
Lors des décennies précédentes, les investisseurs « value » étaient considérés comme des investisseurs peu enclins à prendre des risques.
Après tout, si un investisseur investit uniquement dans des entreprises qui s’échangent en Bourse à un niveau égal ou inférieur à leur valeur comptable (la valeur de l’actif d’une entreprise, de laquelle on déduit ses actifs incorporels), il devrait, en théorie, investir uniquement dans des entreprises raisonnablement valorisées ou sous-valorisées.
Malheureusement, investir n’est pas et n’a jamais été tout noir ou tout blanc.
Le problème de l’investissement « value » traditionnel est qu’une entreprise apparaît souvent sur notre radar parce que le cours de son action et son activité sont à l’agonie, ce qui est quelque chose de terrible et qui ne donne pas envie d’investir.
L’investissement tendanciel, qui consiste à privilégier les entreprises à forte croissance, diffère largement de l’investissement « value« .
Les entreprises à forte croissance sont presque toujours survalorisées par rapport au marché (comme le S&P 500) ou à leurs concurrents sectoriels plus anciens.
Pour autant, si une entreprise accroît son chiffre d’affaires de 40% par an et qu’une autre entreprise plus mature enregistre une croissance de son chiffre d’affaires de l’ordre de 7%-8% par an, n’est-il pas logique de payer plus cher pour les actions de l’entreprise à forte croissance ?
C’est évident.
En parlant d’entreprises à forte croissance…
Vous avez gagné énormément d’argent en investissant dans des entreprises comme Fastly (FSLY) et Invitae (NVTA).
C’est génial de faire des plus-values colossales. Mais croyez-moi, ce n’est pas pour tout le monde.
Bien sûr, tout le monde pense vouloir faire des plus-values considérables. Mais nombreux sont les investisseurs qui n’ont pas les nerfs pour composer avec la volatilité inhérente à ce style d’investissement.
Voici ce qu’il vous faut comprendre – et c’est une leçon extrêmement importante que tous les investisseurs tendanciels doivent retenir.
- Lorsque l’action d’une entreprise dévisse en Bourse pour des raisons autres qu’une contraction de son activité, il convient d’acheter des actions sur repli, pas vendre.
- En revanche, lorsque l’action d’une entreprise à forte croissance recule en Bourse à cause d’un fort ralentissement de son activité, il convient de réévaluer les raisons qui vous ont conduit à investir et, éventuellement, de vendre vos actions.
Certains investissements tendanciels vous font perdre de l’argent, tandis que d’autres vous font gagner de l’argent, mais pas des gains spectaculaires.
Empocher vos gains sur un investissement à forte croissance
Alteryx (AYX) appartient à cette dernière catégorie.
Alteryx a publié ses résultats trimestriels après la clôture des marchés, jeudi dernier. Malgré un chiffre d’affaires et un BPA supérieurs aux prévisions, le groupe a publié des prévisions très décevantes.
Comme on pouvait s’y attendre, la société a invoqué la pandémie de COVID pour justifier la révision à la baisse de ses prévisions. Or, franchement, nous ne savons pas combien de temps nous allons devoir vivre avec le COVID.
Les laboratoires font tout ce qu’ils peuvent pour mettre au point un vaccin, mais il est impossible de savoir quand celui-ci sera prêt. En cas de nouvelle vague cet hiver, et en l’absence de vaccin, Alteryx pourrait connaître un quatrième trimestre déplorable, et un premier trimestre 2021 encore pire.
Tout cela pour dire que je ne veux pas que vous continuiez à investir dans une entreprise qui affichait une forte croissance mais qui invoque désormais le COVID pour expliquer la contraction dramatique de son activité.
Nous nous sommes positionnés sur AYX autour de 68 $ en février 2019. À l’heure où j’écris ces lignes, le titre vaut environ 115 $.
Voici donc ce que je vous propose de faire.
Mon conseil :
Vendez toutes vos actions Alteryx (AYX) au cours de marché (115,25 $ à l’instant où j’écris ces lignes).
Félicitations pour cette plus-value de 68,89% !
Dites-moi ce que vous a rapporté cet investissement en cliquant ici.
Bien cordialement,
James Altucher
Rédacteur en Chef

