
Les actions ont enregistré une médiocre performance, jeudi dernier. Je le sais, et vous le savez. Mais si vous observez un graphique quotidien du S&P 500 – et que vous regardez bien – vous constaterez qu’elles ont en fait progressé au cours de ces dernières semaines.
Certes, avec Yext (YEXT), Nutanix (NTNX) et Talend (TLND) qui ont toutes clôturé dans le rouge jeudi dernier, on n’a pas l’impression que les actions ont grimpé. Mais n’oublions pas de quelle façon les actions se sont comportées au cours des cinq derniers mois.
Les traders de Wall Street et d’ailleurs se plaignent de la baisse des valeurs technologiques depuis plus de dix jours. J’imagine qu’ils n’ont pas remarqué que bon nombre de ces titres ont opéré un rally allant de 50% à 250% au cours des cinq derniers mois !
La perspective est un super pouvoir
Nous traversons un de ces moments où la perspective doit être votre super pouvoir car, parmi toutes les choses qui ne changent jamais à Wall Street, la haine des traders envers les corrections de cours arrive en tête.
J’aimerais que vous reveniez sur ces quatre ou cinq dernières semaines.
Combien de fois ai-je souligné que les cours – et les évaluations – étaient partis trop haut ?
Eh bien, selon l’opinion en vigueur à Wall Street, les cours ne devraient que grimper. Mais vous et moi savons que c’est tout simplement idiot : les actions grimpent ET chutent, et non grimpent OU chutent.
Et donc, à la minute où Facebook, Amazon, Apple, et Microsoft subissent une pression à la vente, les moutons de Panurge de Wall Street paniquent et commencent à brandir des termes tels que « bulle technologique » et « effondrement imminent du marché actions ».
Pourquoi les actions baissent-elles ?
Les actions ne baissent pas sans raison. Mais la véritable raison n’a rien à voir avec un krach de marché imminent.
Je vais vous indiquer trois raisons plausibles expliquant que les actions, notamment les valeurs technologiques, baissent.
Vous connaissez déjà la première raison : les ratios cours/bénéfices et cours/chiffre d’affaires sont montés trop haut pendant le rally post-COVID-19. Et si vous ajoutez à ces évaluations élevées la période historiquement volatile de septembre et d’octobre, le chemin de moindre résistance se situe quelque part entre la stagnation et la baisse.
La deuxième raison a quelque chose à voir avec la Fed et le Congrès. Alors que les traders sont enchantés de savoir que la Fed va maintenir des taux proches de zéro jusqu’en 2023, ils savent également qu’il ne lui reste plus trop de mesures faciles à mettre en oeuvre pour stimuler la croissance économique.
Malheureusement, pour une croissance économique généralisée, il nous faut un compromis au Congrès. Or nous savons tous que le Congrès n’arrive déjà pas à se mettre d’accord sur des choses élémentaires, alors Wall Street ne parie pas grand-chose (à court terme) sur le fait que les démocrates et les républicains se mettent autour de la table et signent un train de mesures orienté vers la croissance.
Or sans mesures de croissance au Congrès, Wall Street est « scared money« , comme on dit au poker [NDR : peur de miser de l’argent]. Et cette peur aboutit à une baisse des actions.
La troisième raison expliquant la baisse des actions est la suivante : les gestionnaires de portefeuille ont dû vendre des valeurs de croissance existantes pour faire de la place à des actions comme Snowflake (SNOW), récemment entrée en Bourse.
Rappelez-vous que même les professionnels de la gestion de portefeuille et les gérants de hedge funds ne disposent pas de fonds illimités à investir. Parfois, lorsque de nouvelles sociétés sont introduites en Bourse, ils doivent élaguer les postions existantes pour faire de la place à ces nouvelles valeurs.
Voici ce qu’il faut retenir : même si personne n’aime voir baisser les valeurs de son portefeuille, les actions – tout comme les arbres – ne grimpent pas jusqu’au ciel.
Et même les meilleures valeurs de croissance, comme Roku (ROKU) et Invitae (NVTA), ont besoin de temps pour faire une pause et consolider leurs gains avant de reprendre leur tendance à la hausse.
Bien cordialement,
James Altucher
Rédacteur en Chef

