Cher trader,
Sur les marchés, ce qui a le don de m’agacer c’est qu’en règle générale c’est tout l’un ou tout l’autre. Soit rien ne bouge et/ou je n’ai aucune conviction (comme ce fut souvent le cas ces derniers jours). Soit, à l’inverse, les signaux se multiplient ici ou là (actions, indices et même cryptos…) de manière quasi simultanée sans me laisser le temps d’être partout. Encore plus quand cela arrive comme depuis cet après-midi justement à la veille de mes congés…
En effet, à partir de la semaine prochaine, et jusqu’au lundi 30 août, je vais prendre quelques congés. Dans l’intervalle, il n’y aura donc pas de mail/SMS à attendre de ma part. Pour autant, comme à chaque mois d’août, pas d’inquiétude sur le front de votre abonnement : il sera automatiquement prolongé, de trois semaines donc.
Revenons aux marchés. Je dois admettre qu’en cette veille de congés, j’avais prévu de revenir sur pas mal de points ce soir et je ne sais plus trop par quoi commencer. Faisons simple. Dans l’ordre, le plus récent : le Nasdaq et Atos Origin. En effet, autour de l’ouverture de Wall Street tout à l’heure, je vous poussais dans notre canal Telegram ce petit message par rapport à Atos Origin.
A peine le temps de faire le tour des Turbos disponibles (cf rectangle noir sur mon graphique intraday ci-dessous, pris en base une minute) que les +2/3% de hausse alors affichées par le titre se transformaient en +8/9%…
Quoi qu’il en soit, même si le marché m’avait laissé les quelques minutes supplémentaires pour vous transmettre un trade sur notre canal, le fait est que je n’aurais tout bonnement pas eu le temps de vous l’envoyer ensuite en SMS…et encore moins en mail. Donc autant dire que, sauf à avoir pu réagir quasiment dans la seconde, la chose aurait dans tous les cas été difficilement captable. N’épiloguons pas sur ce sujet et venons-en au reste : les marchés.
Objectivement tout d’abord, je suis satisfait d’avoir su ne pas shorter le Cac dernièrement. Dans ce genre de configuration un peu « hors norme », sans un minimum de money management, vous vous faites tout bonnement « déchirer ». Car alors que notre indice aligne une cinquième séance de hausse d’affilée ce vendredi, cela m’a souvent « titillé » depuis hier matin. Ceci alors que bon nombres de validations habituelles m’ont fait défaut dernièrement. D’une part, le fait que le Cac ait commencé à très vite « y aller seul ». Depuis deux semaines, l’indice français fait totalement fi de l’indécision ambiante sur la plupart des marchés. Une indécision qui est en revanche bien présente sur d’autres indices européens, ce qui est beaucoup plus cohérent avec l’absence de relais à Wall Street. On retrouve notamment cette hésitation dans les ranges latéraux sur l’Ibex espagnol ou encore sur le Dax allemand (cf. rectangles bleutés ci-dessous).
D’autre part, autre confirmation m’ayant manqué : le marché obligataire. Conjointement à la hausse du CAC, nous avons eu d’importantes entrées de capitaux sur ce segment traditionnellement refuge, cf ci-dessous sur le Bund.
En effet, statistiquement, les deux ne font pas bon ménage. Par le principe habituel des vases communicants, l’argent entrant sur le segment obligataire se fait souvent au détriment des actifs à risques, indices boursiers en premier lieu. Or, depuis le début de l’été, tout monte concomitamment.
Dès lors, soit le CAC va continuer à fuser (vers le cap historique des 7 000 points ?) durant le reste de l’été (car si les contrats obligataires corrigent, l’argent sortant de ce segment se reportera sur les indices, ce qui offrirait un nouveau soutien au marché). Soit, à l’inverse, c’est le marché obligataire qui « a raison » (auquel cas, les indices seraient trop haut perchés). L’avenir nous dira qui a raison mais quoi qu’il en soit en cette fin de semaine, des capitaux finissent bien par sortir du marché obligataire, ce sur quoi nous avons bien capitalisé avec notre trade d’hier (constat qui m’a indirectement permis de me « retenir » à l’idée de shorter le Cac).
