Cher trader,
Franchement, l’intraday ces derniers jours, passez-moi l’expression, mais c’est un peu du grand n’importe quoi. Et en tant que base de départ de mes prises de positions ici, cela explique en grande partie mon silence radio.
D’une part, vu le contexte du moment, sauf à être proche de Poutine ou Zelenski, la sortie de news conduisant à des pumps est par nature difficilement anticipable. On l’avait déjà noté mardi soir après les propos du président ukrainien vis-à-vis à de son souhait désormais « tempéré » d’intégrer l’Otan. On l’a encore vu ce midi avec l’optimisme de Vladimir Poutine.
Et si autant mardi soir, vu le timing de survenu du mouvement, je n’aurais dans tous les cas rien pu faire (overnight oblige), le fait est par contre que depuis ce midi, je n’ai eu de cesse de me demander s’il fallait tenter un achat dans la consolidation qui suivait. Mais alors que celle-ci se poursuivait inéluctablement en séance européenne (cf mon petit post de 17h30 dans notre canal Telegram), le statu quo s’avèrera une fois de plus nécessaire.
Comme je le disais à certains d’entre vous (par mail ou autre, petit clin d’œil en passant ici à François C.), je sais que ne rien faire peut paraître frustrant par certains aspects. Maintenant, mes règles sont ce qu’elles sont. Car n’oubliez pas trop vite que si volatilité peut rimer avec gain rapide, cela est souvent aussi synonyme de risque accru. Or gagner de l’argent est important. Mais tout autant que de savoir ne pas en perdre quand cela « ne colle pas ». Ce qui était le cas depuis ce midi. Car ici, bien m’a donc pris de m’abstenir de tout achat…
Soit dit en passant, dans mon point vidéo de la veille, je vous parlais du biseau descendant journalier sur le S&P 500. Et bien l’indice élargi a de nouveau échoué sous résistance ce vendredi ; avec au final depuis lundi, des marges plus ou moins étroites (cf rectangle noir ci-dessous). Ce qui serait même presque « marrant », c’est qu’à l’instant « t » où je rédige ces lignes, l’indice élargi US est exactement au même niveau que lundi matin à 8h quand je revenais de mes congés…ce qui n’est donc pas franchement la même pour le Cac 40 dans l’intervalle.
En fait rétroactivement ce soir, le seul « vrai » regret que je peux avoir cette semaine est l’absence d’un petit achat de Call Cac lundi matin à l’ouverture. Car ensuite, soit cela ne collait plus sur la lecture intraday relative (cf lundi soir Wall Street qui clôturait en baisse de séance de 3%, rendant impossible de légitimer tout Call intraday antérieur). Soit derrière, les impulsions se sont avérées trop brutales pour nous laisser le temps d’une fenêtre de tir à l’achat. Eu égard, aux poussées impulsives du Cac 40 dès les premiers échanges mardi et mercredi matin, soit sur le future mardi, soit via un gap du cash à 9h le mercredi
Après, sur le S&P 500, déjà la tournure des choses depuis le pump de mardi soir m’avait surpris (enfin surtout la clôture rouge de la cote US le soir même). Rebelote ce midi ensuite (cf rectangle de couleur ci-dessous)…
Dans les deux cas, le fait est qu’une fois l’annonce passée aucun relai ne suit. Déjà hier, l’absence de hausse m’avait un peu surpris (surtout étant donné le newsflow corporate du poids lourd Amazon). Et à ce stade ce soir, je fais un peu la même conclusion. En cause : la remontée des taux longs qui met en lumière une certaine dichotomie sur les marchés.
Je m’explique.
D’un côté, comme l’embrasement du conflit l’a mis en lumière la semaine dernière, il est certain que l’absence d’accalmie sur le front de la guerre Ukraine sera difficilement conciliable avec un gros rebond des marchés. Au contraire, si les hostilités se poursuivent (soit dit en passant, le G7 sous l’impulsion des États-Unis pourrait retirer à la Russie son statut de partenaire commercial privilégié, ce qui impliquerait alors des droits de douane sur de nombreux produits russes – ce que, selon Bloomberg, Joe Biden serait sur le point d’officialiser), de nouveaux plus-bas ne sont pas à exclure. De l’autre, si un cessez-le-feu finit par être obtenu, un rebond suivra (probablement de manière impulsive, et du même type que ce que nous avons eu mercredi). Mais quid de son ampleur ?
Car cela ira de pair avec une nouvelle baisse des contrats obligataires (c’est-à-dire une remontée des taux longs). Comme toujours, l’argent est entré le mois dernier sur le segment obligataire pour son rôle de refuge (principe de « flight to quality« ), par effet inverse de ce que l’on a constaté sur les indices boursiers, en Europe surtout plus qu’à Wall Street (eu égard à la proximité géographique du conflit).
On voit ainsi bien ci-dessous sur les contrats Bund (« l’OAT allemand » à 10 ans) que l’argent était rentré depuis fin février et la semaine dernière (cf. rectangle de couleur bleuté ci-dessous)…
… avant de ressortir de ce segment depuis lundi (cf. flèche rouge ci-dessus) – alternance que l’on retrouve par effet inverse sur l’orientation du CAC sur ce même laps de temps (baisse jusqu’à lundi, puis rebond).
Dès lors, si l’argent continue à ressortir des contrats obligataires, on va vite se retrouver dans le même schéma qu’en janvier/février. En d’autres termes, le fait que la hausse des taux longs va vite venir plomber les valeurs Growth, Nasdaq en tête donc à Wall Street. Certes depuis, les valorisations ont été revues à la baisse (ce qui laisse désormais donc un peu plus d’upside pour un rebond à court terme). Pour autant, alors que des tensions inflationnistes sous-jacentes étaient déjà présentes depuis la fin d’année 2021 (d’où le cycle de moindre soutien monétaire enclenché par les banques centrales), la crise en Ukraine n’a fait qu’exacerber la chose. Eu égard à l’envolée de bon nombre de commo, pétrole en tête évidemment mais pas seulement.
Et en voyant ce soir le Nasdaq virer désormais assez nettement au rouge en cette fin de séance US, comme le veille déjà malgré Amazon et malgré encore la hausse d’Oracle ce vendredi (mouvement qui, en toute franchise, me surprend un peu là aussi car il trébuchait de près de 8% en after hour hier soir), cela tend à me conforter dans cette idée.
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Une fois n’est pas coutume, nous n’avons pris aucun trade cette semaine.
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert





