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Le bear se cache sous la surface

Par 10 mai 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

La « FOMO » (pour « Fear Of Missing Out ») – la peur de rater quelque chose – est l’un des pires virus capables de frapper les investisseurs. Chaque fois que l’un d’eux remarque que Meta Platforms ou Apple grimpe de quelques dollars, il ressent le besoin de suivre le mouvement.

Ce n’est pas la première fois que je vous explique qu’un petit nombre de méga-capitalisations peut masquer la performance de centaines d’autres entreprises, mais je me suis dit que deux ou trois statistiques découvertes par mon équipe pourraient enfoncer le clou.

Vanguard propose un ETF qui réplique un indice de croissance des méga-capitalisations, dont les six principales valeurs sont Apple, Microsoft, Amazon, Nvidia, Alphabet (Google) et Tesla. L’ETF Invesco Russell 1000 Equal Weight Portfolio se situe à l’autre extrémité du spectre. Cet ETF applique une pondération semblable – si elle n’est pas parfaitement identique – aux 1 000 actions qui le composent.

Un instrument qui mesure la performance de 1 000 entreprises, par rapport à un autre qui n’en suit que quelques-unes, offre probablement une jauge plus précise du climat économique.

Par exemple, la principale participation de l’ETF de Vanguard est Apple, qui représente 16% de la performance du fonds. Mais l’ETF Equal Weighted Russell 1000 ne place que 0,51% dans sa principale participation, et presque toutes ses participations sont comprises entre 0,05% et 0,09%.

Au moment où je rédige ces lignes, l’ETF Vanguard Mega-Cap est en hausse d’environ 20,50% depuis le début de l’année, alors que l’ETF Equal Weighted Russell Fund est en baisse de 0,50% depuis le début de l’année.

Autrement dit, quelques valeurs triées sur le volet, comme Microsoft et Apple, se sont appréciées de plusieurs milliards de dollars, mais des centaines d’autres demeurent piégées dans un marché baissier (bear market).

Le gagnant rafle presque tout

Le concept de gagnant qui rafle presque tout est un phénomène selon lequel quelques entreprises privilégiées, qui ont de solides positions financières et qui dominent leur marché, prospèrent, tandis que les autres ont du mal à être compétitives. Cette tendance est particulièrement flagrante en période d’incertitude économique, lorsque les capitaux sont moins facilement accessibles et plus coûteux à obtenir.

Les investisseurs opèrent alors une migration défensive vers ces entreprises plus solides et plus stables, mieux armées pour traverser des conditions économiques difficiles. Ce phénomène s’explique de plusieurs façons.

  1. Des bilans inattaquables

Les entreprises ayant une solide position financière et un faible niveau d’endettement sont plus résilientes en période de difficultés économiques, dans la mesure où elles ont plus de flexibilité pour adapter leurs activités et stratégies.

  1. Des franchises dominantes.

Les sociétés bien ancrées sur leur marché, avec des marques de grande valeur et un socle de clients fidèles sont plus à même de maintenir – voire même de faire progresser – leurs parts de marché en période de difficultés économiques.

  1. La rareté du capital

Lorsque les capitaux sont moins disponibles et plus coûteux, les entreprises qui ont facilement accès à des financements et possèdent une solide trésorerie ont un avantage significatif.

  1. Une croissance économique plus faible

En période de ralentissement de la croissance économique, les investisseurs ont tendance à graviter autour d’entreprises qui continuent à générer des profits et à progresser, même dans un environnement difficile.

Globalement, le concept de gagnant qui rafle presque tout reflète une évolution des préférences des investisseurs en faveur d’entreprises ayant de solides positions financières et des avantages compétitifs. En théorie, cette migration défensive peut aider les investisseurs à préserver leurs portefeuilles de pertes potentielles tout en visant des opportunités de croissance à long terme.

Malheureusement, cette évolution en faveur d’un marché actions où le gagnant rafle presque tout est souvent le signe d’un marché de plus en plus vulnérable à un net déclin.

La politique de l’autruche

La communauté des analystes de Wall Street est très préoccupée par le fait que les investisseurs ne prennent pas assez au sérieux la menace de récession, le risque d’aggravation de la crise des banques régionales américaines – due à la hausse des taux d’intérêt – et le simple fait que le S&P 500 cote à un niveau très élevé de 18 fois les futurs bénéfices (P/E).

Selon moi, la plupart des actions qui cotent bien plus bas que les principaux indices et les grandes capitalisations très recherchées et soutenues, on peut sereinement supposer que les valeurs de base des indices S&P 500 et Russell 1000 s’efforcent de digérer les répercussions de la hausse des taux et les tendances économiques incertaines.

La plupart des investisseurs admettent que peu d’entreprises progressent, sur les indices S&P 500 et NASDAQ.

Et cela me laisse espérer que, lorsque les grands indices corrigeront – ce qui devrait arriver selon moi au cours des trois à six prochains mois –, les pertes se concentreront sur les méga capitalisations qui masquent actuellement toute la souffrance accablant les valeurs moyennes.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher