
Répétez après moi : la Bourse n’est pas l’économie. La Bourse n’est pas l’économie.
Ce n’est pas très logique, je sais. Mais c’est la vérité.
Nous devons tous nous rappeler de temps en temps que la Bourse et l’économie sont deux choses différentes – surtout dans une période comme celle-ci, avec des actions fortes, mais une économie en danger – au mieux.
Je vais vous expliquer ce qui se passe.
Je souhaite que vous repensiez à notre discussion sur les liquidités du 22 mai.
Voici ce que je disais à l’époque :
Lorsque la Réserve fédérale est intervenue en mars en injectant 1 500 milliards de dollars en prêts à court terme, cela a montré à Wall Street que la Fed était prête à faire le nécessaire pour contrer une répétition des événements qui ont fait s’effondrer la Bourse et l’économie en 2008 et en 2009.
Et quand la Fed a renforcé ses efforts en disant qu’elle pouvait injecter encore plus d’argent dans l’économie grâce à de nouveaux programmes et à une extension de programmes existants qui profiteraient aux États et collectivités locales, ainsi qu’aux entreprises – y compris celles de taille moyenne –, il est devenu plus flagrant qu’elle était disposée à faire fonctionner la planche à billets (numérique) et à la laisser tourner à court terme.
Cette impression numérique de billets est synonyme de liquidités.
En un mot, la Réserve fédérale a injecté dans l’économie une quantité d’argent si importante qu’elle a réussi à déclencher une puissante reprise axée sur les liquidités.
Si cela vous paraît compliqué, ne vous inquiétez pas. Vous n’avez pas besoin de comprendre comment la Fed injecte de l’argent dans l’économie pour apprécier son importance.
Voyez-vous, aux yeux des investisseurs en Bourse, la Réserve fédérale est un refuge.
Que ce soit pertinent ou non, lorsque la Fed fait part de ses intentions d’injecter énormément de liquidités dans l’économie, les investisseurs en Bourse savent que cette décision va faire grimper presque tout – actions, obligations, contrats à terme… Tout !
Évoquons maintenant ce qui s’est passé il y a quelques jours.
Mardi, la Réserve fédérale s’est mise à acheter des obligations de société.
Et, bien que cela puisse paraître idiot vu le comportement de la Bourse ces dernières semaines, il est important de garder à l’esprit que les décisions de la Fed sont censées reposer sur l’économie, et non la Bourse.
Le rebond des actions a été très marqué, mais, comme vous le savez, l’économie est loin de s’être rétablie. Et, pour la Réserve fédérale, nous ne sommes vraiment pas tirés d’affaire.
Que nous cache la Fed ?
Si vous vous demandez ce que peut bien savoir la Fed qu’elle ne nous dit pas, ne perdez pas votre temps.
La vérité, c’est qu’elle ne nous cache peut-être rien !
La Fed fait ce qu’elle estime nécessaire pour empêcher l’économie américaine de devenir incontrôlable comme en 2008-2009.
Bien qu’à mes yeux, il ne vaille pas la peine de se demander si la Fed déraille sur ce coup-là, je ne peux m’empêcher de souligner que nombre des actions à forte croissance les plus prisées se négocient à des niveaux de valorisation que nous n’avions plus vus depuis la bulle technologique de 2000.
Et cela ne m’inquiète pas.
Mais c’est également la raison pour laquelle j’ai recommandé de vendre de temps en temps des actions dont le cours a incroyablement bondi sur une période relativement brève.
Résultat, il existe des poches de spéculation sur le marché – et, comme c’est toujours le cas avec la spéculation, ceux qui se réveillent tardivement ou investissent sans plan de gestion des risques vont se brûler les ailes.
Mais tant que la Réserve fédérale s’accroche à sa stratégie d’injection d’argent dans l’économie américaine et les marchés financiers, ne laissez pas les poches de spéculation vous inciter à rester sur la touche.
Il existe plein d’entreprises de qualité dans lesquelles investir et, à l’image de Fastly (NYSE : FSLY), que mon équipe et moi vous avons fait découvrir avant même que Wall Street sache ce qu’était l’informatique en périphérie de réseau, nous cherchons déjà votre prochain joli coup original.
Bien à vous,
James Altucher
Rédacteur en Chef

