
La ville de New York est peut-être morte mais pas les marchés – loin de là.
Aujourd’hui, l’indice Dow Jones Industrial Average – probablement l’indice le plus inutile et le plus mal mesuré de tous – intègre trois nouvelles composantes et en abandonne trois autres. Mais cela ne tourne pas en boucle aux informations. Nous sommes plus obsédés par les « splits » (division d’une action et de sa valeur) réalisés par de gigantesques sociétés : Apple et Tesla ont toutes deux achevé le mois d’août sur des splits de grande envergure.
Hier, Apple a émis quatre actions pour chaque titre détenu par les actionnaires à la clôture de vendredi. Le cours a également été divisé par un multiple de quatre. Autrement dit, c’est comme recevoir quatre fois 25 cents pour un dollar. Tesla a réalisé un split de 5 pour 1.
En observant la frénésie d’achats sur le marché à l’annonce de ces splits, cela m’a fait repenser au boom des dot.com. Si vous ne réalisiez pas de transactions boursières à l’époque, vous ne savez peut-être pas qu’il s’est terminé du jour au lendemain.
Les thématiques étaient omniprésentes dans les investissements et la réussite. Beaucoup d’entreprises appartenant à un secteur ou à une thématique spécifique ont bondi bien plus haut que beaucoup de monde ne l’estimait possible.
Voilà pourquoi, notamment, nous nous en sommes tenus à des thématiques spécifiques, au cours de l’année qui vient de s’écouler. Et cela a bien fonctionné pour nous. Lorsque la fête finira par s’arrêter – et cela arrivera – notre stratégie consistera à demeurer concentré sur les thématiques qui, selon nous, continueront de fonctionner, tout en gérant les risques des positions que nous conserverons.
Toujours fidèles à notre thématique
L’iGaming (jeux d’argent en ligne) représente l’une de ces thématiques dont nous tirons un revenu, cette année, et qui – selon nous – va persister un certain temps.
Notre recommandation d’aujourd’hui, Everi Holdings (NYSE : EVRI) ne se focalise pas uniquement sur l’iGaming : elle est de plus en plus exposée aux paris plus traditionnels et à l’univers des fintech, également. Ce sont trois secteurs fantastiques qui rapportent gros et, qui plus est, offrent des opportunités de hausse potentielles.
Everi Holdings fournit des jeux et des solutions financières aux opérateurs de casinos pour les aider à augmenter leur chiffre d’affaires et leur rentabilité. L’entreprise possède deux divisions : les jeux et la fintech (technologies financières).
Everi Games est un développeur et fournisseur de jeux, de machines, de systèmes de jeux et de services destinés aux casinos et au secteur des jeux en ligne. La division jeux exploite également Everi Digital, la section jeux d’argent en ligne (iGaming) de l’entreprise.
Everi FinTech fournit des produits et services financiers, des logiciels de conformité réglementaire et des bornes de fidélisation au secteur des jeux.
Avant le COVID-19, la division jeux générait un EBITDA (bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) de 137,8 M$ et la division fintech un EBITDA de 115,4 M$. Dans l’ensemble, le chiffre d’affaires de l’entreprise avait bondi de 500 M$. Considérant que l’EBITDA représente plus de la moitié du chiffre d’affaires total, nous savons que les marges sont importantes. Ou devrais-je dire « étaient » importantes.
Le COVID-19 a particulièrement frappé les casinos, ce qui s’est répercuté sur les valeurs de type « pelles et pioches » du secteur, telles qu’Everi Holdings. L’étendue de cet impact est devenue manifeste lorsque la société a publié les chiffres relatifs au 2e trimestre.
Au 2e trimestre 2020, Everi a publié un chiffre d’affaires de 38,7 M$, soit une baisse de 129,7 M$ par rapport à l’année précédente. La société affiche des charges de 14,8 M$, ce qui donne lieu à une perte nette de 68,5 M$. Un an plus tôt, elle affichait un résultat net de 5,5 M$.
Je vous avais dit que ce n’était pas bon.
L’EBITDA ajusté s’élève tout de même à 3,3 M$ et la société possède 257,4 M$ de trésorerie, mais on voit bien l’incroyable impact de la fermeture des casinos sur cette entreprise.
Cela dit, les casinos sont en train de rouvrir. La direction a souligné que les clients revenaient plus vite que prévu et que le 2e semestre devrait afficher une croissance séquentielle. De plus, Everi anticipe de renouer avec une trésorerie disponible positive au 3e trimestre.
Même si le gain quotidien par unité (« DWPU » : Daily win per unit) a chuté à 9,84 $ sur le trimestre en question (un net plongeon par rapport aux 32,26 $ affichés un an plus tôt), il a dépassé les 35 $ lorsque la base des jeux installés a été utilisée (ce qui se produit de plus en plus chaque semaine).
Cette base compte près de 15 000 jeux, à la fin du trimestre, et le chiffre d’affaires par jeu est en train d’augmenter. Le prix de vente moyen est passé de 17,338 $ à 18,044 $, même pendant le COVID-19.
Everi Digital, la division jeux en ligne d’EVRI, a fait équipe avec ROAR Digital, une joint-venture entre MGM Resorts et GVC Holdings, pour lancer une version en ligne de certains de ses bandits manchots mécaniques les plus populaires sur Borgata Online Casino, BetMGM et Party Casino New Jersey. Le fait d’accéder au New Jersey, dans l’univers de l’iGaming, constitue un énorme catalyseur potentiel pour l’avenir. Ce marché est l’un des plus vastes et des plus recherchés dans le monde, et le nec plus ultra en Amérique du Nord.
