Cher trader,
En fin de semaine dernière, je vous disais que « l’entrée à proximité des 4500 points devrait s’avérer opportune » sur le CAC. Et bien cela n’a pas manqué. Avec un mouvement de reprise, tout aussi impulsif que celui, baissier, qui l’avait précédé fin octobre. D’ailleurs à ce sujet, depuis quinze ans que je suis au quasi quotidien sur les marchés, cela faisait longtemps que je n’avais plus assisté à un tel revirement si brutal. C’est bien simple : il faut remonter quatre ans plus tôt avec l’annonce du Brexit puis surtout de l’élection de Donald Trump ensuite pour assister à un tel renversement.
Revenons d’ailleurs un instant sur la tournure des élections US. Ce qui est « marrant » dans ces marchés, c’est que le scénario actuel d’un scrutin serré, favorable à Biden mais que Trump va contester, était LE risque de ce début novembre. Or vu l’emballement depuis mercredi matin, il n’en est rien. Au contraire, les opérateurs voient même le verre à moitié plein avec un Sénat américain finalement « moins démocrate » que prévu (contre-pouvoir atténuant les risques sur certains secteurs, fiscaux pour les GAFAM ou encore risques de prix dans le secteur pharmaceutique).
Une « bonne nouvelle » ne venant jamais seule, le newsflow corporate a également été en soutien ces derniers jours. Que ce soit autour d’un nouvel espoir de traitement sur le front du coronavirus mais surtout avec des publications trimestrielles dans l’ensemble meilleures que prévu. Et ce, des deux côtés de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, dans la continuité de mes propos de la veille (sur les Qualcomm et autres), nous avons des géants comme T-Mobile ou encore Square qui bondissent par exemple ce vendredi (même si, dans le secteur des jeux vidéo, Electronic Arts trébuche ce jour). Même son de cloche globalement en Europe dans l’ensemble ces derniers jours et, en particulier ce vendredi avec le géant du luxe suisse Richemont ou l’assureur Allemand Allianz qui ont agréablement surpris.
En évoquant Allianz, et suite aux Put Dax de la veille, c’est justement après les trimestriels meilleurs que prévu de l’assureur outre-Rhin que j’ai voulu attendre un franchissement du cap rond des 12 600 points sur l’indice allemand ce matin avant de revenir à la vente. En effet, autant hier après-midi, et dans la même logique que le cap psychologique des 5000 points sur le Cac, je n’étais pas convaincu à l’idée que ces niveaux allaient être dépassés (ce qui a donc bien été le cas). Autant en toute franchise ce matin, l’éventualité d’un spike de quelques points/dizaines de points (selon l’indice) ce matin en Europe ne me semblait pas impossible. Pas le meilleur parti pris qui soit, car ces résistances tiendront bon de nouveau (cf ci-dessous les 2,67 € en invalidation sur les Put de la veille qui n’ont, à nouveau, jamais été atteints ce vendredi).
Ma « consolation » étant que cela a le mérite d’illustrer une fois de plus la pertinence de mes points d’intervention. Qu’il s’agisse d’une anticipation de retournement/essoufflement ou d’accélération, dans tous les cas, j’attends des réactions/de la volatilité dans ladite zone de prix. Regardez par exemple ainsi le cas du S&P 500 mercredi. Rétroactivement l’euphorie l’a emporté lors de la séance post-élection US. Pour autant, si reverse il y avait dû avoir, je pense que cela aurait été dans ladite zone de prix (cf la volatilité intraday dans la zone cerclée en noir ci-dessous).
En résumé, mes niveaux y sont, tout comme ma « logique d’intervention ». Outre la fébrilité du Dax sous les 12 600 points, regardez encore ce vendredi le cas de l’eurodollar. Malgré des chiffres du chômage US meilleurs que prévu (taux de chômage tombé sous les 7% et créations de 638 000 postes le mois dernier, lecture supérieure au consensus), la paire n’a pas reculé. Pour rappel au besoin, « normalement », de bonnes statistiques US soutiennent le billet vert. Surtout alors que par exemple les taux longs US remontent en conséquence assez nettement depuis hier (pour le coup de manière « logique »).
A ce stade, cela ne paye que « moyennement ». Il faut dire qu’étant donné le contexte immédiat, les leviers sont restés relativement « contenus » de mon côté. Et pour cause : cela nous a ainsi permis de réduire au strict minimum les frais mercredi sur le S&P500. Car objectivement dans mon entourage professionnel, je ne connais absolument personne qui s’attendait à une semaine si verte. Je dis bien personne…comme quoi, une fois encore (et à l’image des sondages US), le consensus a souvent tort. Pour autant, cela ne nous a pas empêché de solder les Call CAC à +20% mardi. Pas si mal eu égard à une méthodologie et un management du risque respecté à la lettre.
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Cac 40 (Turbo Call 25G8Z) : les lignes que je vous écrivais vendredi dernier à cet endroit même (« l’entrée à proximité des 4500 points devrait s’avérer opportune ») ont confirmé leur pertinence. Doux euphémisme même alors que la remontada s’est étendue aux 5000 points. Call soldés à +21% mardi.
S&P 500 (Turbo Put 85NIC) : alors que l’indice élargi remontait dans la zone de polarité des 3400 points en milieu de semaine, nous étions intervenus à la vente. Put revendus sur stop automatique mercredi après-midi (-7%).
Dax 30 (Turbo Put 8B69Z) : comme je vous le disais en introduction, la zone que j’avais en focus depuis hier après-midi a confirmé sa pertinence. Put revendus hier en fin de séance (marginalement dans le rouge, -1/2%).
Eurodollar (Turbo Put 2712C) : en lien direct avec la fin de mon introduction plus haut, et malgré le risque over week-end lié aux élections US, j’ai envie de voir ce que cela va donner dans la zone actuelle. Proximité du cap rond des 1,19 $ ou pas, on va conserver sur stop automatique actif/inchangé à 6,41 € (à reprogrammer au besoin dès lundi matin).
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert



