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Quels métaux acheter pour faire face à une récession ?

Par 16 mars 2022octobre 20th, 2022Articles La Chronique Agora

Toutes les matières premières ne réagissent pas de la même manière aux crises. Pour savoir quels métaux industriels ou précieux méritent le plus votre investissement, une étude des crises passées s’impose…

Mon équipe et moi-même avons étudié et sélectionné les principaux métaux à posséder avant, pendant et après une crise financière.

Le résultat de nos recherches met en évidence des pistes possibles de profits pour votre portefeuille. Ces informations sont cruciales au moment où je vous écris, car nous sommes depuis le début de l’année dans une période de ralentissement du marché…

Cela peut sembler inquiétant : dans un marché baissier ou un krach, il faut protéger son patrimoine contre de grosses pertes. Mais il existe également des opportunités de profits importants après un effondrement des marchés financiers.

Le potentiel de tels gains rend un krach financier un peu moins effrayant… voire même quelque chose dont il faut profiter.

Alors, comment vous protéger et organiser votre portefeuille pour en tirer des profits dès maintenant ?

Comment nous avons analysé la performance des métaux

Mon équipe et moi-même avons examiné les performances des différents métaux lors des crises passées.

Nous avons compilé ces données pour les quatre dernières grandes crises financières (hormis le krach lié au Covid-19 de 2020).

Nous avons analysé l’effondrement des valeurs japonaises (1990-1992), la crise financière asiatique (1997-1998), la bulle Internet (2000-2002) et la crise financière mondiale (2007-2009).

Nous avons ensuite étudié tous les métaux pour lesquels des données historiques sont disponibles : or, argent, platine, palladium, cuivre, zinc, vanadium, étain, nickel et aluminium. Nous avons ensuite tracé leurs performances moyennes durant les trois « actes » de chaque crise.

Ces « actes » sont : un an avant la crise ; pendant la crise ; un an après la crise (la reprise). Ils nous ont montré trois choses.

Premièrement, nous avons repéré quels métaux se sont bien comportés sur la phase d’avant-crise.

Deuxièmement, nous avons déterminé quels métaux étaient la meilleure réserve de valeur lorsque les investisseurs paniquent.

Enfin, nous avons identifié quels métaux il vaut mieux acheter au plus fort d’une crise, de manière à profiter de la reprise qui se produit historiquement l’année qui suit un krach.

Les résultats de notre étude (et comment en profiter)

Nous vivons une époque sans précédent… Il est donc trop tôt pour prédire comment chacun de ces métaux va se comporter aujourd’hui.

Mais, en analysant leurs performances lors des crises passées, nous pouvons avoir une idée précise des matières premières à surveiller de près.

Les graphiques ci-dessous montrent la performance moyenne des dix métaux mentionnés précédemment au cours des quatre dernières grandes crises.

Commençons par les cinq premiers : or, argent, platine, palladium et cuivre…

Et voici les cinq suivants : zinc, vanadium, étain, nickel et aluminium…

Je propose de répartir ces métaux entre métaux de base principaux, métaux de base secondaires et métaux précieux.

Je vous propose également une conclusion pour chaque catégorie.

Principaux métaux de base (cuivre, zinc, nickel et aluminium)

Les périodes économiques difficiles peuvent frapper durement les métaux de base. Au cours des quatre derniers krachs, les métaux les moins performants ont été l’aluminium, le cuivre, le zinc et le nickel.

En moyenne, ils ont chuté de 25% à 45% pendant les paniques du marché.

Cette performance est logique, étant donné les liens de ces métaux avec l’activité industrielle. Lorsque l’économie subit des chocs importants, les investisseurs laissent tomber ces métaux en premier.

Les investisseurs spéculatifs négocient également ces métaux dans le monde entier. Et lorsque les marchés s’effondrent, ils liquident les positions spéculatives.

Les métaux de base principaux enregistrent de légers gains avant un krach. Mais c’est surtout après qu’ils brillent vraiment.

Dans l’année qui a suivi les krachs majeurs, le nickel a gagné en moyenne 87%. Le cuivre et le zinc ont enregistré des gains moyens sur un an de 29% et 22%, respectivement.

Conclusion : Lorsque les marchés subissent une correction ou un effondrement important, comme aujourd’hui, il faut être très sélectif avec les métaux de base principaux. La meilleure stratégie consiste à acheter des entreprises de métaux de base détenant également des stocks de métaux précieux importants.

Si les marchés se rétablissent, l’achat au plus bas d’actions liées à des métaux de base pour profiter du rebond à venir est une stratégie gagnante.

Métaux de base secondaires (étain et vanadium)

L’un des résultats les plus intéressants de nos recherches est que les métaux de base secondaires ont étonnamment bien résisté.

L’étain et le vanadium ont tous deux enregistré des gains solides au cours des années précédant les crises. Mais contrairement aux principaux métaux de base, l’étain n’a chuté en moyenne que de 12% pendant les crises.

C’est mieux que les métaux précieux (argent, platine et palladium). J’y reviendrai plus loin.

Le vanadium a même affiché un gain moyen de 1% pendant les crises.

Conclusion : Les métaux de base secondaires sont de bonnes stratégies dans le marché instable actuel. Même si le marché général continue de souffrir, ces métaux conservent leur valeur.

L’une des principales raisons pour lesquelles ils ont bien résisté aux crises est qu’il y a eu peu de transactions spéculatives sur les métaux secondaires.

Mais une mise en garde s’impose : ce n’est plus le cas ces dernières années.

Des ETF (exchange-traded funds ou fonds indiciels côtés), permettent depuis quelques années de faciliter un investissement assez large dans ces métaux secondaires – en particulier ceux liés aux batteries des véhicules électriques.

C’est pratique, en règle générale. Mais cela a aussi un effet secondaire assez problématique : cette spéculation croissante pourrait rendre les prix de ces métaux plus volatils en cas de crise que précédemment.

C’est ainsi déjà le cas avec l’étain par exemple, dont le prix a presque triplé depuis septembre 2020 (et presque doublé en un an), dans un mouvement de hausse presque continu.

Métaux précieux (or, argent, platine et palladium)

Nos recherches montrent que l’or est la voie à suivre en période d’incertitude.

Lors des quatre dernières crises financières majeures, à l’exception du vanadium, l’or a été le seul métal dont la valeur a augmenté pendant les krachs. Il a gagné en moyenne 3%.

Le métal jaune a également enregistré des gains avant et après les krachs, avec une hausse moyenne de 4% l’année précédant le krach et de 10% l’année suivante.

Il est intéressant de noter que l’argent-métal a fait beaucoup moins bien pendant les krachs. L’argent a chuté de 13% en moyenne… et a à peine enregistré des gains dans les années qui ont précédé ces krachs.

En revanche, le platine et le palladium se sont bien comportés l’année suivant un krach, avec une hausse de 20% et de plus de 40%, respectivement.

Conclusion : L’or est le placement le plus sûr en période d’incertitude. Il conserve bien sa valeur et offre des gains solides.

L’argent-métal n’est pas aussi fiable et a tendance à subir un choc beaucoup plus important en cas de crise. Il rebondit bien après la fin de la tempête, il est donc préférable d’attendre le creux de la vague avant de prendre position.

Et si le platine et le palladium souffrent tous deux en cas de crise, pour la même raison que les métaux industriels, ils peuvent réaliser des gains solides avant ou après celle-ci.