Cher trader,
En toute franchise, je n’ai pas compris ce rebond du Cac 40 ce matin en direction des 6000 points. Je veux bien qu’Essilor profite de l’annonce d’un lancement d’un programme de rachat d’actions ou que Michelin soit recherché dans le sillage du relèvement des prévisions de chiffre d’affaires annuel de son homologue finlandais Nokian, mais quand même. Car mis à part la rumeur d’intérêt de BNP Paribas pour ABN Amro sortie seulement en tout début d’après-midi, étant donné la clôture de Wall Street hier et le newsflow corporate outre-Atlantique (comme Adode Systems notamment), cela ne « m’emballait » guère.
Et comme de fait après un speech de Jerome Powell notamment, le rebond initial tourne au final court. Alors, on achète le CAC ici comme je l’ai attendu depuis ce matin ? Comme vous l’aurez compris avec mon silence radio, je vais dans l’immédiat temporiser compte tenu des catalyseurs actuels. Notamment le gros reflux du pétrole (scénario intraday qui, objectivement là encore, n’avait pas forcément mes faveurs ce vendredi -d’où l’intérêt de trades pas uniquement intraday, mais swing également…). En effet, malgré le sursaut d’hier soir sur les rumeurs autour de l’Iran, une production industrielle US ressortie en hausse de seulement 0,2% en mai, inférieure aux attentes moyennes des économistes (+0,4%) catalyse donc un nouvel accès baissier. On ne va pas s’en plaindre puisque nous avions deux Put sur l’or noir ouverts ce midi encore. Dès lors, vous aurez pu au « pire » reprendre -comme moi- vos billes flat sur le Brent. Au mieux, encaisser à nouveau quelques gains dans la baisse post-production industrielle US. Tant mieux (de mon côté, seul le solde des Put WTI demeure donc ouvert).
Plus largement, je retiens donc qu’après la baisse de Wall Street (sur laquelle nous avons là aussi bien capitalisé cette semaine via les Put S&P 500 soldés à +30% mardi), nous avons également vu juste sur le front de mon instance à la vente sur le baril. Mais les implications qui en découlent posent deux hypothèses opposées quant à la tendance à suivre à court terme des indices boursiers désormais :
– Soit la baisse de Wall Street se poursuit avec le reflux du pétrole, ce qui peut se légitimer alors que les Exxon Mobil et autres Chevron sont par exemple sous pression dernièrement et conduisent le Dow Jones à sous-performer ce vendredi (l’indice n’étant pas aidé non plus par le repli de McDonald’s ce jour).
– Soit, au contraire, la baisse des cours du baril est précisément une bonne nouvelle sur le front des tensions inflationnistes (car cela va les faire refluer). Auquel cas, avec une éventuelle stabilisation des taux longs US, cela pourrait alors contribuer à une stabilisation voire un rebond du Nasdaq par exemple…
Car en parlant des taux longs US d’ailleurs, il est opportun de noter que la hausse ne suit plus. Avec par exemple un rendement du 10 ans US refluant de 3,50 % mardi à 3,20% aujourd’hui (cf le mouvement inverse de rebond des contrats ci-dessous).
D’autant que sur le S&P 500 l’éventualité d’une structure en biseau descendant (figure de retournement, haussière donc) dont nous ne serions alors proche du bas est posée. Et sans aller jusqu’à envisager une sortie par le haut à moyen terme, un rebond technique de type bear market rally vers les 3900/4000 points en comblement du gap weekly ouvert lundi matin ne me semblerait alors pas impossible –cf l’idée plus ou moins équivalente sur mon graphique du Cac 40 hier en direction des 6100 points).
Maintenant une chose me dérange en particulier un peu : la lecture du VIX. Avec l’éventualité d’une accélération en sortie par le haut de la structure de compression de volatilité actuellement en place en triangle (cf flèche jaune ci-dessous).
Pour le moment donc, alors que certains indicateurs de consensus atteignent en cette mi-juin des niveaux de pessimisme extrême (même jamais constatés au plus fort de la crise du covid (cf l’indicateur Bull & Bear de Bank of America Merrill Lynch par exemple)…
…et compte-tenu du timing de reflux du Cac vers les 5850 points seulement en cette toute fin de séance, on va juste se laisser porter par la chute du baril ce soir.
Voici un récapitulatif des trades pris dernièrement :
=> Base Intraday :
WTI (Turbo Put Y712S) : en ligne avec mes commentaires introductifs, il s’en est fallu de peu (une dizaine de centimes) pour que le stop automatique sur le solde de notre ligne short initiée vendredi dernier. Mais, d’un rien, le rebond des cours lundi après-midi marginalement au-delà des 120 $ nous a sorti. Agaçant vu suite (d’où mon insistance swing en « report » ensuite). PBP à + 10% ; solde revendu sur stop automatique (flat en moyenne sur l’ensemble).
Cac 40 (Turbo Call E559S) : l’achat tenté hier sous les 5900 points n’ayant pas donné suffisamment de confirmations hier soir à l’heure de notre clôture, nous avions repris nos billes. Call revendu hier (flat).
=> Base Swing :
S&P 500 (Turbo Put 32Z0S) : alors que la baisse avait suivi, et eu égard au constat posé sur l’obligataire US dans mes propos introductifs, nous avons pris nos gains mardi. Ligne soldée à +30% mardi.
WTI (Turbo Put 1T36S) : autant la manière de sortie de nos Put plus réactifs de vendredi dernier m’a laissé quelques regrets (surtout sur un spike du genre lundi après-midi), autant je suis ensuite satisfait d’avoir su insister et y revenir plus ensuite. PBP à +12% hier ; conservez le solde.
Brent (Turbo Put 81C3S) : alors que les cours avaient repris de la hauteur hier soir, nous avons repris nos billes dans la baisse cet après-midi (voire même encaissé quelques gains en cas de revente des Put post-production industrielle US). Put revendus flat de mon côté.
Platine (Turbo Put 69S1S) : statu quo ici pour le moment. Conservez ; stop à 4,52 €.
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu
Rédacteur en chef / SMS Cash Alert






