
Nous sommes à quelques jours du Super Bowl, le plus grand évènement sportif de l’année aux États-Unis. Et, devrais-je ajouter, le plus regardé. Et ce pour des raisons très diverses.
Certains regardent tout bonnement le match. D’autres passent tout le match à manger, à boire, à discuter, mais sont « scotchés » à l’écran pendant les publicités. Il y a également ceux qui se focalisent sur les trucs fous diffusés à la mi-temps. Et comment oublier tous les parieurs ?
Le champ des paris liés au Super Bowl ne se limite pas à qui va gagner ou perdre, ou à quel joueur remportera le trophée du meilleur joueur (« Most Valuable Player Award« ). On parie gros sur le tirage au sort (pile ou face) du coup d’envoi, ainsi que sur la couleur du Gatorade [NDR : boisson énergétique américaine] dont une bassine entière est déversée sur le coach de l’équipe victorieuse.
Plus sérieusement, c’est incroyable tout ce sur quoi on peut parier cette année…
- Combien de fois Donald Trump va-t-il tweeter pendant le Super Bowl, dimanche ? (Au-delà de zéro, c’est déjà trop, pour moi.)
- Combien de publicités mettront un chien en scène ? (Pas assez.)
- Est-ce que le rappeur MC Hammer prononcera « Can’t Touch This » dans une publicité pour des chips ? (Il est toujours vivant ?)
- Est-ce que Jennifer Lopez aura un décolleté pendant le spectacle de la mi-temps ? (Vérifiez, s’il vous plaît !)
Notre société est faite d’individus qui prennent des risques, ce qui est excellent pour notre recommandation d’aujourd’hui : Diamond Eagle Acquisition (NASDAQ : DEAC).
On mise à fond sur les paris sportifs
Cette entreprise ne vous dit peut-être pas grand-chose – même si vous vous intéressez à la « ligue fantasy » [NDR : les participants jouent le rôle de propriétaires d’équipes sportives, et défient d’autres joueurs sur la base des résultats des vrais joueurs et équipes], aux « DFS » [NDR : « Daily Fantasy Sports« , pools (ligue fantasy) qui sont concentrés sur une semaine ou moins (légal aux États-Unis et au Canada)] ou même aux jeux de casino en ligne.
Mais si je vous dis DraftKings [NDR : DraftKings est une entreprise américaine spécialisée dans les paris sportifs virtuels de type ligue fantasy, basée à Boston et fondée à 2012], alors c’est peut-être une autre histoire.
Diamond Eagle est une SPAC (« special purpose acquisition company« ), ce qui veut dire que c’est une société sans activité opérationnelle qui a pour objectif d’acquérir des entreprises et des actifs via des acquisitions, y compris en prenant une participation dans DraftKings.
Avec SBTech, fournisseur de solutions pour les paris sportifs et la gestion, Diamond Eagle s’unit à DraftKings (entreprise non cotée), afin constituer une société cotée en Bourse, « intégrée verticalement », et se concentrant uniquement (« pure player« ) sur le secteur du pari sportif.
La nouvelle société va démarrer sur les chapeaux de roues avec un compte en banque affichant 500 M$ de trésorerie dans la mesure où trois grands acteurs institutionnels ont investi 304 M$. Il s’agit de Capital Research and Management, Wellington Management et Franklin Templeton.
C’est devenu possible grâce à la décision rendue par la Cour Suprême en 2018 en vue de légaliser les paris sportifs. Maintenant que les vannes ont été ouvertes, l’avantage pourrait être énorme pour les précurseurs.
Car la légalisation des paris sportifs « ouvre la chasse », sur un marché qui pourrait atteindre 18 à 23 Mds$ rien qu’aux États-Unis. Si l’on ajoute cela à l’iGaming (jeux d’argent en ligne), le chiffre bondit à 40 Mds$. Et dans le monde entier, il pourrait atteindre 70 Mds$.
Cette activité en ligne n’en est qu’à ses balbutiements, bien que les paris clandestins et off-shore existent depuis des années. Mais pour une entreprise dûment autorisée, le marché des paris clandestins est moins menaçant que le marché noir du cannabis pour le secteur du cannabis légal.
Actuellement, il est peu avantageux (ce n’est pas moins cher) de recourir aux paris clandestins. En fait, je dirais même que c’est plus risqué. Un système clandestin peut conduire un joueur à prendre plus de risques qu’il ne peut se le permettre. Et cela peut lui valoir la visite douloureuse d’un « gros bras ».
Un trade « backdoor » sur un leader des paris sportifs
DraftKings est déjà le numéro un des plateformes de ligue fantasy et de « sportsbook » (paris sportifs).
DraftKings – marque de paris sportifs la plus connue – détient déjà 100% du marché des paris sportifs en ligne dans l’Oregon, 65% en Virginie Occidentale, 67% dans l’Indiana, et 31% du marché ultra concurrentiel du New Jersey, où 15 concurrents rivalisent.
Tout compris, ses paris sportifs en ligne existent dans 6 États. Les paris sportifs en ligne sont disponibles dans 9 États, seulement, ce qui représente 13% de la population américaine.
Jusqu’à présent, 14 États ont légalisé les paris sportifs en ligne. Une fois qu’ils seront tous actifs, cela représentera 24% de la population américaine, soit plus du double du champ actuel de DraftKings. Attendez-vous à ce que d’autres États légalisent les paris sportifs en ligne au cours des années à venir.
À mesure que la légalisation s’étendra, DraftKings bénéficiera d’économies d’échelle, en termes de coûts d’acquisition d’utilisateurs.
Actuellement, l’acquisition d’un utilisateur local revient à 120 $. Le terme « local » signifie un seul État, et aucun État voisin offrant des paris en lignes légaux. Si l’on évolue au niveau régional (de multiples États à proximité immédiate), ce coût chute à 90 $.
Une fois que la légalisation des paris sportifs en ligne aura atteint 30% de la population, les coûts d’acquisition pourraient encore baisser à 75 $. Et si l’expansion double, à partir de là, les coûts pourraient dégringoler à 40 $.
DrafKings compte des millions d’utilisateurs et 565 000 joueurs uniques mensuels (« MUP » : monthly unique players). Le revenu moyen par MUP a bondi de 26,67% l’année dernière, pour atteindre 38 $. Vous pouvez donc imaginer à quelle vitesse le coût d’acquisition d’un utilisateur peut être récupéré, notamment à mesure que la société évoluera.
Collectivement, SBTech et DraftKings estiment qu’ils vont générer 540 M$ de chiffre d’affaires en 2020 et 700 M$ en 2021, soit une augmentation de 30% d’une année sur l’autre, sur chaque exercice, respectivement.
De plus, la direction prévoit que ses bénéfices avant intérêt, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA) atteindront 1 Md$ une fois que 30% de la population américaine aura accès à l’iGaming, et 65% aux paris sportifs légalisés.
Une stratégie de « cross-selling » très rentable
Le fait que la société propose des produits complémentaires (le « cross-selling« ), en exploitant sa position dominante dans le secteur, est l’un des moteurs les plus puissants, en vue d’atteindre ces bénéfices à 10 chiffres.
Le DFS de DraftKings génère un taux de cross-selling de 30% sur ses paris sportifs en ligne (sportsbook). Et les paris sportifs en ligne sur DraftKings génèrent un taux de cross-selling de 50% sur DraftKings Casino (DK Casino).
En fait, pour sa première année sur le marché ultra concurrentiel de l’iGaming du New Jersey, DK Casino s’est classé numéro deux, avec 15% du marché. Ce qui le place devant des concurrents tels que Golden Nugget, Caesars, Tropicana, Hard Rock et Sugarhouse. Et tout cela grâce au cross-selling.
Conclusion ? J’ai envie de parier sur cette acquisition de Diamond Eagle. Et, en plus, Wall Street va nous verser un revenu instantané pour le faire.
Action à prendre :
Vendre 6 puts DEAC MAY2020 12,5 P.
C’est une option de vente sur Diamond Eagle Acquisition (NASDAQ : DEAC) d’expiration 15 mai 2020 et de strike 12,50 $. Ce put est actuellement au prix de 0,78 $ (bid à 0,75 $ et ask à 0,80 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 468 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions DEAC – mais seulement si l’action tombe en dessous de 12,50 $ à l’expiration le 15 mai.
Si cela se produit, nous devrons investir 1 250 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 6 contrats, c’est 7 500 $ – moins les 468 $ recueillis – pour acheter 600 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 12,50 $ à l’échéance, alors nous empochons les 468 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente DEAC du 15 mai 2020, 12,50 $ :
- Le symbole est DEAC200515P00012500.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) DEAC.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (mai 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 15 mai 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 12,50 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (6 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 0,78 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 0,60 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 0,78 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 0,60 $. Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

