
Le COVID-19 a détruit certains pans de l’économie américaine.
La vente au détail, les loisirs, l’hébergement, l’hôtellerie… Tous ces secteurs sont décimés.
Et même des banques comme JP Morgan et Citigroup, des chaînes de pharmacies telles que CVS et Walgreens Boots Alliance ou bien encore le géant bancaire American Express (très centré sur les entreprises) ont eu l’herbe coupée sous le pied.
Vous le savez déjà, dans la mesure où nous en parlons depuis des mois dans Top 1% Altucher, mais toutes les entreprises n’ayant pu réorienter leur modèle économique vers les concepts de télétravail, de loisirs à la maison et d’enseignement à distance en ont vu de toutes les couleurs.
Le début de la fin
Mais parlons du grand évènement de la semaine : dans un communiqué de presse, Pfizer a annoncé que son vaccin montrait un taux d’efficacité de 90%.
Voici ce qu’a dit le docteur Albert Bourla, le P-DG de Pfizer, concernant la réussite de son entreprise :
« Aujourd’hui est un grand jour pour la science et pour l’humanité. Le premier jeu de résultats de notre essai de Phase III du vaccin contre le COVID-19 fournit les preuves initiales de la capacité de notre vaccin à prévenir le COVID-19. Nous atteignons cette étape cruciale, dans notre programme de développement d’un vaccin, à un moment où le monde en a le plus besoin, dans un contexte où les taux de contamination marquent de nouveaux records, les hôpitaux sont proches de la saturation, et les économies peinent à rouvrir. Avec cette nouvelle, aujourd’hui, nous avons accompli un pas significatif vers la possibilité d’offrir aux gens du monde entier une percée dont nous avons grand besoin afin de mettre un terme à cette crise sanitaire mondiale. Nous sommes impatients de communiquer au cours des semaines à venir des données supplémentaires relatives à l’efficacité et à la sécurité, provenant de milliers de participants. »
De toute évidence, c’est une excellente nouvelle. Mais il est important de comprendre que ce n’est pas un vaccin que l’on reçoit en une seule fois.
Le taux d’efficacité de 90% provient de l’analyse intermédiaire de données de l’essai concernant 94 participants. Je ne veux pas que vous pensiez que ce taux de 90% est issu d’une analyse concernant la totalité des 43 658 participants recrutés dans le cadre de l’évaluation de Pfizer.
Ensuite – c’est moins une critique que la volonté de fournir des informations supplémentaires – la protection contre le COVID n’intervient que 28 jours après le début de la vaccination (qui s’effectue en deux doses).
Bon… je ne remets pas en question les mérites de Pfizer.
Développer un vaccin – n’importe quel vaccin – en si peu de temps est sans précédent. Et le docteur Bourla a raison lorsqu’il déclare sur CNBC qu’il « pense que le monde pourrait entrevoir la lumière au bout du tunnel ».
Mais en vérité, des centaines de millions de doses sont nécessaires, et nous sommes encore loin de contrôler ce virus.
Selon le docteur Scott Gottlieb, ex-commissaire à la FDA, un nombre limité de doses destiné aux premiers secours et aux personnes les plus exposées pourrait être disponible d’ici fin décembre. Et pour tous les autres, il faut envisager le troisième trimestre 2021.
Ce qu’il faut retenir, c’est que nous sommes enfin arrivés « au début de la fin » du COVID.
Même s’il faut encore sept ou dix mois avant de contrôler le virus via la vaccination, comme l’a dit le docteur Bourla, on peut entrevoir la lumière au bout du tunnel.
Et cette information lumineuse concernant le vaccin a déclenché lundi un rally historique des actions qui étaient restées coincées dans une ornière.
Des valeurs telles que Kimco Realty, Valero Energy, Royal Carribean ou Philips-Van Heusen…Tous ces titres qui sous-performaient de manière effroyable depuis le début du COVID ont enfin opéré un rally.
Malheureusement, ces actions, et d’autres du même type, devront encore faire du surplace pendant plusieurs trimestres avant qu’un changement ne soit envisageable pour les entreprises.
L’impact de l’annonce de Pfizer sur vos investissements
Vous avez probablement remarqué que les valeurs dites de « l’ancienne économie » ont gagné du terrain, le 9 novembre, et que celles qui avaient bénéficié du mouvement en faveur du télétravail ont été pénalisées. Et cela concerne certaines de vos actions !
Mais voilà…
Personne ne va cesser de se servir de Roku pour regarder la télévision ou de son vélo Nautilus pour faire de l’exercice, sous prétexte que l’économie commence à rouvrir lentement ses portes.
Le rally de lundi tourne autour d’une chose : la rotation sectorielle.
Les traders de Wall Street et les gérants de portefeuilles ont vendu certaines valeurs gagnantes et ont réalloué ces fonds à des actions telles que Royal Caribbean… des titres qui sous-performent depuis des mois.
Rien ne cloche avec cette stratégie. Du moins à court terme. Ce trading fondé sur la rotation sectorielle n’est qu’une stratégie à court terme.
Il est toujours payant, à long terme, de détenir les meilleures sociétés, les leaders d’un secteur, dont le chiffre d’affaires et les bénéfices augmentent de façon soutenue.
Bien cordialement,
James Altucher

