Cher trader,
Comme je vous le disais à demi-mots mercredi soir, la hausse de Wall Street tient en premier lieu à l’envolée de géants comme Amazon, Tesla ou encore Netflix dernièrement. Quand vous retirez les cas de ces mastodontes (qui ont pour point commun de tirer profit du confinement actuel), l’ensemble est beaucoup moins porteur.
Ainsi, rien que cette semaine. J’en veux pour preuve les résultats dans le secteur bancaire américain, alors que tous les acteurs, de JP Morgan à Citigroup en passant par Bank of America, ont été vendus après la publication de leurs chiffres et perspectives 2020. Rajoutez à cela la lourdeur du pétrole avec un baril de WTI qui, accessoirement, plongeait encore de plus de 10% depuis hier. Ou encore la teneur des statistiques macroéconomiques (outre le PIB chinois la nuit dernière, je pense par exemple au plongeon des ventes automobiles), le tableau est loin de faire rêver. Avec bon nombre de secteur à la traîne (pour ne pas dire plus). Constat d’ensemble qui ramène d’ailleurs par certains aspects au présage d’Hindenburg (sur lequel j’étais revenu ici), par rapport au manque d’homogénéité de la hausse actuelle.
Cela étant posé, venons-en aux indices. Ici, pas évident de savoir à qui se fier cette semaine sur les indices. D’un côté, alors que certaines tensions persistent (autour de la dette italienne notamment, j’y reviendrai prochainement), nous avons des indices européens qui restent encore et toujours relativement faibles. Avec par exemple un CAC qui a de nouveau buté sous sa résistance en refluant mercredi sous les 4 500 points (cf cercle noir sur mon premier graphique journalier ci-dessous).
A l’inverse, de l’autre côté de l’Atlantique, malgré des trimestriels globalement peu engageants, nous avons des indices américains qui continuent globalement à résister, Nasdaq en tête (visible en grisé ci-dessous).
Qui croire ? D’où, sans même revenir sur l’overnight d’hier soir, des timings à nouveau délicats à appréhender pour se placer. Dans l’éventualité d’achats de call sur big française ce matin par exemple (question que l’on m’a posée), désolé mais à part peut-être sur EssilorLuxottica, depuis la rechute de mercredi, il n’y a objectivement pas grand-chose qui m’emballe à l’achat à l’instant « t ». A l’inverse, dans l’éventualité de vente, passons alors que l’AMF a étendu ses interdictions de « ventes nues ». D’où une impression d’être un peu entre deux eaux. En corollaire de quoi d’ailleurs, à l’image du ping pong du CAC d’ailleurs dernièrement, le fait que pas mal d’indicateurs soient un peu en zone neutre. Exemple la lecture du Fear and Greed Index de CNN ces derniers jours (cf proche de la zone de neutralité des 50).
Pour autant, c’est bien ce sens vendeur qui continue à avoir ma préférence. Ceci alors que le Nasdaq faisait preuve de sous-performance en cette fin semaine (ce qui n’est statistiquement pas le meilleur qui soit pour l’intraday) ou que certaines notes de brokers invoquaient une possible sur-réaction du marché cette nuit par rapport à Gilead. D’où la reprise cet après-midi de Put sur le S&P 500. A ce sujet d’ailleurs, je vous invite à me retrouver de nouveau ce soir dans notre Salle des Opérations pour quelques compléments (notamment sur les stop loss, chez Degiro toujours…).
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
S&P 500 (Turbo Put 113PZ) : notre stop n’a pas résisté au newsflow overnight évoqué dans mon mail de suivi ce matin. Put revendus peu après l’ouverture (-13%).
S&P 500 (Turbo Put 34RZC) : alors que la faiblesse attendue du Nasdaq se confirme, on va à nouveau tenter de conserver ces Put. Conservez ; stop à 5,31 €.
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu


