Cher lecteur de Top 1% Altucher,
Il semblerait que l’année 2023 soit tout sauf ordinaire.
Sur le front économique, la Réserve fédérale – sous la houlette de son président Jerome Powell – est résolue à stopper net l’inflation. Et bien entendu, les armes qu’elle utilise, à cette fin, sont les taux d’intérêt. En l’espace de douze mois, Jerome et ses copains ont fait flamber des taux proches de zéro aux environs de 5%.
Les traders pensent de plus en plus que la Fed maintiendra les taux au sein de leur fourchette actuelle de 4,75-5%, lors de la réunion de son comité de politique monétaire du 3 mai prochain – mais c’est un ÉNORME changement par rapport à ce qu’ils prévoyaient il y a encore un mois. Le 3 mars 2023, ils évaluaient à 65% la probabilité que la Fed relève encore les taux d’un quart de point, et à environ 33% qu’elle les fasse bondir d’un demi-point.
Qu’est-ce qui a changé ? Pourquoi les traders ne s’attendent-ils pas à une nouvelle hausse des taux d’intérêt, en mai ?
La campagne de hausses agressives des taux menée par la Fed au cours de l’année écoulée a enfin un impact sur l’économie : la production ralentit, les prix des logements baissent, les loyers baissent et le nombre d’emplois à pourvoir aux États-Unis aussi.
On a l’impression que les emplois sont abondants, mais selon le rapport JOLTS (Jobs Openings & Labor Turnover Summary) du département américain du Travail, qui a été publié le 4 avril, le nombre de postes à pourvoir est passé sous la barre des 10 millions, soit le plus bas niveau depuis mai 2021. Il s’agit d’une donnée isolée, mais elle indique en temps réel un déclin du marché de l’emploi.
Et c’est ici que les choses deviennent intéressantes…
J’ai remarqué que certaines données qui circulent signalaient une diminution nette et rapide d loyers. C’est important, car le loyer représente une énorme composante de l’indice des prix à la consommation (CPI). Autrement dit, l’inflation (dans certains secteurs mais pas tous) a peut-être déjà bien plus baissé que la Fed ne le pense.
La Fed pourrait mettre la main sur ces données, si elle faisait preuve d’un peu de bon sens.
Comment ? C’est facile. Il suffit de contacter les opérateurs/propriétaires de certains des plus grands REIT du pays. Ces gens gèrent les contrats de bail et ajustent les prix pour s’assurer que leurs immeubles soient entièrement occupés. En gros, si vous voulez savoir quelle est la tendance sur les loyers, il suffit de parler à ceux qui fixent les prix et traitent les demandes de location.
Taisez ce mot que l’on ne saurait entendre
La baisse des loyers va avoir un impact sur les chiffres de l’inflation tels qu’ils sont mesurés par le CPI. Mais soyons honnêtes, dans certains secteurs économiques, les prix s’entêtent à rester élevés. Même si une inflation élevée est un problème, la situation est bien pire quand le PIB et la croissance des entreprises commencent à baisser.
La stagflation est un mot que personne n’aime brandir à la légère.
Malheureusement, si l’inflation demeure supérieure à la tendance et que la croissance économique freine, nous allons nous retrouver dans une situation où les prix seront élevés et où la croissance stagnera ou baissera. Et c’est la garantie d’un environnement économique effroyable.
Les données les plus importantes des deux prochains mois seront les chiffres de l’emploi mensuels, les données d’inflation mensuelles et les résultats des entreprises. Tout cela brossera un portrait assez clair de l’avenir économique des États-Unis.
Même si le contexte d’investissement est difficile, nous sommes bien plus proches du prochain marché haussier que du début de ce marché baissier. Mon équipe et moi continuons de constituer des listes d’entreprises que vous devriez détenir, selon nous, lorsque l’économie et le marché actions sortiront de cette morosité, qui dure depuis un peu plus d’un an.
À mesure que les conditions s’amélioreront, je vous enverrai des recommandations pour vous positionner en vue du prochain marché haussier. Alors restez à l’écoute, car la pluie finit toujours par passer et l’horizon finit toujours par se dégager. Mais, parfois, le beau temps aime se faire désirer…
Bien cordialement,
James Altucher

