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Prenez votre mal en patience

Par 9 mai 2022octobre 23rd, 2022Alertes, LMA Alertes

James AltucherCher lecteur de Top 1% Altucher,

Mercredi dernier, les cours ont encore explosé après l’annonce, par la Fed, d’une augmentation des taux d’intérêts de 50 points de base.

Voici ce qui s’est passé…

Jerome Powell, président de la Fed, a augmenté les taux d’intérêts d’un demi-point et a déclaré à Wall Street que des augmentations supplémentaires de 50 points de base devraient être envisagées.

En clair : à moins que l’inflation – ou la Bourse – ne s’effondre, les prochaines réunions décideront aussi d’une nette augmentation des taux d’intérêts.

Une augmentation des taux n’est certes pas une bonne nouvelle, mais Wall Street tremblait déjà à l’idée de voir la Fed augmenter les taux de 75 points de base. Or Powell a annoncé aux investisseurs qu’une telle augmentation n’était pas « activement envisagée ». Les investisseurs ont fêté la nouvelle en achetant des actions.

Une augmentation des taux n’est pas forcément un problème.

Les cours s’effondrent lorsque Wall Street pense que les taux augmenteront trop et trop vite, ou lorsqu’il apparaît que la Réserve Fédérale devient trop restrictive dans ses objectifs de politique monétaire et force l’économie à entrer en récession.

Après l’augmentation des taux décidée mercredi, le taux directeur est désormais situé entre 0,75% et 1%. Le marché s’attend aujourd’hui à ce que cette fourchette augmente pour atteindre entre 2,75% et 3% d’ici la fin de l’année.

Malheureusement, l’inflation se maintient à environ 8,5%. Selon l’indice des prix à la consommation du mois dernier, les taux devront dépasser largement les 3% avant qu’elle ne revienne à un niveau plus soutenable.

Pour faire simple, même si Wall Street est soulagée de savoir que la Fed n’envisage pas une augmentation de 75 points de base, le marché reste baissier. Souvenez-vous : si vous n’y prêtez pas garde, les baisses vous auront à l’usure. La première règle au moment d’investir sur un marché baissier est la patience.

Tout est question de timing

Le 31 mars, c’est-à-dire il y a à peine plus d’un mois, le gouvernement Biden a tenté une démonstration de force pour faire baisser artificiellement le cours du pétrole, en indiquant qu’un million de barils de pétrole sortiraient quotidiennement de la réserve stratégique de pétrole (SPR).

(Attention, spoilers : ce genre d’opérations ne fonctionne jamais. On ne parle pas ici de la braderie du bout de la rue : le marché du pétrole est un marché mondial !)

La SPR a été créée pour parer à d’éventuelles pénuries de pétrole ou à des embargos décidés contre les États-Unis. Elle n’est pas censée être une méthode de manipulation des prix.

Jeudi dernier, le gouvernement affirmait souhaiter ACHETER du pétrole à la SPR… Ce n’est pas bon pour son image.

CNN a été la première chaîne à indiquer que l’administration avait lancé un plan visant à remplir à nouveau cette réserve stratégique. Si cette annonce n’est pas le communiqué de presse le moins bien calculé de tous les temps, c’est uniquement parce que la première tranche de 60 millions de barils n’est pas attendue avant « plusieurs années » (aucune précision n’étant fournie, par ailleurs, quant au délai précis).

Utiliser la SPR pour tenter de manipuler les cours du pétrole n’est jamais une bonne idée, mais Biden n’est pas le premier président des États-Unis à tenter le coup. Obama a sorti 30 millions de barils de la réserve en 2011, George W. Bush a utilisé la même technique en 2005, tout comme son père, George H.W. Bush, avait tenté de le faire en 1991.

Malheureusement, l’utilisation anecdotique de pétrole tiré de la SPR n’est jamais parvenue à avoir un impact durable sur les prix de l’énergie.

Le seul levier à disposition du gouvernement des États-Unis – s’il souhaite avoir un impact sur les cours du pétrole à long terme – est l’octroi de permis supplémentaires pour de nouvelles concessions pétrolières, la construction de nouveaux oléoducs ou un soutien sans faille apporté à l’industrie pétrolière et gazière. Or nous savons déjà que le gouvernement Biden n’a aucunement l’intention de faire la cour à ce secteur.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher