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Un mois d’août qui ébranle les haussiers

Par 30 août 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

Depuis plus de trente ans, j’entends les gens parler à la télévision des « Dog Days of Summer ».

En tant que novice en matière de trading, on vous dit – pour une raison ou une autre – de faire attention pendant cette période, mais même les vétérans de Wall Street ont du mal à se rappeler la véritable raison justifiant d’éviter cette période.

Le terme fait référence aux journées particulièrement chaudes et humides qui font suffoquer l’hémisphère nord entre début juillet et fin août. Au lieu de vous parler de Sirius, l’une des étoiles de la constellation Canis Major qui est à l’origine de cette expression, parlons de ce qui se passe aujourd’hui sur les marchés financiers.

Bien que les volumes de transactions et les niveaux de participation se contractent pendant l’été, le repli des cours que nous constatons actuellement a peu à voir avec une constellation, la chaleur ou l’humidité.

Les actions flanchent

Les indices Nasdaq, S&P 500 et Russel 2000 (petites capitalisations) se sont tous repliés, ce mois-ci. C’est le Russel qui a été le plus touché, avec une baisse de près de 8% au mois d’août. Le Nasdaq et le S&P 500, quant à eux, sont en baisse de 4,6% à 6%.

Observez le graphique de l’ETF QQQ, qui réplique la performance du Nasdaq.

Graphique QQQ

On voit bien cette tendance régulière à la hausse, en juin et juillet. Ce qui est délicat, c’est de déchiffrer comment se comporte QQQ aujourd’hui.

Le canal baissier (en violet) a fait espérer aux techniciens du marché que QQQ traversait une période de consolidation haussière. Lorsque les actions ont opéré un rally, mercredi dernier, on aurait pu croire que les haussiers étaient sur la bonne voie. Mais jeudi est arrivé et les actions ont subi de fortes ventes.

Cette dégringolade des actions s’explique aisément : l’optimisme autour des actions centrées sur l’IA (intelligence artificielle), notamment Nvidia, a atteint un point critique. Même si Nvidia a publié de solides bénéfices, les hausses qui ont précédé l’ouverture du marché ont encouragé les investisseurs à encaisser leurs gains. À mesure que les ventes s’intensifiaient, les investisseurs n’ayant investi que très récemment dans Nvidia ont paniqué et vendu.

Toutefois, ce qui s’est produit jeudi pour Nvidia n’est qu’une infime partie de l’équation. Rappelez-vous, des multitudes d’actions ont cédé du terrain…

Un mois réputé pénible

En dehors de la chaleur torride de l’été, le mois d’août a la réputation d’être un mois difficile en Bourse.

Au cours des décennies, le S&P 500 est rarement parvenu à réaliser un gain moyen de 0,1%, en août. Alors c’est l’un des pires mois, pour les actions. Si l’on remonte sur vingt ans, cette performance d’août passe d’un gain à une perte de 0,1%.

Les faibles volumes de transactions et une participation réduite l’expliquent en partie, mais pas autant que le désir des traders d’encaisser des gains avant le mois de septembre, historiquement le deuxième pire mois de l’année.

Au cours des dix dernières années, le S&P 500 a perdu en moyenne 1% à chaque mois de septembre. Le mois de septembre 2022 a été particulièrement horrible, avec une chute de plus de 10% sur le Nasdaq.

En vérité, les traders deviennent nerveux à l’approche du mois de septembre. Cela a toujours été le cas, et cela le sera probablement toujours.

La Chine et les taux d’intérêt

Les deux autres facteurs qui ont contribué à cette baisse de marché, en août, sont la faiblesse économique persistante en Chine et les taux des bons du Trésor américain qui ne cessent de grimper.

Commençons par la Chine.

La plupart des professionnels de l’investissement ne considèrent plus la Chine comme un investissement à part. Lorsqu’elle a des difficultés ou qu’elle flanche, les investisseurs américains finissent par en souffrir dans une certaine mesure.

En début de mois, les chiffres des ventes au détail (pour le mois de juillet) publiés par la Chine ont été décevants. Ces données, ainsi qu’une production industrielle en berne, ont effrayé les investisseurs américains.

On oublie facilement qu’un ralentissement en Chine finit par avoir un impact sur les entreprises américaines qui s’appuient sur ce pays pour faire progresser leur chiffre d’affaires.

La faillite d’Evergrande, gigantesque entreprise immobilière chinoise, le 17 août, a finalement accablé les investisseurs. Sans trop m’appesantir sur la façon dont un nouveau fiasco immobilier chinois pourrait affecter les investisseurs américains, sachez simplement qu’en plus des mauvaises nouvelles économiques, les preuves que la deuxième économie mondiale enregistre – au mieux – de médiocres performances, sont en train de s’accumuler.

Si l’on se tourne vers les taux d’intérêt, dans le cadre du Symposium de la Réserve fédérale à Jackson Hole, Jerome Powell a annoncé que les taux pourraient être relevés pour contenir l’inflation. Or les investisseurs deviennent de plus en plus nerveux face à la hausse persistante des taux (ou rendements) des bons du Trésor américain à 10 ans.

Il faut cerner l’un des concepts de base concernant la hausse des taux du bon du Trésor américain à 10 ans. Si les taux augmentent, ils finissent par faire concurrence aux actions, pour les investissements institutionnels. Or, ces taux ayant atteint leur plus haut niveau depuis 2007, je crois qu’une bonne partie de la baisse du marché actions, au mois d’août, a été motivée par une rotation des actions vers les obligations.

À l’avenir

L’histoire nous montre que les prochaines semaines pourraient être agitées. Mais voilà, bien que le mois d’octobre ait la réputation d’être le théâtre de catastrophes pour le marché, c’est souvent un excellent mois.

Août et septembre sont deux mois au cours desquels les haussiers se prennent les pieds dans le tapis. Mais nous n’investissons pas dans la perspective des deux prochains mois ou semaines. Nous avons un regard à long terme. Alors ne laissez pas cette volatilité à court terme vous ébranler.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher