Cher trader,
Comme je vous le disais dans mon mail mardi soir, mon cœur balançait depuis entre l’éventualité de l’atteinte du cap rond des 4000 points sur l’indice élargi US ou donc un regain de pression vendeuse préalable. Et entre l’actualité « surprise » du début de semaine (qui mettait les financières sous pression, or les bancaires sont très présentes dans le CAC) ou le risque de reconfinement national chez nous (avec le discours d’Emmanuel Macron avant-hier soir), objectivement pas évident de trouver le catalyseur haussier en termes de newsflow.
Qui plus est, c’est bien simple. Niveau actions, dans le SBF par exemple, mis à part peut-être un titre comme Faurecia que j’ai scruté mardi quand le Cac s’emballait, il n’y a guère de « grosse » valeur (c’est-à-dire des big caps avec des Turbos disponibles) dont l’inertie haussière de ces dernières séances me laisserait des regrets à l’idée de ne pas y « être allé ». D’autant que dans tous les cas, avec l’hésitation de mercredi après-midi en amont du discours d’Emmanuel Macron le soir même, tenir des Call sans avoir au préalable pu au minimum sécuriser une PBP m’apparaissait très inconfortable (en ligne avec mes commentaires d’alors, j’ai même songé à prendre des Put sur le Cac).
Au final, ayant eu ce ressenti (qui est tout sauf ma tasse de thé) d’un marché trop haut pour acheter mais trop haussier pour vendre, nous avons, non sans une bonne dose de prudence (la faiblesse des volumes de transaction n’aidant pas en cette semaine écourtée), tenté quelques petites ventes. Qui ne donneront rien mais sur lesquelles je retiens surtout la pertinence de notre money management. A l’image des Call sur l’Argent lundi, ou des Put Dax d’hier, on parle vraiment de petits montants concédés. Mais il est nécessaire de s’y astreindre. En ce sens, à l’image des Call sur le Silver (dont le cours du Turbo était vite retombé 1 € plus bas en première partie de semaine), il est important de réagir afin de ne pas se laisser embarquer. Autre illustration avec les Put S&P 500 repris mardi. Put que nous avons revendu mercredi en début d’après-midi (cf cercle noir sur mon graphique intraday ci-dessous) peu avant que les choses ne s’accélèrent ensuite.
Et quand je vois le future continuer à tirer vers les 4050 points ce vendredi, cela ne fait que me conforter quant à la nécessité de la chose…
Prenons maintenant un instant pour jeter un œil sur nos trades ces dernières semaines.
Deux choses se dégagent :
– D’une part, le fait qu’il est effectivement préférable de rapidement savoir ne pas insister quand les confirmations intraday que j’attends ne suivent pas.
– A l’inverse d’autre part, quand « cela y va », nous concrétisons rapidement des plus-values intéressantes dans leur timing. Souvent d’au moins +10% en quelques heures. C’est évidemment l’essence même du service. Ce qui nous a toutefois manqué ces dernières semaines, c’est justement d’avoir ensuite ces relais swing (c’est-à-dire sur les quelques séances qui suivent notre entrée en position) qui permettent de porter plus haut la plus-value sur le solde de nos lignes.
Et c’est vrai que rien sur nos derniers trades, cela se ressent. Dernier exemple en date : le cas des Call Ubisoft. Où, après une première impulsion parfaitement captée en quelques heures de bourse, ils ne feront plus rien avec donc un titre qui vivotera ces dernières 48h et ce malgré la hausse des valeurs technologiques/du Nasdaq dans l’intervalle. D’ailleurs en toute franchise, après la revente des Put sur le S&P 500 avant-hier, l’éventualité d’un « report » au profit de Call sur le Nasdaq m’avait alors traversé l’esprit (ceci dans l’éventualité d’une accélération en franchissement de la ligne de cou de l’ETE inversée dont je vous parlais dans mon « mail du soir » le mardi 23 mars). Si je n’y suis donc pas allé mercredi après-midi (faute de confirmation suffisante sur l’obligataire US et alors que le speech de Joe Biden en soirée me faisait craindre un risque sur ce segment, en l’occurrence une hausse de la fiscalité sur les GAFAM –ce qui a d’ailleurs bien été le cas), la hausse a fini par suivre depuis 48h. Dans cette éventualité, j’avais toutefois en tête que cela contribuerait à soutenir plus que cela notre valeur technologique qu’est Ubisoft. Ce qui n’aura donc pas été le meilleur des arbitrages qui soit ; notre éditeur de jeux vidéo n’ayant donc guère poussé à la hausse ces dernières 48h…
Autre exemple : le cas de nos trois Put sur les indices US pris coups sur coups les 17/18/19 mars dernier et qui nous avaient à chaque rapporté entre +10/15% dans les heures qui avaient suivies nos entrées. Et si ensuite les plus-values latentes sur les soldes tournaient autour des +25/30% les 24/25 mars dernier sur chacune, le marché n’a toutefois pas confirmé derrière. Nous conduisant donc à des clôtures seulement flat sur l’ensemble en première partie de semaine. C’est ainsi, ce sont les règles et il faut les accepter. N’oubliez jamais que nous sommes sur des produits à forte élasticité (effet de levier d’au moins dix en général). Or quand on intervient au quotidien sur les marchés, ce type de phase plus « plate » n’a en soi rien de dramatique et surtout rien d’inhabituel dans la durée (en ce sens, n’hésitez pas à consulter les archives de mes trades depuis fin 2017 directement sur le site internet du service). Pas question en tout cas de mon côté de rogner sur le money management et la gestion du risque en acceptant de grosses moins-values à deux chiffres. Pas de cela chez moi ! Le pendant inverse étant qu’il faut parfois savoir se montrer plus patient pour attendre les opérations qui « payent vraiment ». Si je n’ai pas de boule de cristal pour vous assurer que le meilleur est à venir, il n’en demeure pas moins que statistiquement ces périodes ont très souvent précédé des phases nettement plus profitables…
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
S&P 500 (Turbo Put 66S7S) : malgré de bons débuts, le solde de la ligne avait été revendu lundi après-midi (ou dans tous les cas mardi matin à l’ouverture). PBP à +10% ; solde revendu en début de semaine (flat sur l’ensemble).
Dow Jones Industrial (Turbo Put 60VLC) : même logique ici où, après notre PBP rapide initiale, le reste de la ligne a été revendu mardi. PBP à +10% (au minimum) ; solde revendu sur stop automatique mardi matin (flat sur l’ensemble).
Ubisoft (Turbo Call P984Z) : je suis ici assez surpris que le titre n’ait pas été plus recherché que cela depuis mercredi dans le rebond concomitant du Nasdaq. Call soldés à +10% hier.
Argent (Turbo Call 1T16S) : alors que le sursaut attendu ne prenait pas, le stop automatique n’a pas début lundi matin. Call revendus sur stop automatique lundi matin (-5%).
S&P 500 (Turbo Put 58SZC) : comme je vous le disais en introduction, nous avons écourté la ligne à bon escient mercredi en début d’après-midi avant que la hausse ne s’accélère. Put revendus (-2%).
Dax 30 (Turbo Put 38S9S) : malgré une sous-performance de l’indice allemand et certaines grosses indécisions intraday hier (regardez par exemple le yoyo du pétrole jeudi avec l’Opec), voir le Dax aligner une telle série haussière ces derniers jours n’était pas dans mes attentes. Put revendus sur stop automatique hier en fin de séance (-4%).
Bonne fin de semaine, d’avance bon week-end Pascal à tous, et à mardi (comme aujourd’hui, Euronext restant clos lundi),
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert



