Cher lecteur de Top 1% Altucher,
Nous sommes au beau milieu du rally de marché le moins apprécié – et auquel on se fie le moins – de toute ma carrière.
Aux États-Unis, deux indicateurs d’inflation essentiels, l’indice des prix à la production (PPI) et l’indice des prix à la consommation (CPI), ont affiché des plus-bas sur plusieurs années, la semaine dernière.
Mais on s’attend tout de même à ce que la Fed relève les taux, ce mois-ci.
Actuellement, les taux d’intérêt se situent entre 5% et 5,25%. Mais d’ici le 27 juillet – soit dans moins de deux semaines, à présent –, ils devraient bondir vers les 5,25%-5,50%.
Vous rappelez-vous que les analystes de Wall Street évoquaient une baisse des taux, début 2023 ? Si l’on se fie aux contrats à termes (futures) sur les Fed Funds, que mes analystes surveillent au quotidien, la probabilité que l’on assiste à une baisse des taux ne dépasse pas les 50%, au moins jusqu’à la mi-mars 2024. Plus simplement, la Fed n’a pas l’intention de les baisser de sitôt.
Bien que le cycle de hausses des taux s’approche probablement de son terme, les consommateurs et les entreprises devraient s’attendre à ce que les taux restent élevés pendant au moins huit à douze mois, encore.
La saison des résultats offre du bon et du mauvais
Traditionnellement, les banques font partie des entreprises qui donnent le coup d’envoi de la saison des résultats. Et donc, le 14 juillet, JPMorgan Chase & Co, Citigroup, Wells Fargo et State Street ont publié leurs résultats du deuxième trimestre.
Toutes ces banques ont surpassé les attentes de Wall Street en ce qui concerne les bénéfices, et JPMorgan a particulièrement surpris tout le monde en pulvérisant les prévisions.
Apparemment, les résultats du deuxième trimestre sont excellents !
Mais il y a du bon et du mauvais, dans l’air.
Du côté positif, les banques publient de bons résultats, et ces résultats du deuxième trimestre représenteront probablement un plus-bas (le creux) sur les douze prochains mois. Considérez cela comme la nuit noire avant l’aube.
Mais il y a un inconvénient, et il n’a pas grand-chose à voir avec les bénéfices…
Le non-dit, ce sont les valorisations. Elles ont flambé ! Les fortes valorisations ont le don de bloquer le système et d’être le petit grain de sable dans les rouages d’un très bon rally de marché haussier.
Voyez-vous, même si les entreprises publient des profits et des résultats brillants, ces valorisations élevées peuvent empêcher les cours de prendre de l’élan et de grimper.
Le S&P 500 affiche actuellement une valorisation projetée (à quatre trimestres) d’environ 19,2, soit très éloignée d’un multiple caractéristique d’une récession ou d’un marché baissier. En fait, avec un multiple reflétant 19,2 fois les prévisions de résultats, le S&P 500 cote bien au-dessus de sa moyenne sur dix ans, qui est de 17,5.
Et pour que les choses soient bien claires, sachez que le S&P 500 a évolué sur un marché haussier au cours de la quasi-totalité de la dernière décennie.
Le S&P 500 est loin d’être aussi bon marché aujourd’hui, avec ce multiple de 19,2, qu’il ne l’était en janvier avec un multiple inférieur de 11%.
La marche à suivre
En gros, le rally du S&P 500 et du Nasdaq doit s’élargir considérablement.
Je sais que je l’ai déjà dit, mais c’est important.
S’ils s’appuient entièrement sur une poignée de valeurs, les rallys de marché haussier ne sont pas durables, à long terme. Or le rally actuel s’appuie dans une vaste mesure sur la vigueur d’actions comme Apple, Microsoft et Nvidia. Ce sont toutes d’excellentes entreprises, mais elles sont désormais hors de prix.
L’indice S&P Technology, où ces trois entreprises font office de leaders, affiche un multiple cours/bénéfices projetés de plus de 27, ce qui est bien au-dessus de sa moyenne sur dix ans, qui est d’environ 19.
D’un autre côté, huit des dix autres secteurs du S&P affichent des valorisations plus basses que leur moyenne ou bien à peine au-dessus.
Conclusion : même si les grands acteurs technologiques sont attirants et affichent un excellent momentum, le plus simple pour qu’un rally de marché haussier soit durable, serait que les acheteurs délaissent les Apple et Nvidia du monde pour se reporter sur d’autres secteurs qui sont moins chers.
Bien cordialement,
James Altucher