Peu de temps après, Everi Digital a renforcé son partenariat sur les jeux en ligne avec Parx Casino et Parx Online Casino. Cette relation permet à Everi de renforcer son implantation dans le secteur de l’iGaming dans le New Jersey et en Pennsylvanie. La société a même franchi la frontière pour nouer un autre partenariat au Canada.
À mesure que le monde retournera à la « normale » et que les joueurs reviendront en plus grand nombre dans les casinos, Everi devrait renouer avec son flux de revenus récurrents.
Historiquement, plus de 70% du chiffre d’affaires de la société provient de ses sources de revenus récurrents. Ironiquement, le COVID-19 pourrait être un catalyseur à long terme déguisé, dans la mesure où il a accéléré la transition d’Everi vers les jeux d’argent en ligne (iGaming). Je crois qu’un grand nombre de joueurs va continuer de jouer en ligne, même si les casinos rouvrent.
L’iGaming n’est qu’un moteur de croissance à long terme parmi d’autres, pour Everi.
Actuellement, la majorité des activités de l’entreprise provient des États-Unis et du Canada. Si elle étend sa portée géographique, cela lui permettra d’augmenter son chiffre d’affaires.
La société a lancé des coupons sans contact et des solutions de paiement mobile « sans espèces » avec QuickTicket et Cash Club Wallet.
Globalement, le secteur du jeu représente environ 75 Mds$ aux États-Unis, et il existe plus d’un million de machines dans le pays et au Canada. Everi détient environ 4% du marché des machines à sous installées.
La division jeux de la société génère du chiffre d’affaires de trois manières :
- la vente de machines à sous ;
- l’exploitation et la maintenance des jeux ;
- les grands événements/tournois dans l’univers des jeux.
Everi peut également tirer parti de ses activités de fintech de trois façons :
- elle empoche une commission sur les produits d’accès à l’argent liquide ;
- elle vend des distributeurs de billets et des bornes de fidélisation aux opérateurs de casinos ;
- elle gagne de l’argent sur ses services de crédit et d’information, les renseignements, la conformité, et sur ses outils de fidélisation de la clientèle.
Everi Holdings n’est peut-être pas totalement sortie d’affaire en cette période difficile, mais le marché est tourné vers l’avenir et il a déjà intégré ces difficultés.
Et nous tenons à profiter des prix bas actuels pour participer à la reprise d’Everi.
Alors voici comment nous allons procéder…
Action à prendre :
Vendre 10 puts EVRI OCT2020 7,5 P.
C’est une option de vente sur Everi Holdings (EVRI) d’expiration 16 octobre 2020 et de strike 7,50 $. Ce put est actuellement au prix de 0,70 $ (bid à 0,65 $ et ask à 0,75 $).
En faisant cela, vous obtiendrez 700 $ de revenus aujourd’hui.
En retour, vous acceptez l’obligation d’acheter des actions EVRI – mais seulement si l’action est en dessous de 7,50 $ à l’expiration le 16 octobre.
Si cela se produit, nous devrons investir 750 $ par contrat pour acheter les actions de la société.
Avec 10 contrats, c’est 7 500 $ – moins les 700 $ recueillis – pour acheter 1 000 actions.
Maintenant, si l’action est au-dessus de 7,50 $ à l’échéance, alors nous empochons les 700 $ et n’avons aucune obligation d’acheter les actions !
N’oubliez pas la relation d’un contrat à 100 actions et ne vendez JAMAIS des contrats pour plus d’actions que vous ne pouvez vous permettre d’acheter.
Dans votre compte de courtage, localisez les options de vente EVRI du 16 octobre 2020, 7,50 $ :
- Le symbole est EVRI201016P00007500.
- Ouvrez la chaîne d’options sous le symbole boursier (ou ticker) EVRI.
- Assurez-vous de choisir le bon mois (octobre 2020).
- Assurez-vous de choisir les options mensuelles (expirant le 16 octobre 2020).
- Choisissez le prix d’exercice de 7,50 $.
- Sélectionnez les options « put » (options de vente).
- Sélectionnez le nombre de contrats à vendre (10 contrats dans cet exemple).
- Une fois que vous avez le bon contrat, cliquez sur « vendre ».
- Choisissez « ordre à cours limité ». Ceci fixe le prix de la transaction.
- Utilisez un ordre à cours limité entre le bid (meilleur acheteur) et le ask (meilleur vendeur) du moment.
- Cliquez sur « transmettre » pour transmettre l’ordre.
Si vous avez de la difficulté à vendre au prix de 0,70 $, vous pouvez choisir d’abaisser graduellement votre limite. Mais ne vendez pas pour moins de 0,50 $.
Bien entendu, si le prix est au-dessus de 0,70 $ lorsque vous êtes devant les écrans, vendez à ce prix plus élevé. En bref, vendez au prix du marché du moment, entre le bid et le ask, en essayant d’optimiser, mais pas en dessous de 0,50 $.
Si vous ne pouvez pas vendre au-dessus de ce prix, laissez passer cette opportunité et attendez la suivante, ou attendez de voir comment se comporte l’action dans les prochains jours (il se peut qu’elle baisse et que le prix du put augmente).
Pour avoir les niveaux du bid et du ask en temps réel et ainsi réaliser un trade pertinent par rapport au prix du marché, il est fortement recommandé de prendre l’abonnement aux données en temps réel pour les options US chez votre broker.
Sincèrement,
James Altucher

