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La récession est portée disparue

Par 27 juin 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

Alors que le premier semestre 2023 est sur le point de s’achever, mon analyste en chef (en tournée dans des entreprises, cette semaine) me signale que la plupart des dirigeants se demandent ce qui a bien pu arriver à la récession que les meilleurs économistes de Wall Street avaient prévue pour la fin de l’année 2022.

Si cette question revient souvent dans les discussions, c’est sans aucun doute parce que toutes sortes de médias – allant du Wall Street Journal à Barron’s, en passant par CNBC et Yahoo Finance – indiquent que la récession que l’on nous avait annoncée est aux abonnés absents et que personne ne sait où elle est passée.

Le fait que l’Europe ait réussi à se procurer du gaz après que les choses ont dégénéré avec la Russie a permis à son économie de ne pas sombrer. Et soyons honnêtes : peu de pays développés évoluent en vase clos, de nos jours. Alors cette crise évitée en Europe a accordé un répit aux États-Unis.

La deuxième raison – et la plus importante – qui explique que nous n’ayons pas (encore) sombré dans une redoutable récession est la suivante : le marché de l’emploi demeure dynamique et les Américains continuent de dépenser de l’argent en restaurants, billets d’avion, croisières et autres produits discrétionnaires.

Autrement dit, bon nombre des choses qui précèdent habituellement une récession – et qui s’aggravent lorsqu’elle est déclarée – ne se sont pas produites.

Des signaux économiques mitigés

Pour prédire les récessions, on s’est appuyé pendant des décennies sur l’inversion de la courbe des taux (ou rendements) : elle intervient lorsque les taux d’intérêt à court terme sont plus élevés que ceux à long terme.

Il faut remonter jusqu’au milieu des années 1960 pour trouver une période, aux États-Unis, où l’inversion de la courbe des taux n’a pas précédé une récession.

Voici à quoi ressemble cette courbe, aujourd’hui.

Graphique Taux

Sur le graphique, les bandes verticales gris clair représentent des récessions. Chaque fois que la courbe plonge en dessous de la ligne du zéro, les taux d’intérêt à court terme étaient plus élevés que ceux à long terme et la courbe des taux était inversée.

En ce moment, il est incontestable que la courbe est inversée : elle est pratiquement dans le caniveau !

Mais les récessions ne se produisent pas forcément au moment de l’inversion de la courbe des taux. Si l’on observe de plus près le graphique, on voit que les taux se normalisent, en général, avant qu’une contraction économique ne soit déclarée.

Mon analyste en chef rend souvent visite à des entreprises. Chaque fois que je lui demande ce qu’il observe, il m’indique que les aéroports sont bondés, qu’il y a rarement un siège vide dans l’avion et, cette semaine, il a presque dû changer d’hôtel à la dernière minute, car le sien était surbooké.

Autrement dit, s’il y a une récession, elle est localisée et non nationale.

L’économie opère à son propre rythme

Le véritable enseignement à tirer de tout cela est le suivant : bien que les taux d’intérêt aient grimpé en flèche, que le marché de l’emploi soit vigoureux et que la courbe des taux soit inversée, les récessions ne vont et ne viennent pas conformément à un calendrier défini.

Il ne serait pas avisé de négliger le pouvoir prédictif d’une inversion de la courbe des taux. Mais cette inversion n’indique pas non plus qu’une récession est imminente, seulement que les conditions sont réunies pour qu’une contraction économique se produise.

Tant que les taux d’intérêt sont supérieurs au taux d’inflation déclaré – et beaucoup de monde pense que c’est le cas –, nous évoluons dans un contexte de resserrement monétaire. Cela veut dire que l’économie court le risque, au mieux, d’enregistrer une faible croissance et, au pire, de sombrer dans une récession.

Surveillez bien vos messages au cours des semaines à venir. Mon analyste en chef et moi avons identifié une entreprise qui a déjà reçu une offre de rachat à son cours actuel. Mais après avoir discuté avec ses dirigeants, nous pensons qu’elle vaut bien plus. Je vous en dirai plus à son propos une fois que j’aurai achevé mes recherches.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher