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Actualisation : le nom de code est « Swift »

Par 3 mars 2022octobre 23rd, 2022Alertes, LMA Alertes

James AltucherCher lecteur de Top 1% Altucher,

Le week-end dernier, entre toutes les séquences déchirantes provenant de la guerre en Ukraine, tous les présentateurs de journaux télévisés, sur toutes les chaînes, parlaient de la décision prise par l’Union européenne (UE), le Royaume-Uni, les Etats-Unis et d’autres alliés, d’interdire à un nombre non divulgué de banques russes l’accès au système de paiement international Swift.

Qu’est-ce que Swift, exactement ?

Swift, qui signifie Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, offre des services de messagerie sécurisée à plus de 11 000 banques dans plus de 200 pays. Swift ne réalise pas les paiements : le système envoie simplement des ordres de paiement qui doivent être réglés par les comptes correspondants (au sein des banques participantes).

Transposé aux réseaux sociaux, Swift est une sorte de Twitter, mais réservé aux banques. Des messages sécurisés sont envoyés et réceptionnés, et il n’y a pas grand-chose de plus.

Même si vous avez entendu que seul le Royaume-Uni insistait pour interdire aux banques russes de se servir du système Swift, ce n’est pas parce que l’UE voulait aider la Russie.

La triste réalité, c’est que les populations de l’Union européenne sont extrêmement dépendantes des importations de pétrole et de gaz provenant de Russie.

Et si l’interdiction de se servir du système Swift empêche la Russie d’exporter son énergie vers l’UE, des millions d’Européens vont avoir de gros problèmes cet hiver.

Qu’est-ce que le système Swift signifie pour la Russie ?

Selon les avis les plus répandus, priver la Russie d’accès au système Swift s’apparente à empêcher le pays de se connecter à Internet. Les banques vont devoir opérer hors connexion, et dans le noir.

Maria Shagina – une experte en sanctions internationales basée à Helsinki – a déclaré ceci, à propos de cette interdiction de se servir de Swift visant la Russie :

 

« Ce pourrait être dévastateur [pour la Russie] comme cela l’a été pour l’Iran, privé d’accès à Swift en 2012 à cause de son programme nucléaire. »

Sans trop entrer dans le détail, en privant l’Iran d’accès au système Swift, on a précipité son économie dans le caniveau.

Selon Alexandra Vacroux, directrice exécutive du Davis Center for Russian and Eurasian Studies, à l’université d’Harvard, la perte de Swift a fait perdre à l’Iran la moitié de ses revenus provenant du pétrole et 30 % de son commerce extérieur. 

 

En vérité, il est impossible de savoir avec certitude à quel point l’interdiction de se servir de Swift va affecter l’économie russe. Mais, au vu de ce qui s’est passé pour l’Iran, on peut sereinement dire que l’économie russe sera immédiatement et gravement touchée.

Et toute personne tentant de vendre/exporter des hydrocarbures (pétrole et gaz) aura du mal à aller au bout d’une transaction.

Ne plus avoir le droit de se servir d’un système financier tel que Swift s’apparente à une grenade économique qui vous explose dans les mains. Même si vous survivez, vous subissez des dommages graves et durables.

Des répercussions de toutes parts

Ces sanctions vont-elles pénaliser la Russie ? Bien entendu. Mais elles se feront également ressentir au-delà des frontières russes.

L’Europe dépend des exportations russes à hauteur de 40 % de ses besoins en gaz naturel.

Ses réserves de gaz ont sérieusement baissé, à cause d’un hiver particulièrement rude, l’an dernier. Le recours à des énergies renouvelables pour fournir de l’électricité au continent s’est révélé modeste, au mieux.

Et l’Europe n’a aucun moyen de compenser ce déficit d’énergie.

Selon l’Associated Press (AP) : « Même si tous les mécanismes d’importation de GNL (gaz naturel liquide) de l’Europe fonctionnaient à pleine capacité, ce volume de gaz ne représenterait que les deux tiers, environ, de ce que la Russie envoie via des pipelines. »

Ce serait alors un hiver extrêmement rude, pour toute l’Europe.

Il y a un autre problème, et il se situe aux Etats-Unis…

Les Etats-Unis sont devenus le leader mondial de la production de pétrole ces dernières années. Mais nous avons également été leader en matière de consommation de pétrole, toutes ces années. Ce n’est que récemment que l’écart entre la production et la consommation s’est réduit.

Le gouvernement Biden se bat encore pour geler les nouvelles concessions de forage de pétrole et de gaz.

La menace d’une rupture de l’approvisionnement a provoqué une énorme envolée des cours du pétrole et du gaz (le pétrole brut a flambé au-delà de 100 $ le baril, avant de reculer).

Même si la coupure d’une source d’approvisionnement d’énergie est censée viser la Russie, ses effets négatifs se font ressentir partout. En vérité, les sanctions visant la Russie vont pénaliser plus de gens que les seuls Russes.

Ce n’est pas dénué d’importance.

En ce moment, le monde de la monnaie fiduciaire fait face à une inflation mondiale sans précédent. En janvier, les prix à la consommation étaient en hausse de 7,5 % par rapport à l’année antérieure aux Etats-Unis.

Il est incontestable que cela va continuer à faire grimper les prix de l’énergie et de l’essence encore plus haut, aux Etats-Unis.

La vice-présidente Kamala Harris nous l’a dit… « Lorsque l’Amérique défend ses principes… cela exige parfois que nous nous exposions d’une manière qui entraînera certains coûts », a-t-elle déclaré. « Dans cette situation, il pourrait s’agir des prix de l’énergie. »

Attachez bien votre ceinture car il va y avoir de la volatilité !

 

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher