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Mise à jour du portefeuille : Warren Buffett touche la corde sensible

Par 5 mai 2020octobre 23rd, 2022Alertes, LMA Alertes

James AltucherCher lecteur de Top 1% Altucher,

Samedi dernier, l’oracle d’Omaha, Warren Buffett, a animé la réunion annuelle des investisseurs de Berkshire Hathaway. Certains commentaires de la légende de l’investissement ont mis les participants mal à l’aise quand il a abordé les perspectives boursières.

Voyez-vous, Warren a investi des milliards de dollars lors de la crise financière de 2008-2009. Mais, comme nous l’avons appris samedi, les gestionnaires de portefeuilles de Berkshire Hathaway ne parviennent pas à trouver beaucoup d’investissements au profil risque/rendement favorable – ce qui effraie Wall Street.

La Réserve fédérale a réagi incroyablement vite pour endiguer la baisse des cours en mars. Et cela a manifestement eu un impact sur Berkshire.

Voici ce que Warren a dit samedi aux actionnaires de Berkshire :

« De mon point de vue, Jay Powell et le conseil d’administration méritent qu’on les mette sur un piédestal. Ils ont agi en mars [quand les cours s’effondraient], probablement forts de l’expérience acquise en 2008 et 2009. Ils ont réagi magnifiquement et permis que la situation ne soit pas pire qu’elle ne l’est aujourd’hui. »

Les commentaires de Warren sur le président Powell et le conseil d’administration de la Fed se complètent très bien. Mais c’est ce que Warren a dit ensuite qui a inquiété les gens de Wall Street.

Voici les propos qu’il a tenus :

« À mon sens, la Fed est allée trop loin en agissant sur le marché des valeurs à haut rendement. Mais je comprends leur démarche. Et l’avenir dira quelles seront les conséquences. La Fed a ouvert le marché des valeurs à haut rendement à presque tout le monde, ce qui a fait naître le spectre des entreprises zombies et nous devons prendre garde à cela, car cela s’attaque à ce qui fait des États-Unis un pays à part. » [Termes mis en gras par mes soins]

En deux mots, Warren avertit les investisseurs en disant que la Fed est peut-être allée trop loin en décidant, dans un certain sens, de soutenir le marché des obligations pourries. Et, ce faisant, elle prolonge peut-être l’existence d’entreprises qu’il faut restructurer ou qui doivent carrément disparaître.

Ce n’est un secret pour personne que les mesures prises par la Réserve fédérale en mars ont empêché la naissance de bonnes affaires boursières. Et le rebond qui se produit depuis le 23 mars est la conséquence directe de l’énorme quantité de liquidités injectée par la Fed dans l’économie américaine.

Voici ce que Warren a dit à propos des occasions à court terme aux fidèles de Berkshire :

« Nous n’avons rien vu d’intéressant. La Réserve fédérale a fait ce qu’il fallait, et très vite, qui plus est. C’était nécessaire et je leur en suis reconnaissant. Nous n’avons rien fait parce que nous n’avons rien identifié d’intéressant. Cela pourrait changer très rapidement ou pas du tout. »

En bref, Warren dit que les mesures de la Fed ont empêché l’apparition de bonnes affaires du type de celles ayant vu le jour en 2008 et 2009.

Maintenant, il est essentiel de comprendre que le top 1% des investisseurs, comme Warren Buffett, n’investissent que lorsqu’ils perçoivent une marge de sécurité raisonnable.

Autrement dit, bien que le top 1% des investisseurs puissent observer l’état d’un titre afin d’estimer le niveau, « version optimiste », où il se situera après la crise, ils ne vont pas investir en masse s’ils n’ont pas une idée de la valeur potentielle, « version pessimiste », d’un investissement.

Et, dans la mesure où l’économie américaine risque de continuer à faire face à une sérieuse dépression dans un avenir prévisible – et où il est impossible de savoir quand un traitement ou vaccin contre le COVID-19 sera distribué massivement –, il n’est pas réaliste d’espérer que des investisseurs chevronnés ayant connu de nombreux krachs, crises et cycles économiques investissent de l’argent très bientôt.

Moralité : tant que nous n’y verrons pas clair sur les plans sanitaire et économique ou que nous ne serons pas au moins en mesure d’évaluer le risque de baisse, la prudence voudra que l’on procède à des investissements à la précision chirurgicale, et non à des tirs de barrage.

Bien à vous,

Signature James Altucher

James Altucher
Rédacteur en Chef