
Jeudi 16 avril, les marchés américains ont baissé, pour l’essentiel, avant de remonter un peu avant la clôture.
Mais, après la clôture, quelque chose de stupéfiant s’est produit : les « futures Dow Jones » (contrats à terme sur l’Indice Dow Jones Industrial Average) opéraient un rally de 750 points !
Et ce, grâce à d’excellentes nouvelles provenant d’une de nos positions biotechs, Gilead Sciences (NASDAQ : GILD), qui a grimpé de plus de 16 % après la séance.
Les Etats-Unis se rapprochent des 800 000 cas de contamination au COVID-19, et des 43 000 décès.
Pour tenter de maîtriser la propagation de ce redoutable coronavirus, des millions d’Américains ont perdu leur emploi, alors que des dizaines – si ce n’est des centaines – de milliers d’entreprises devaient fermer leurs portes.
Les instruments rudimentaires dont nous disposons, tels que les quarantaines et la distanciation sociale, s’accompagnent d’un effroyable coût économique.
Et la biotechnologie a donc d’autant plus d’importance en ce moment, aux Etats-Unis et dans le monde, dans la mesure où seules les sociétés biopharmaceutiques ont la capacité d’attaquer avec une précision chirurgicale les causes à l’origine de cette crise sanitaire et économique.
Et, en la matière, les sociétés américaines font figure de leaders.
Certaines positions de notre portefeuille, telles que Gilead, Regeneron (NASDAQ : REGN) et Inovio (NASDAQ : INO) sont devenues les entreprises les plus importantes à surveiller dans ce secteur à tel point qu’une seule bonne nouvelle émanant de l’une d’entre elles peut faire rapidement évoluer tout le marché.
Comme vous le savez, malgré l’annulation d’un essai en Chine, Gilead mène de multiples autres tests sur le remdésivir, un antiviral qui – on l’espère – pourrait empêcher le COVID-19 de tuer. Ce médicament est en cours d’évaluation sur des patients modérément ou gravement atteints.
Rappelez-vous : je vous avais dit que nous commencerions à entendre parler des résultats de ces essais cliniques assez vite.
Si les données sont bonnes – ce qui signifierait que le médicament de Gilead aide les gens à rester en bonne santé – cela voudrait dire que nous disposons enfin d’une arme cliniquement éprouvée, pour combattre cette pandémie destructrice.
Et, jusqu’à présent, les données semblent positives !
Le remdésivir de Gilead a été autorisé par la FDA dans le cadre d’un « usage compassionnel » (humanitaire) pour des cas de COVID-19. Certains de ces patients font l’objet d’un suivi, et certaines données suggèrent que le médicament pourrait se révéler très utile.
Mais une évaluation correctement structurée exige un essai clinique, et les premières données montrent que le remdésivir pourrait devenir un traitement qui sauve des vies. Et c’est ce qui a fait bouger les marchés, jeudi soir dernier.
Des chercheurs de l’Université de Chicago, qui surveillent étroitement 125 patients participant à une évaluation clinique de Phase III, ont constaté qu’ils récupéraient rapidement après avoir été traités au remdésivir.
Parmi eux, 113 personnes étaient gravement atteintes. Et, malgré tout, presque tous les patients sont sortis de l’hôpital en une semaine.
Et d’autres données vont suivre : des données provenant d’un essai sur 400 patients gravement atteints ont été finalisées le 16 avril. Nous aurons encore plus d’informations au cours des jours à venir, concernant l’efficacité de ce médicament expérimental.
Et si le remdésivir continue de fonctionner aussi bien que jusqu’à maintenant, il pourrait réellement transformer le traitement des personnes les plus gravement atteintes de COVID-19.
Oui, il pourrait réduire le nombre de décès, bien entendu.
Mais en permettant une guérison rapide, il contribuerait à accélérer le traitement des patients gravement atteints séjournant dans nos hôpitaux. Et un traitement efficace signifierait que les patients n’aient pas à séjourner aussi longtemps à l’hôpital.
Et si les symptômes du COVID-19 sont mieux contrôlés en utilisant le remdésivir, il sera plus facile de mettre les équipements vitaux, tels que les respirateurs, à la disposition de ceux qui en ont besoin. Un plus grand nombre de lits sera disponible dans les hôpitaux. Idem pour les lits en service de réanimation.
Mais ce médicament recèle peut-être encore plus de choses…
S’il s’avère que le remdésivir agit sur les formes modérées et graves du COVID-19 exigeant une hospitalisation, on peut parier qu’il pourrait permettre aux personnes à risque, atteintes de formes plus modérées, de ne pas aller à l’hôpital, dès le départ.
Autrement dit, le remdésivir pourrait devenir le moyen nous permettant de commencer à redémarrer les activités, aux Etats-Unis, sans submerger les capacités des hôpitaux ni faire augmenter le nombre de décès.
Gilead Sciences pourrait entrer dans les livres d’Histoire pour avoir découvert et développé un traitement capable de changer la donne et de remettre les Etats-Unis sur les rails.
Ma recommandation
Conservez Gilead Sciences (US3755581036 – NASDAQ : GILD).
Si vous n’en avez pas en portefeuille,
mettez à profit les replis et positionnez-vous sous les 80 $.
N’oublions pas, cependant, que Gilead n’est pas la seule biotech américaine qui s’efforce de vaincre cet ennemi invisible. Nous avons également Regeneron et Inovio, dans notre portefeuille.
Normalement, ce n’est pas tant le virus qui tue les gens, mais leurs propres défenses immunitaires contre le virus. Des réponses immunitaires qui s’emballent et des réactions inflammatoires détruisent les tissus pulmonaires, et tuent les patients.
En inhibant l’interleukine 6 (IL-6), une thérapie à base d’anticorps telle que le Kevzara de Regeneron, pourrait aider à dompter cette réaction parfois qualifiée de « tempête de cytokines » (choc cytokinique).
Je tiens à préciser que la réussite de Gilead ne signifierait pas forcément l’échec de Regeneron. Ces deux médicaments s’attaquent au COVID-19 en partant de directions totalement différentes. Le remdésivir en stoppant la réplication virale et le Kevzara en contrôlant l’inflammation mortelle. Si les deux fonctionnent, ils formeraient une synergie et seraient probablement utilisés ensemble.
Regeneron n’est qu’à quelques semaines de la publication de données concernant le Kevzara, médicament conçu pour bloquer cette molécule de signalisation inflammatoire « IL-6« .
Les résultats d’un essai pourraient arriver dès la fin du mois d’avril.
Regeron a rapidement crevé le plafond de notre prix maximum d’achat, mais la volatilité de marché actuelle pourrait offrir une opportunité de renforcer notre position, sur un repli.
Ma recommandation
Conservez Regeneron (US75886F1075 – NASDAQ : REGN).
Si vous n’en avez pas en portefeuille,
mettez à profit les replis et positionnez-vous sous les 530 $.
Et enfin, il y a Inovio. Malgré les mesures d’atténuation (ou de « mitigation ») prises, le virus continuera de circuler dans la population, à moins d’atteindre ce que l’on appelle le stade « d’immunité collective », qui intervient lorsque suffisamment de personnes sont immunisées et que le virus ne peut plus se propager.
Mais on peut énormément accélérer le processus en disposant d’un vaccin viable permettant d’obtenir le même effet sans courir le risque de tomber gravement malade.
Si l’on atteint ce stade d’immunité au sein de la population, le COVID-19 sera bel et bien terminé. Inovio est entrée en scène avec énormément d’expérience concernant les coronavirus. Lorsque cette société a conçu un vaccin contre le coronavirus mortel MERS, elle a réussi à déclencher des réponses immunitaires protectrices sur 95 % des sujets.
Inovio est toujours en bonne voie de fournir des données d’essais cliniques relatives à son vaccin INO-4800 d’ici la fin de l’été. Cette semaine, la société a lancé son premier essai sur un vaccin à base d’ADN.
En outre, jeudi dernier, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (« CEPI » : Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) a annoncé qu’elle allait de nouveau financer Inovio.
Cette fois, elle va verser 6,9 M$ à la société pour tester l’INO-4800 en Corée du Sud, en collaboration avec l’International Vaccine Institute (institut international de la vaccination) et le Korea National Institute of Health (Institut national de la santé en Corée).
Ma recommandation
Conservez Inovio (US45773H2013 – NASDAQ : INO).
Si vous n’en avez pas en portefeuille,
mettez à profit les replis et positionnez-vous sous les 8,00 $.
A un avenir éclatant !
Ray Blanco
NewTech Insider

