
1999 : « Ne montez pas dans la voiture d’un inconnu. »
2009 : « Ne faites pas de rencontres sur Internet. »
2019 : « Commandez-vous un inconnu sur Internet et montez dans sa voiture. »
Nous vivons une époque folle. On a l’impression que de nouvelles entreprises dites « transformatives » [NDR : qui a la puissance de transformer] et « disruptives » [NDR : qui rompt avec l’existant] surgissent chaque mois. Alors pourquoi les transports y échapperaient-ils ?
Bien entendu, je ne prédis pas la fin de la voiture et des SUV, surtout en zones urbaines et rurales. Toutefois, un grand changement est en train de se produire, en ce qui concerne notre premier choix de transport urbain.
Cela s’appelle le VTC [NDR : véhicule de tourisme avec chauffeur/voiture à la demande avec chauffeur].
Et quelle est la plus grande entreprise de VTC qui existe ? Uber (NYSE : UBER).
« Faut-il que j’appelle un Uber ? »
L’action Uber est peut-être encore toute fraîche – après une introduction en Bourse en mai 2019 – mais la société a été créée il y a dix ans par deux fondateurs qui ne parvenaient pas à trouver un taxi, à Paris, pendant une tempête de neige.
Et ces deux fondateurs ne sont pas les seuls à avoir besoin de moyens de transport plus rapides et pratiques. Désormais, presque tout le monde sait ce qu’est « un Uber« .
La société compte près de 100 millions de clients dans le monde, répartis dans 83 pays desservis par 3 millions de conducteurs, environ. Au cours des dix prochaines années, les experts du marché prévoient que le marché du VTC pourrait atteindre les 285 Mds$, les VTC prenant le pas sur les taxis.
Si les chauffeurs sont le moteur actuel du secteur (sans mauvais jeu de mot), un basculement vers les voitures sans chauffeurs pourrait se produire, à l’avenir.
Pour Uber, cela éliminerait les frais de chauffeur, et pourrait augmenter le résultat de l’entreprise.
Cela préserverait l’approche « asset-light » [NDR : entreprise possédant peu d’actifs] adoptée par l’entreprise, dans la mesure où les fabricants de voiture assureraient la maintenance de la flotte et Uber fournirait le service. Théoriquement, le coût facturé par les fabricants de voitures serait plus faible que les sommes versées actuellement aux chauffeurs.
Une accélération sur des marchés complémentaires
Uber ne s’en tient pas strictement aux VTC, d’ailleurs. La société a noué plusieurs énormes partenariats reliant son business model à d’autres secteurs.
La société a commencé à diversifier intelligemment ses services pour y ajouter la livraison de repas, le transport de marchandises et les nouvelles mobilités (vélos et scooters).
Le « Last Mile Delivery » [NDR : prestation de transport couvrant le dernier kilomètre] pourrait bouleverser la donne alors que la course à la livraison le jour-même, ou le jour suivant, s’accélère entre des sociétés telles qu’Amazon, Walmart et Target pour ne citer qu’elles. Les nouvelles mobilités se développent également rapidement partout dans le monde.
Le géant du café à emporter, Starbucks, a récemment étendu son partenariat avec UberEats – le service de livraison de repas d’Uber – pour livrer des repas et du café dans tous les États-Unis dès le début de l’année 2020.
Uber travaille également avec SunMobility pour proposer des « autorickshaw » [NDR : tricycles motorisés] en Inde. Ces véhicules électriques à trois roues correspondent au type de démarche en faveur des énergies propres, encouragée par le gouvernement indien.
Ce type d’expansion internationale est devenu courant, avec Uber, qui vient de lancer des services dans six villes allemandes, en Russie avec son partenariat avec Yantex, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, au Pakistan et en Inde.
Le lien le plus intriguant est peut-être celui que la société a noué avec le géant européen de la grande distribution, J. Sainsbury.
Développer des services de livraisons avec le deuxième supermarché britannique – qui génère un revenu de 28,5 Mds£ et contrôle 15,3% du marché – pourrait également changer la donne.
Et Uber ne va peut-être pas s’en tenir au « terrestre », non plus. D’ici 2023, Uber a l’intention de lancer UberAir, un système de VTC aériens.
La direction prévoit que l’évolution de l’exploitation exigera cinq ans, mais ce délai pourrait changer si Uber conclut un partenariat avec un fabricant d’avions.
Je pourrais remplir des paragraphes entiers détaillant ses autres partenariats, mais vous ne seriez même pas au bout de la liste qu’il faudrait déjà que je vous envoie une mise à jour.
Une montagne d’argent
Récemment, Uber a publié un revenu annuel de 11 Mds$, dont 2,76 Mds$ réalisés lors du trimestre le plus récent.
Bien qu’elle progresse de 41% d’une année sur l’autre, la société a déclaré une perte de 869 M$. Heureusement, Uber a levé 8 Mds$ lors de son introduction en Bourse, en mai, et reçu 500 M$ de PayPal, dans le cadre d’un contrat de placement privé (« private placement »).
Ajoutez à cela 1 milliard de dollars investi par Toyota et le fonds Softbank Vision Fund, pour poursuivre la collaboration entre les sociétés autour de véhicules autonomes de future génération, et vous verrez rapidement que le trésor de guerre d’Uber est si énorme que les pertes ne suscitent aucune inquiétude.
Avec cette montagne d’argent, Uber rachète des entreprises complémentaires ou bien baisse les prix pour éliminer ses concurrents.
Bien entendu, Uber n’est pas sans risque. Les concurrents continuent de fusionner, les lois sur le travail pourraient transformer ses prestataires en salariés, et la société ne réalisera pas de profits avant des années.
Mais elle est leader dans une catégorie « disruptive » du secteur des transports. Alors c’est un nom auquel j’ai envie de m’associer.
Et voici comment j’ai envie de monter à bord.
Action à prendre :
Vendre 2 put UBER SEP2019 43 P.
C’est une option de vente sur Uber (NYSE : UBER) d’expiration 20 septembre 2019 et de strike 43 $.
Ce put est actuellement au prix de 2,35 $ (bid à 2,30 $ et ask à 2,40 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 470 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions UBER – mais seulement si l’action tombe en dessous de 43 $ à l’expiration le 20 septembre.
Si cela se produit, nous devrons investir 4300 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 2 contrats, c’est 8 600 $ – moins les 470 $ recueillis – pour acheter 200 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 43 $ à l’échéance, alors nous empochons les 470 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente UBER du 20 septembre 2019, 43 $ :
- Le symbole est UBER190920P00043000.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) UBER.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (septembre 2019).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 20 septembre 2019).
- Choisissez le prix d’exercice de 43 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (2 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 2,35 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 2 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 2,35 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 2 $. Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Sincèrement,
James Altucher

