Cher trader,
Prendre des risques sur les marchés, c’est une chose. Mais là, sans mauvais jeu de mots par rapport au contexte actuel, cela devient vraiment de la roulette russe. Je vous parlais en effet hier soir des déclarations politiques divergentes. Et bien depuis ce matin, c’était un peu le même constat. Avec, tout d’abord, la perspective d’une rencontre entre Sergueï Lavrov et Anthony Blinken en fin de semaine prochaine qui redonnait de l’espoir. Si ce n’est d’une résolution immédiate de l’imbroglio actuel, du moins d’une temporisation (le chef de la diplomatie américaine ayant conditionné cet entretien à l’absence d’intrusion russe en Ukraine d’ici là).
En toute franchise d’ailleurs, alors que cette annonce avait conduit la nuit dernière à un sursaut du future S&P 500 (cf flèche verte sur mon graphique intraday de l’indice élargi US ci-dessous), j’ai failli vous recommander un petit achat ce matin justement pour « jouer » ce regain d’optimisme.
Bien m’a pris de m’abstenir puisqu’en fin de matinée ensuite, un constat « sur le terrain » nettement moins favorable a conduit à l’effacement intégral dudit mouvement (cf flèche rouge ci-dessus). D’autant qu’en plus de l’aléa géopolitique, le fait que ce vendredi constitue une séance d’expiration (trois sorcières) n’arrangeait rien en termes de volatilité. Pas de trade pour moi donc dans ce contexte. Et à voir le yoyo du Cac depuis mercredi entre 6900 et 7000 points (au rythme des rebondissements et autres rumeurs sur le front géopolitique), cela me conforte dans cette idée de méfiance.
Après plus largement, je continue de penser qu’un conflit armé ouvert sera évité. D’où mon insistance d’ailleurs sur le pétrole encore cette semaine. Mais cela ne veut pour autant pas dire que je vais engager mon argent n’importe où. Et par rapport au baril, et à l’éventualité de vendre à nouveau jeudi ou ce matin encore (question que l’on me posait par mail à plusieurs reprises depuis hier), ma réponse est la suivante. Jeudi, il m’a manqué une grosse cinquantaine de centimes dans le rebond matinal des futures pour y revenir (en termes de risk/reward). Ce vendredi, mieux valait pour le coup s’abstenir de « rentrer n’importe où » (dixit mes propos plus haut) alors que les cours repartent au final à la hausse cet après-midi.
En résumé, comme la semaine dernière déjà où notre insistance avait fini par payer sur l’or noir, je suis satisfait d’avoir voulu insister mercredi en fin d’après-midi précisément. Dommage juste que l’overnight soit venu s’y greffer (enfin surtout qu’il n’y ait pas eu la moindre petite attaque baissière intraday préalable en séance européenne, avant 18h30, pour pouvoir gérer autrement la chose). Car le moins que l’on puisse dire c’est que la tournure baissière des choses ensuite avait été au rendez-vous.
Un mot également ce soir sur l’aspect corporate. Vendredi dernier, je vous avais déjà parlé de l’importance des réactions de marché « post-publication trimestrielle », avec les cas de Société Générale ou encore de Total Energies. Si, depuis une semaine, la tournure des choses sur les marchés appuie l’orientation prise par ce segment (eu égard à l’exposition de la banque rouge et noire au marché russe par exemple), le fait est que les publications trimestrielles se poursuivent. Et elles permettent au Cac de surperformer Wall Street. Avec Air Liquide mercredi, Carrefour ou Kering hier (une fois n’est pas coutume, la marque phare Gucci a fait « mieux qu’Hermès » sur la fin d’année) ou encore Teleperformance ce vendredi. Maintenant, une fois passée « l’effet d’annonce » (comme avec Société Générale ou Total Energies depuis une semaine), on sent bien que l’hésitation est très vite palpable.
Regardez par exemple ainsi le cas de la Française des Jeux. La société n’a pas à rougir avec sa publication, et notamment le relèvement de ses objectifs de moyen terme. Cependant, après une ouverture en gap haussier mercredi, le titre reste bien hésitant (cf. flèche rouge). Avec donc moins d’« un euro de repris » depuis la semaine dernière malgré ce newsflow.
Or ce type de réaction est loin d’être un cas isolé. Dans la même logique, nous avons par exemple aussi le cimentier Vicat. Qui, après avoir bondi de 5% mercredi post-trimestriels, efface depuis en ligne droite son gap haussier ouvert 48 h plus tôt…
Cela en dit long sur le ressenti du marché. Au-delà du contexte géopolitique (par nature difficilement prévisible), c’est justement ce genre de « newsflow propre » que je recherche en cas de trade actions (à condition donc que le titre n’ait pas directement ouvert en fort gap…toujours pour ces quesitons de ratio risk/reward). Quadient hier s’inscrivait dans cette logique après son update trimestriel avancé. Mais là encore à l’image de la Française des Jeux et autres Vicat, voir Quadient déjà retomber sur ses points bas ce vendredi me conforte quant à l’importance de mes règles de money management. Surtout vu l’environnement pour le moins indécis du marché…
Voici un récapitulatif des trades pris dernièrement :
Brent (Turbo Put 040CS) : première tentative short dans le rebond de mercredi qui ne donnera rien vu l’ampleur de la remontée intraday qui suivra mercredi. Put revendu sur stop automatique (-9%).
Brent (Turbo Put 040CS) : comme je vous le disais ci-dessus dans mes propos introductifs, notre insistance de fin de séance mercredi était la bonne. On regrettera donc juste de la moindre petite baisse avant 18h30 mercredi. Put revendu (+2%).
Quadient (Turbo Call W839S) : dans la continuité de mes propos introductifs quant au « newsflow propre », le timing de communiqué du groupe hier matin me semblait offrir un bon point d’entrée en termes de risk/reward. Mais alors que les hésitations du marché reprenaient le dessus, nous avons au final repris nos billes. Money management de circonstance puisque dans la logique des « constats corporate » mentionnés plus haut, le titre rechutera déjà sur ses derniers points bas. Call revendu (flat).
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert




