Cher trader,
Je partage volontiers l’intitulé de l’article du jour sur le Cac 40 de mon confrère Gilles. D’un côté, étant donné la vitesse de la hausse de mardi, impossible de se placer à chaud. Pour autant, et c’est un peu tout le paradoxe, la plupart des actions que j’avais antérieurement sous surveillance n’y vont pas vraiment. Bon nombre d’entre elles baissent même (assez « nettement » depuis 48h).
Je suis ainsi un peu surpris que certaines cycliques liées au contexte sanitaire ne rebondissent pas plus que cela. Je pense par exemple au géant des centres commerciaux Unibail-Rodamco Westfield, groupe assez présent aux Etats-Unis, et qui me semblait bien placé pour profiter des propos optimistes tenus par exemple par Anthony Fauci dimanche dernier sur CNN. Le principal conseiller médical de la Maison-Blanche jugeait en effet « encourageantes » les premières indications sur la sévérité du variant et affichait sa confiance dans la capacité de la troisième dose de vaccin à fournir un degré de protection élevé (ce que les annonces de Pfizer mercredi semblent conforter). A ce sujet d’ailleurs, une valeur comme Accor avait ainsi connu un pump mercredi midi sur ce communiqué. Et puis plus rien, elle retombait ce matin sous les 27 €. Ici aussi, avec un titre encore autour des 34 € début novembre, vu la baisse subit dans l’intervalle, un rebond vers les 30 € ne m’aurait guère étonné. Scénario que ne partage donc guère le marché à ce stade. Soit dit en passant, même une autre grosse valeur comme Thales dont je vous parlais déjà vendredi dernier (dans le sillage de l’annonce du récent contrat de Dassault Aviation) n’y va pas…
Ceci expliquant cela, il faut dire qu’il ne se passe toujours pas grand-chose avec un Cac 40 qui « vivote » au final surtout autour des 7000 points. Avec, toujours sur le front du newsflow corporate (US cette fois cependant), Tesla qui était à nouveau attaqué alors qu’Elon Musk a tweeté sur son futur incertain à la tête du groupe mais quand, à l’inverse, Oracle hier soir ou encore Broadcom étaient recherchés.
Ce qui me conduit à la réflexion suivante : la hausse de mardi, surtout étant donné sa vitesse et son ampleur, n’était-elle qu’un simple bear market rally ?
Le fait est que, fin novembre, il y avait d’importantes positions short majoritairement ouvertes par les hedge funds US. Et, comme souvent sur les marchés, la hausse appelle la hausse, alimentée donc à la fois par des acheteurs « nus », mais également par des rachats de short, ce qui ne fait que renforcer l’impulsivité du mouvement. Si tel était le cas, l’inertie haussière « traditionnelle » de la fin d’année (saisonnalité oblige) aurait du plomb dans l’aile.
Pour remettre les choses dans leur contexte, d’un côté, une accalmie se dessine depuis le début de la semaine sur le front sanitaire (si Omicron semble plus « transmissible », sa dangerosité quant aux formes graves est visiblement moindre). D’autant que, mercredi encore, Pfizer et BioNTech indiquaient que trois doses de leur vaccin neutralisaient même les effets du variant Omicron dans des tests en laboratoire.
Mais, en parallèle, la question du timing du resserrement monétaire de la Fed (eu égard à la tonalité « surprise » du président de la Fed il y a dix jours) reste posée. En ce sens, l’inflation US de novembre sortie conforme aux attentes (CPI, l’indice des prix à la consommation, en hausse de 6,8% sur un an glissant) n’apportera guère d’éléments nouveaux en amont de la réunion de la Fed en milieu de semaine prochaine (qui risque bien d’être le juge de paix de la tendance de cette fin d’année sur les marchés). A ce sujet d’ailleurs, j’ai voulu tenter un petit quelque chose ce vendredi. Mais avec une inflation en léger ralentissement en glissement mensuel (car ressortie à +0,8% en novembre après +0,9% en octobre), cela ne donnera rien. Maintenant, eu égard à mes commentaires dans l’alerte de ce midi, et à la taille de position qui en a découlé, cela ne nous coûtera dans l’absolu pas grand-chose. Bref au final, j’aurais dû m’en tenir aux mêmes règles salutaires qui m’ont fait passer mon tour sur la partie actions (cf mes commentaires ci-dessus). Quand il n’y a rien à faire (ou qu’il y a trop d’éléments discordants), il ne faut rien faire.
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
S&P 500 (Turbo Put 066BS) : malgré de bons débuts hier, nous avons repris nos billes ce midi. Je vois ici cette opération comme une sorte de « trade gratuit » qui nous a permis de voir, sans frais, la publication d’Oracle hier soir. Put revendus (flat).
Or (Turbo Put 92C1S) : j’ai voulu tenter un petit quelque chose ce vendredi. Mais comme quoi finalement, j’aurais mieux fait de ne pas forcer. Trade qui ne donnera rien mais qui, eu égard à mes commentaires dans l’alerte de ce midi, ne nous coûtera pas grand-chose. Rien de dramatique donc, d’autant qu’on devrait vite pouvoir rattraper cela (avec de possibles Call sur l’argent à suivre lundi). Put revendus sur stop automatique cet après-midi (-7%).
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert

