Cher lecteur de Top 1% Altucher,
Je ne sais plus comment la conversation a commencé. Mais en début de mois, alors que j’étais à Las Vegas pour la conférence de notre groupe de publications, mon analyste en chef, Bob Byrne, et moi avons commencé à parler de l’impact que les attentats du 11 septembre 2001 avaient eu sur l’économie et le marché actions, à l’époque.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont eu un impact émotionnel effroyable.
D’après ses souvenirs, Bob était en train de faire des trades avant l’ouverture des marchés, ce jour-là, et Cisco (CSCO) était affiché sur son écran d’ordinateur, quand la nouvelle des attentats est tombée. Avec tous les autres, dans la salle des marchés, il a dévisagé avec horreur l’écran de télévision, alors que d’énormes nuages de fumée noire tourbillonnaient des tours avant qu’elles ne s’effondrent totalement.
Les traders avaient le temps de prendre des positions courtes (pari à la baisse) sur les futures du S&P 500 ou de faire des trades sur quelques actions spécifiques, mais presque personne n’était à son poste de travail. Tout le monde dévisageait les téléviseurs, alors que défilaient les nouvelles concernant ce ravage.
Je suis sûr que vous avez vos propres souvenirs de cette horrible journée. Mais parlons de ses conséquences économiques, un instant.
Les transactions ont été stoppées sur le marché actions peu après les attentats et n’ont pas repris avant le 17 septembre. Ce fut la suspension de marché la plus longue en près de 70 ans. Lorsque les transactions ont repris, les actions ont plongé.
Les prix de l’or ont bondi, alors que tout le monde se précipitait sur des valeurs refuge. Les prix du pétrole et du gaz ont crevé le plafond, de peur que les robinets de pétrole ne se ferment au Moyen-Orient. Des histoires de pénurie de pétrole et de files d’attentes à la pompe rappelant celles des années 1970 ont fait frémir les Américains.
Mais comme c’est souvent le cas, les pires scénarios ne se sont pas concrétisés.
Les gens qui gardaient la tête froide ont eu le dessus. Tandis que les blessures émotionnelles et physiques de ces effroyables attentats étaient encore vives, l’impact sur les activités économiques et les consommateurs américains a été moins grave.
Rappelez-vous, l’économie et le marché actions souffraient déjà des effets de l’éclatement de la bulle Internet. Mais les évènements tragiques du 11 septembre n’ont pas marqué le début d’une grande dépression, contrairement à ce que bon nombre de personnes craignaient.
Ce fut même tout le contraire.
Bien que les actions aient baissé encore en 2002, la période post-attentats de 2001 n’a rien eu à voir avec ce que les chroniqueurs avaient prédit.
Dès l’été et l’automne 2002, les actions établissaient un plus-bas à long terme.
Pourquoi évoquer le 11-Septembre ?
Bien qu’il soit essentiel que vous et moi, en tant qu’investisseurs, ne cédions jamais à la panique aux premières heures d’une catastrophe, la décision du Hamas de lancer des milliers de missiles sur Israël signifie que les Israéliens sont confrontés à leur propre 11-Septembre.
Ce qu’il va se passer ensuite pourrait avoir un grave impact sur votre vie personnelle et votre portefeuille.
Je ne place pas les performances des entreprises et des marchés au-dessus de l’effroyable nombre de morts et de blessés en Israël. Ce qu’il se passe me rend malade. Mais ma mission est de vous expliquer l’impact que ces évènements auront sur l’économie, les activités mondiales et, plus important encore, votre portefeuille.
La grande inconnue, à ce stade, est la question de savoir si Benjamin Netanyahou a suffisamment de preuves pour pointer du doigt l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique en Iran.
Le monde entier sait déjà que Khamenei déteste Israël.
Il a ouvertement déclaré que l’Iran « embrasse les mains de ceux qui ont planifié l’attaque contre le régime sioniste [Israël] » et que son pays « soutiendrait les combattants palestiniens jusqu’à la libération de la Palestine et de Jérusalem ». Il affirme également que Téhéran n’est pas à l’origine de l’attaque du Hamas.
Si Netanyahou produit assez de preuves désignant Khamenei, cela porterait vraisemblablement la guerre entre Israël et la Palestine à un tout autre niveau. Les États-Unis seraient probablement contraints d’adopter une posture plus agressive contre l’Iran.
Les cours du pétrole brut s’envoleraient, de crainte que le Détroit d’Ormuz ne soit fermé ou transformé en champ de mines. L’or et le Bitcoin, considérés comme valeurs refuge, s’apprécieraient. Les marchés actions du monde entier chuteraient nettement.
En résumé, le marché attend la preuve révélant clairement si l’Iran a – oui ou non – joué un rôle dans l’attaque du Hamas sur Israël.
Un élément vital pour le marché du pétrole
Je tiens à m’assurer que vous avez bien compris l’importance du Détroit d’Ormuz, car le potentiel d’escalade est bien réel, en Israël. Et toute discussion concernant l’implication de l’Iran donnera vraisemblablement lieu à des discussions concernant ce détroit.

Le Détroit d’Ormuz se situe entre Oman et l’Iran. Contrairement à ce que l’on entend souvent dans les médias, cette région n’est pas seulement stratégique pour l’Iran. Si l’on se base sur les chiffres de ces quelques dernières années, près d’un cinquième du pétrole mondial passe par ce passage.
En plus de l’Iran, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Irak exportent des quantités colossales de pétrole via ce détroit. Et le Qatar exporte la majeure partie de son gaz naturel liquéfié (GNL) via ce même détroit.
En bref, tout exportateur situé au nord du détroit et devant acheminer son pétrole vers le Golfe d’Oman et la mer d’Arabie est contraint de passer par le Détroit d’Ormuz.
Par le passé, l’Iran a déjà menacé de perturber les livraisons de pétrole internationales passant par le Détroit d’Ormuz, surtout lorsque le pays voulait mettre les Américains en colère.
Il est réaliste de s’attendre à ce que l’Iran joue cette carte s’il se fait pointer du doigt par Israël, et si les États-Unis sont contraints de jouer un rôle significatif pour éliminer le Hamas et punir Téhéran.
Un optimisme infondé ?
Beaucoup d’analystes et de traders sont déroutés par la résilience du marché actions face à ce qu’il se passe en Israël. J’ai appris que beaucoup d’investisseurs voulaient parier contre le marché actions, en anticipant que la guerre allait s’aggraver au cours des semaines à venir.
Les traders adoptent une attitude attentiste jusqu’à ce que les investisseurs aient plus d’informations concernant l’implication de l’Iran et une potentielle progression de la participation américaine au conflit.
Même si ce qui suit peut ressembler à du capitalisme froid et dénué d’émotions, ce qu’il se passe en Israël pourrait ne pas avoir un impact considérable sur les résultats du quatrième trimestre des entreprises du S&P 500. C’est là-dessus que se concentre Wall Street.
L’optimisme ou la complaisance du marché sont-ils infondés ? Peut-être.
Mais selon mon expérience de trader, gérant de hedge fund et entrepreneur, ces 25 à 30 dernières années, c’est ainsi que le marché réagit, traditionnellement, jusqu’à ce qu’il ait une raison d’appuyer sur le bouton « alerte rouge ».
Bien cordialement,

James Altucher
