
À quel moment un acheteur est également vendeur et un vendeur également acheteur ?
Cela peut ressembler à une question piège, mais elle est vraiment simple. Réponse : quand il s’agit d’une même et seule personne.
Or c’est exactement ce qu’il s’est produit avec notre recommandation de cette semaine : Landcadia Holdings II (LCA).
Landcadia est une SPAC [NDR : Special Purpose Acquisition Corporation : aux États-Unis, société sans activité opérationnelle qui a pour objectif d’acquérir des entreprises et des actifs via des acquisitions].
Cette année, beaucoup de sociétés non cotées se sont servies de ce moyen pour entrer en Bourse. Au départ, cela s’est produit en conséquence de la correction de marché survenue en mars, mais cet élan s’est poursuivi pendant des mois, ensuite.
Même si le rythme s’est un peu ralenti ces dernières semaines, les acquisitions de l’été offrent encore des sociétés attractives à un excellent prix.
L’oeuf d’or
En juin dernier, Landcadia a annoncé son intention d’acquérir Golden Nugget Online Gaming (GNOG).

Fertitta Entertainment est entièrement détenu par Tilman Fertitta. Landcadia est co-contrôlé par Fertitta Entertainment et Jefferies Financial Group, et Tilman Fertitta en est le P-DG.
Si vous avez bien suivi, vous aurez compris que le vendeur est l’acquéreur et que l’acquéreur est le vendeur.
Normalement, j’aurais hésité, face à ce type d’opération, mais plus j’y réfléchis, plus j’en conclus qu’il s’agit de la version moderne d’une scission (« spinoff« ).
Historiquement, les spinoffs s’opèrent via une introduction en Bourse ou la distribution d’actions aux actionnaires existants. Toutefois, je pense que Fertitta veut tirer parti de l’élan et de l’attention dont le secteur des jeux en ligne (« eGaming ») et des paris en ligne fait l’objet.
Considérant que Fertitta Entertainment n’est pas une entreprise cotée, un spinoff par distribution de titres aux actionnaires n’est pas possible. Une introduction en Bourse prendrait trop de temps. La SPAC, elle, fait l’affaire.
Fertitta Entertainment est une énorme entreprise d’hôtellerie et de jeux dont Landry’s Seafood et Golden Nugget sont des entités phares. La société mère possède trois hôtels, quatre aquariums, deux parcs d’attractions, cinq casinos Golden Nugget et 600 sites immobiliers.
Pour Landcadia et Golden Nugget Online Gaming, cela représente un énorme vecteur de marketing intégré qui va permettre à l’entreprise de réduire ses coûts d’acquisition d’utilisateurs.
Landry’s Select Club possède plus de 3 millions de membres, et Golden Nugget 24K plus de 2,5 millions. Cela offre un solide socle d’utilisateurs potentiels assorti d’un faible coût d’acquisition. Landry’s Select progresse de 5 500 membres par semaine, et Golden Nugget 24K intègre environ 7 600 nouveaux membres par semaine, historiquement.
Le COVID-19 a eu un impact sur ces chiffres, mais à mesure que le virus relâchera son emprise, je m’attends à ce qu’ils renouent avec leurs moyennes historiques.
L’opération initiale évaluait GNOG à 745 M$. Depuis, ce chiffre a progressé aux environs des 1,2 Md$, ce qui est encore bien en dessous de DraftKings. Et il s’agit d’une opportunité de marché en ligne de 20 Mds$, voire plus, dans le secteur des jeux en ligne, qui se renouvellera année après année. Ces 20 Mds$ se renouvelleront et progresseront chaque année.
La pandémie actuelle a accéléré l’adoption des jeux en ligne. Pour certaines personnes coincées chez elles, il fallait un exutoire. Les jeux en ligne sont attirants, lorsqu’on s’ennuie. Et c’est ce que Landcadia achète, les actifs de jeux d’argent en ligne (« iGaming ») associés au casino Golden Nugget.
Il y a moins de deux semaines, Golden Nugget Online Gaming a publié de solides résultats. La société affiche un chiffre d’affaires brut (« GGR » pour « gross gaming revenue » : produit brut des jeux) de 28,2 M$ au dernier trimestre, soit une progression de 85% d’une année sur l’autre. Son chiffre d’affaires net a progressé de 78% pour atteindre 24,8 M$, avec un bénéfice d’exploitation de 8,5 M$, soit en progression de 74%.
Vous vous rappelez ces faibles coûts d’acquisition de clientèle évoqués plus haut ? Ils ont permis à GNOG de réaliser un chiffre d’affaires net moyen par utilisateur de plus de 620 $, alors que celui de DraftKings se situe plus près des 40 $ par utilisateur. En gros, c’est 15 fois plus ! Sur cinq ans, la valeur que rapporte un client GNOG sur toute la durée de son existence est de 7 700 $, comparée à 2 400 $ pour un utilisateur de DraftKings.
Ces chiffres ont permis à GNOG d’être rentable depuis 2016. L’un des moteurs, ce sont les utilisateurs nets d’iGaming qui jouent plus longtemps, réinvestissent leurs gains plus vite et disposent d’un revenu disponible plus élevé, comparés à la clientèle des paris sportifs en ligne.

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GNOG a également été le premier, aux États-Unis, à lancer son propre Live Dealer Studio (casino en ligne en direct) et des machines à sous, sous licence. Globalement, GNOG offre un choix de 870 jeux, environ. Bientôt, il sera dans le New Jersey, en Pennsylvanie, dans le Michigan, le Nevada, en Louisiane et dans le Mississippi. Même si GNOG ne se focalise pas sur les sports, il a tout de même lancé un site de paris sportifs en ligne en 2019.

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Et voici comment nous allons procéder…
Action à prendre :
Vendre 5 puts LCA SEP2020 15 P.
C’est une option de vente sur Landcadia Holding II (LCA) d’expiration 18 septembre 2020 et de strike 15 $. Ce put est actuellement au prix de 1,30 $ (bid à 1,25 $ et ask à 1,35 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 650 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions LCA – mais seulement si l’action est en dessous de 15 $ à l’expiration le 18 septembre.
Si cela se produit, nous devrons investir 1 500 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 5 contrats, c’est 7 500 $ – moins les 650 $ recueillis – pour acheter 500 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 15 $ à l’échéance, alors nous empochons les 650 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente LCA du 18 septembre 2020, 15 $ :
- Le symbole est LCA200918P00015000.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) LCA.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (septembre 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 18 septembre 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 15 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (5 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 1,30 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 1,10 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 1,30 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 1,10 $.
Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