Enfin, avec la perspective de mes congés, nous sommes intervenus à la vente sur le Nasdaq. En effet, étant donné d’une part le positionnement de bon nombre de membres de la Fed dernièrement, je pense que la teneur des chiffres de l’emploi US de juillet parus ce jour (surtout après l’ISM des services de mercredi –la composante services étant prépondérante aux Etats-Unis eu égard au poids que cela représente dans le PIB), va augmenter le « risque » d’un resserrement monétaire plus rapide. On commençait déjà à sentir qu’une tonalité de moins en moins accommodante s’installait au sein des membres de la Fed. Entre Christopher Waller qui avait indiqué lundi et hier encore privilégier un début de moindre soutien monétaire si les deux rapports estivaux sur l’emploi US s’avéraient bons (ce qui est donc le cas ce jour avec celui de juillet) ou Robert Kaplan hier, le constat selon lequel que le soutien monétaire actuel commence à être de trop gagne en consistance. Or sur ce point, toute poursuite de la hausse des taux longs pèserait comme toujours sur les entreprises les plus chèrement valorisées (les modèles d’évaluation traditionnel utilisant le taux sans risque pour actualiser les profits futures), techs US en tête donc.
Qui plus est, au risque d’enfoncer des portes ouvertes, le newsflow récent n’a pas été « tout rose » dans la sphère technologique US. D’une part sur les publications trimestrielles, la quasi-totalité des FANG et autres GAFAM ont été boudées. C’est bien simple : mis à part Alphabet, Apple, Netflix, Microsoft, Facebook ou encore Amazon en fin de semaine, tous subi de nets dégagements. Le pire dans tout cela : d’autres noms de « seconde zone » – mais pas négligeables –, comme Intel, PayPal ou l’Amazon chinois Alibaba avaient également été vendus.
Qui plus est en évoquant la Chine, n’oublions pas non plus trop vite que les Bourses chinoises ont connu un trou d’air dernièrement eu égard aux craintes de régulations de la part des autorités chinoises. Si dans un premier temps, ces craintes concernait initialement des segments « locaux », elles se sont dernièrement étendues au secteur des jeux vidéo (ce qui a contribué à faire vaciller le géant Tencent). Dans cette situation, le problème qui peut en découler est une sorte « d’effet boule de neige ».
En ce sens, CNBC relayait fin juillet que Softbank allait vendre l’équivalent de 45 M$ d’actions Uber pour couvrir certaines pertes subies sur des titres chinoises (comme Didi). Uber n’est en rien concerné. Mais par un simple effet domino indirect, cela pourrait conduire à des ventes forcées significatives. Pour la petite anecdote, c’est ce même Softbank qui avait été à l’origine d’un couac des Bourses mondiales à la fin de l’été dernier. La baisse appelant la baisse, certaines grosses banques et autres fonds finissent par être forcées de vendre pour tenter de sauver les meubles. Nous pouvons d’ailleurs faire le parallèle avec l’effet domino que l’on avait indirectement aussi retrouvé dans le cas d’Archegos.
Pour ces raisons, nous sommes donc revenus à la vente sur le Nasdaq ce vendredi en fin de séance…
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
S&P 500 (Turbo Put 285LS) : alors que la hausse l’avait emporté hier soir, notre stop automatique n’avait pas tenu ce matin. Put revendu (-8%).
Bund (Turbo Put 5T72Z) : étant donné certains seuils atteints la veille, nous sommes intervenus à la vente. Et, comme attendu hier, la baisse des contrats a donc parfaitement été au programme sur l’emploi US. Ce sur quoi nous avons donc parfaitement capitalisé. Soit dit en passant, pour l’anecdote, un peu dans la même logique, rappelez-vous ce que j’évoquais le mois dernier sur l’or avec l’éventualité d’une accélération à suivre en cas de rupture de cette base horizontale des 1790 $ (cf rectangle bleuté). Et bien le moins que l’on puisse, c’est ce que cela a fini par suivre avec le cercle noir donc sur mon graphique (dommage juste au préalable qu’il n’y a pas eu un peu plus de tergiversation en amont pour y revenir –d’où mon choix d’aller d’ailleurs sur l’obligataire). PBP à +13% cet après-midi ; conservez le solde sur stop automatique actif / à bien reprogrammer au besoin le matin.
Nasdaq 100 (Turbo Put 78Z1S) : étant donné l’orientation des taux longs (elle-même consécutive à la teneur des chiffres de l’emploi US), nous avons pris ce trade en fin de séance européenne dans la remontée de l’indice au-dessus des 15 100 points. Mon idée est simple : viser une rechute de l’indice technologique sous les 15 000 points durant mes congés… Conservez sur stop automatique à 8,82 € (ordre actif / à bien reprogrammer au besoin chaque matin).
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end, et rendez-vous le lundi 30 août (ou, brièvement le cas échéant, via notre canal Telegram…)
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert






