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On réexamine notre tolérance au risque

Par 4 avril 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

Vous vous souvenez du film Cliffhanger : Traque au sommet (1993) ? Ou peut-être de Vertical Limit (2000) ?

Dans Cliffhanger, Sylvester Stallone incarne un secouriste de montagne qui, au bout du compte, doit empêcher un gang de tueurs de mettre la main sur 100 M$ d’obligations au porteur. Mais Stallone se retrouve toujours en situation périlleuse, suspendu du bout des doigts à des parois rocheuses, dans la neige et la glace.

Affiche film Cliffhanger

Dans Vertical Limit, il n’y a ni tueurs ni millions de dollars d’obligations au porteur, mais les stars Chris O’Donnell, Robin Tunney et Bill Paxton. Quand un groupe d’alpinistes se retrouve piégé sur le K2 (massif du Karakoram), le personnage interprété par Chris O’Donnell et quelques autres personnes doivent gravir la montagne avec des bonbonnes de nitroglycérine pour tenter de localiser et libérer les alpinistes bloqués.

Ces deux films ont un point commun : des scènes d’escalade horriblement périlleuses. Si vous avez le vertige ou détestez l’idée d’être suspendu à des centaines de mètres dans le vide, vous aurez à coup sûr quelques sueurs froides devant votre écran.

Si les hauteurs et l’alpinisme n’ont rien à voir avec l’investissement, ce n’est pas le cas de la tolérance au risque. Pour réussir en tant qu’investisseur, il est primordial de cerner votre tolérance au risque économique et à la volatilité des cours.

La volatilité du cours de Recharge Resources (RECHF) a été effroyable, ces trois dernières semaines, ce qui a forcé les investisseurs à réexaminer leur tolérance au risque.

Le 6 mars, les actions RECHF ont cassé leur résistance sur plusieurs mois à 0,40 $. Mais le jour suivant, le cours des actions s’est retourné à la baisse et, comme nous l’avons constaté dans les données de marché, les investisseurs ont paniqué et se sont débarrassés de leurs actions indépendamment des fondamentaux de l’entreprise.

Même si je ne peux rien faire contre le comportement irrationnel des « scalpeurs » [NDLR : investisseurs qui essayent de gagner très peu, très souvent] ou des traders court-termistes qui ne s’intéressent pas aux fondamentaux de l’entreprise, je peux examiner les mouvements du titre pour savoir si la volatilité du cours est la conséquence d’un marché irrationnel ou d’un changement intervenu dans les fondamentaux de la société.

Alors j’ai demandé à un analyste chevronné de faire des recherches, de passer des coups de fil et de découvrir si quelque chose avait changé sur le plan des perspectives de l’entreprise.

Voici ce que nous avons découvert…

Mon analyste a parlé au P-DG de l’entreprise, David Greenway, en début de semaine dernière, et lui a demandé ce qui provoquait cette extrême volatilité du cours. David a d’abord souligné que, bien que le prix spot du carbonate de lithium en Chine se soit effondré ces derniers mois, presque tous les analystes pensent que la trajectoire des cours du lithium est à la hausse, à long terme. Les cours figurant sur le graphique ci-dessous sont exprimés en yuan chinois, mais si l’on rapporte cela en dollars, le lithium a baissé aux alentours des 35 434 $ la tonne, par rapport aux 85 000 $ enregistrés en novembre 2022.

Graphique lithium yuans

Lorsque nous avons demandé à Recharge quel était son coût de production, David a déclaré que même s’il aimerait beaucoup que les prix du lithium se stabilisent aux alentours de 50 000 $ la tonne, son entreprise demeurerait extrêmement rentable s’ils se rapprochaient des 10 000 $ la tonne. En résumé, les prix spot du lithium ont flambé l’an dernier et, à présent, ils corrigent violemment.

Lorsque mon analyste a mis sur le tapis la question des activités de l’entreprise, David a déclaré que rien n’avait changé ou ne s’était dégradé, ces derniers mois. Même si la première version du rapport technique NI 43-101 a pris plus de temps que prévu (il s’agit d’un rapport extrêmement long concernant les ressources), il pense que Phil Thomas (la Personne Qualifiée) l’aura achevé d’ici une à deux semaines.

Pour mémoire, la deuxième version du rapport NI 43-101 – qui doit inclure les estimations de ressources présumées et indiquées – devrait être achevée cet été.

David a déclaré qu’il n’avait reçu que de bonnes nouvelles concernant les autres projets de l’entreprise. En fait, la société a publié récemment une mise à jour de son programme de forage hivernal sur son site de Brussels Creek, en Colombie britannique (Canada) axé sur l’or, le cuivre et le palladium.

David a résumé les progrès récemment accomplis de la façon suivante :

« Recharge avance sur tous les fronts : les forages sont en cours et le trou de forage numéro un a été achevé, avec une minéralisation observée sur le projet de cuivre-palladium-or de Brussels Creek. D’autres forages sont en cours sur le projet de saumure à teneur en lithium de Pocitos, et un programme de reconnaissance [prévu] au printemps a été autorisé sur le projet de lithium de Georgia Lake. »

Après avoir communiqué ces informations, David a réitéré que même si le marché actions se comportait de façon irrationnelle, lui et son équipe travaillaient dur et menaient tambour battant tous leurs projets.

Un entretien avec un P-DG n’est jamais complet tant que l’on n’a pas posé la question qui fâche, et mon analyste n’est pas tendre : il a carrément demandé à David s’il avait vendu des actions qu’il détenait dans Recharge, ces derniers mois. La réponse de David a été un « non » retentissant.

Il nous a expliqué que, même s’il était frustrant de voir le marché sous-évaluer quelque chose qui, selon vous, a un énorme potentiel, il avait appris au fil de sa carrière qu’il ne pouvait pas laisser le comportement de marché irrationnel à court terme influencer ou dicter ses décisions à long terme concernant son entreprise. Après tout, si la société réussit sur le plan des fondamentaux, le cours de l’action n’aura d’autre choix que de réagir positivement, en fin de compte.

Lorsque je vous ai présenté Recharge Resources pour la première fois, j’ai indiqué qu’il convenait de considérer cette action comme une option call. Lorsque vous achetez une option call, vous n’investissez que la somme que vous êtes prêt à perdre.

Je ne crois pas que Recharge va tomber à zéro.

La société s’en sort très bien, en dehors de l’affreuse volatilité de son action, ces trois dernières semaines. Elle possède une belle trésorerie, dans la mesure où elle a annoncé, début mars, avoir perçu 1 715 750 dollars canadiens à la suite de l’exercice de warrants émis en juin 2022 dans le cadre d’un placement privé.

L’extrême volatilité est une réalité, pour ceux qui investissent dans les micro capitalisations.

Si vous êtes stressé, ou que vous perdez le sommeil à cause des mouvements de l’action au mois de mars, envisagez de réduire votre position, surtout quand l’action rebondira. Sinon, sauf dégradation légitime et documentée des activités de Recharge, il n’y a aucune raison d’abandonner cette opportunité.

Surveillez vos e-mails, car je vous enverrai bientôt une nouvelle alerte avec les résultats du rapport NI 43-101 à venir.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher