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Cannabis : catalyseur en vue

Par 19 septembre 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

Je ne me souviens pas que le HHS (U.S. Department of Health and Human Services, département américain de la santé et des services sociaux) ait jamais fait quoi que ce soit qui donne le sourire aux investisseurs.

Mais cela a changé fin août, lorsque ce service a officiellement recommandé à la DEA, l’agence chargée de lutter contre le trafic de drogue, de déplacer le cannabis de l’Annexe I à l’Annexe III des substances contrôlées.

Voici ce qu’a écrit Xavier Becerra, le secrétaire du HHS, dans un message concernant la recommandation effectuée par son département :

« Je peux désormais partager avec vous qu’en s’appuyant sur les données et la science, le HHS a suivi les directives que m’a adressées le président Biden afin que mon département transmette à la DEA une recommandation concernant la marijuana. Nous avons fait le nécessaire pour qu’une évaluation scientifique soit réalisée et communiquée rapidement. »

La décision finale n’a pas été prise, mais la DEA a déclaré qu’elle allait débuter une étude formelle. Pour autant, la DEA a rappelé à tout le monde que, même si elle allait prendre en compte les travaux de la FDA, ce serait bien elle qui prendrait la décision finale, et qu’elle n’était pas tenue de respecter la recommandation du HHS.

Avant de discuter de l’impact qu’aurait cette requalification du cannabis sur les investisseurs, j’aimerais souligner que Scot Fortune, analyste chez Roth MKM, a déclaré à ses clients qu’historiquement, la DEA n’était jamais allée à l’encontre d’une recommandation émanant du HHS.

Autrement dit, même si la requalification n’est pas encore à l’ordre du jour, les probabilités penchent en sa faveur.

Et vous comprendrez dans un instant pourquoi cette requalification pourrait donner un sérieux coup de pouce à tous les opérateurs du cannabis américains et investisseurs de ce secteur.

Les charges fiscales

On ne ressentira pas du jour au lendemain les avantages liés au transfert du cannabis de l’Annexe I vers l’Annexe III des substances contrôlées. Mais sur le plan fiscal, cela pourrait faire une énorme différence dès le premier trimestre.

La section 280E du Code fiscal américain représente un défi considérable, pour les acteurs du secteur du cannabis. Elle soumet à la torture les entreprises du cannabis depuis le premier jour, dans la mesure où elle leur interdit de déduire les charges associées à la vente d’une substance figurant à l’Annexe I des substances contrôlées, ce qui les empêche pratiquement d’être rentables. Avec la requalification, ces entreprises pourraient soudain déduire toutes ces charges, ce qui allègerait considérablement le poids de la fiscalité et renforcerait potentiellement leur rentabilité.

Je ne dis pas que toutes les entreprises vont devenir rentables du jour au lendemain, mais celles qui ont prospéré en période de prohibition devraient voir leur croissance et leur rentabilité augmenter considérablement.

Le commerce entre États

La requalification pourrait également ouvrir la porte aux échanges entre États, ce qui est interdit pour les substances figurant à l’Annexe I.

L’impossibilité de transférer des produits d’un État à un autre crée des déséquilibres de l’offre et de la demande qui affectent aussi bien les consommateurs que les entreprises. Certains États ont trop de produits, ce qui les conduit à baisser les prix et donc à être moins rentables, alors que d’autres sont confrontés à des pénuries et à des prix élevés. La possibilité de transporter du cannabis d’un État à un autre pourrait donc accroître la stabilité et l’efficience de ce marché.

Rappelez-vous, tout ce qui pourra supprimer les frictions dans ce secteur sera bénéfique pour le marché et les investisseurs.

La recherche médicale

Il n’y a pas eu beaucoup de discussions à propos de la recherche médicale, mais cette requalification pourrait ouvrir la voie à de nouvelles opportunités de recherche.

La recherche sur les substances figurant à l’Annexe III subit généralement moins de restrictions. Alors cela pourrait aboutir à de nouvelles applications médicales du cannabis et à une meilleure compréhension de ses dangers et de ses bienfaits.

Cet avantage pèserait largement en faveur des entreprises du cannabis qui possèdent une division médicale. Mais tout ce qui fera avancer le marché du cannabis est un véritable avantage pour les investisseurs.

Les banques

Bien que cette requalification soit probablement fantastique pour le secteur, l’accès aux services bancaires demeurera un problème.

Même si le cannabis est requalifié en substance de l’Annexe III, il est peu probable que cela remédie totalement aux problèmes bancaires auxquels est confronté le secteur.

Comme vous le savez, les établissements financiers se méfient presque toujours des activités associées aux substances contrôlées au niveau fédéral, quelle que soit l’annexe dans laquelle elles figurent. Pour le banques, « mieux vaut prévenir que guérir ».

Mais il y a quand même de bonnes nouvelles, sur ce front.

Selon Marijuana Moment, le sénateur Chuck Schumer a réaffirmé en début de mois son engagement à faire avancer la réforme bancaire relative au cannabis lorsque le Sénat reprendrait ses travaux après la pause du mois d’août.

Lors d’un discours prononcé devant les sénateurs, Schumer a présenté une série d’objectifs législatifs à court terme, dont celui de faire avancer le secteur du cannabis via la loi SAFE Banking Act. Il a souligné qu’il fallait le soutien des deux partis, pour avancer sur ce SAFE Banking Act, mais il est clairement engagé dans cette cause.

Nous savons tous que l’adoption du SAFE Banking Act ne sera pas facile. À Washington, les deux partis ont du mal à s’entendre sur quoi que ce soit. Mais selon le ton adopté par le sénateur Schumer, je crois qu’il est prudemment optimiste concernant ses chances d’accomplir une réforme bancaire significative avant les élections de 2024.

En conclusion, la requalification du cannabis pourrait (et POURRA probablement) représenter un catalyseur, pour le secteur du cannabis, en offrant des avantages fiscaux, en permettant le commerce entre États, en assouplissant les restrictions bancaires et en encourageant potentiellement de nouvelles recherches médicales.

Bien que je reste convaincu que le chemin sera semé d’embuches, avant la requalification du cannabis et l’adoption du SAFE Banking Act, ceux qui investissent dans le cannabis ont toutes les raisons d’avoir le sourire.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher