche (« fear of missing out » ou « FOMO » en anglais).

Wall Street a peur

Voici comment fonctionne le FOMO dans le monde réel…

Lorsque le S&P 500 a rebondi le 24 mars, personne ne pensait que ce rebond durerait.

Mais lorsque les marchés actions ne sont pas repliés plus bas après la clôture à la baisse du 3 avril, Wall Street a commencé à s’inquiéter.

Et lorsque les marchés actions ont rebondi et poursuivi leur forte progression le 6 avril, les investisseurs professionnels de Wall Street ont dû se résoudre à se positionner à l’achat à prix fort par crainte de passer à côté de nouvelles hausses de cours.

Cette peur de louper le coche est contagieuse.

Ce lundi, Goldman Sachs a déclaré à ses clients qu’il était peu probable que le marché se replie à un nouveau point bas car le gouvernement a annoncé clairement qu’il ferait tout ce qu’il faut pour stabiliser les prix.

Morgan Stanley a tenu des propos similaires et a invité ses clients à acheter sur repli des actions de petites et moyennes capitalisations et des valeurs cycliques.

De plus, si vous écoutez les analystes œuvrant sur des chaînes comme CNBC, vous pouvez clairement constater un changement de discours par rapport à ce que l’on pouvait entendre il y a encore quelques semaines seulement.

Pour faire simple, la hausse des cours observée sur les marchés actions pousse les investisseurs à se positionner à la hausse car les variations de cours dictent l’humeur des investisseurs.

Conclusion

Le S&P 500 se situe à un niveau 30% supérieur à celui qui était le sien lors du point bas du 23 mars mais rien n’a changé.

Rien !

Nous avons désormais plus de données sur le coronavirus et une meilleure idée de la date à laquelle l’économie américaine reprendra du service, mais nous n’avons pas la moindre idée de l’ampleur de l’impact que cette pandémie aura sur la consommation des ménages, sur le taux de chômage et sur les bénéfices des entreprises dans les mois et trimestres à venir.

Alors que l’économie américaine est à l’arrêt depuis six semaines, le S&P 500 n’a cédé que 2,5% par rapport au niveau qui était le sien il y a douze mois !

La conclusion est que Wall Street a peur de passer à côté d’une nouvelle hausse des cours et que les investisseurs professionnels sont convaincus que la Réserve fédérale a les moyens de soutenir les marchés A N’IMPORTE QUEL PRIX.

Je vous ai expliqué que la liquidité est le principal facteur exerçant une pression haussière ou baissière sur les cours des actions et c’est toujours le cas.

Mais croire que les résultats des entreprises et la croissance économique n’ont aucune incidence sur la valeur des actions est tout simplement stupide. Pourtant, nombreux sont ceux qui, à Wall Street, ignorent les conséquences économiques potentielles de la pandémie et misent tout sur la capacité de la Fed à soutenir le capitalisme américain, persuadés que cet épisode ne provoquera pas de dégâts sérieux.

Je suis convaincu que le rebond des marchés actions que nous observons à l’heure actuelle est le résultat de l’épisode de survente que nous avons connu entre mi-mars et fin mars. Mais d’un point de vue risque/rendement, je pense qu’il n’est pas judicieux d’acheter des actions pour le moment.

Lorsque les entreprises commenceront à publier leurs résultats du premier trimestre, nous aurons un aperçu de l’impact de cette crise économique. Or, dans le contexte actuel, il nous faut des informations supplémentaires, et non pas de nous laisser guider par nos émotions.

Bien à vous,

Signature James Altucher

James Altucher
Rédacteur en Chef