
Compte tenu de la reprise à laquelle nous avons assisté durant la semaine du 23 mai, personne ou presque ne s’attendait à ce que les investisseurs se battent au portillon après un week-end prolongé [NDLR : le lundi 30 mai était férié aux États-Unis, en raison du Memorial Day].
Effectivement, le réveil a été douloureux pour Wall Street, qui a ouvert les yeux mardi dernier avec une solide gueule de bois.
Dès mercredi, de plus en plus d’investisseurs parlaient d’un amoncellement de nuages noirs à l’horizon. Le sentiment des investisseurs est de plus en plus baissier.
J’ai contacté mon analyste principal, Bob Byrne, pour savoir ce qu’il se passe : voici ce qu’il m’a répondu…
L’inquiétude des investisseurs est directement liée aux propos de Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, qui a déclaré au public de la Sanford C. Berstein Strategic Decisions Conference [mercredi dernier] qu’il se préparait à un possible ouragan économique.
Jamie a entre autres dit deux choses qui ont, selon moi, fait peur aux investisseurs :
- Toute situation sans précédent doit nous pousser à remettre en question notre capacité à faire des prévisions. Nous n’avons jamais connu d’assouplissements quantitatifs (QE) à cette échelle avant… donc nous n’avons jamais observé de durcissement quantitatif (QT) à cette échelle, non plus.
- Les guerres ne se déroulent jamais comme prévu. Elles entraînent des conséquences inattendues. Dans le cas présent, la guerre provoque une tempête sur les marchés mondiaux des matières premières : le blé, le pétrole, le gaz etc. Ce qui, de mon point de vue, devrait continuer. Nous ne prenons pas les mesures adaptées pour protéger l’Europe face à ce qui attend le cours du pétrole à court terme.
Je sais que Wall Street écoute la Réserve fédérale, mais soyons clairs : même si la Fed emploie beaucoup de gens très intelligents, elle n’a pas un historique très impressionnant lorsqu’il s’agit de prédire avec précision les catastrophes économiques. Souvenez-vous : il n’y a pas si longtemps, la Fed, sous la direction de Jay Powell, affirmait que l’inflation serait transitoire et qu’un ajustement politique rapide était superflu.
Malgré la baisse récente de l’inflation, les chiffres constatés aujourd’hui ne sont pas loin d’être un record sur quarante ans. Inutile de vous dire que la Fed a perdu une bonne partie de sa crédibilité.
Concernant les idées de Jamie sur les QE et les QT…
Personne ne savait quel serait l’impact des assouplissements quantitatifs sur notre économie et sur la Bourse. Comme le dit Jamie, personne ne sait comment le marché répondra à un durcissement quantitatif. Disons les choses simplement : je ne sais pas si les nuages noirs dont Jamie s’inquiète vont s’évaporer ou se transformer en un ouragan destructeur, mais je veux bien prêter (au moins) autant d’attention à ses propos qu’à ceux du président de la Fed, Jay Powell.
Pour en revenir à la guerre et à ses conséquences sur les matières premières, j’ai entendu plusieurs variations du discours de Jamie de la part de plusieurs présidents d’entreprises pétrolières. En bref : les seules personnes qui pensent que le retrait du gaz et du pétrole russe des marchés mondiaux n’aura pas un impact catastrophique sur les marchés en question sont des universitaires qui n’ont pas ou peu d’expérience dans le monde réel.
Voilà l’analyse faite par Bob des propos de Jamie Dimon devant une salle comble, mercredi dernier.
Par ailleurs, je vous ai recommandé la semaine dernière de vendre une option put sur Zoom Video Communications (ZM). Vous avez dû vendre un put (prix d’exercice 97 $, expirant le 17 juin) autour de 2,63 $.
Je pense que cette option put expirera sans valeur la semaine prochaine, ce qui vous permettra de conserver la prime reçue pour la vente de ces options.
Bien cordialement,
James Altucher

