Cher lecteur de Top 1% Altucher,
Il y a trois semaines, j’ai indiqué que si les hommes politiques étaient incapables de relever le plafond de la dette, un tiers de la capitalisation du marché pourrait être effacé.
Et nous sommes désormais à deux semaines du mois de juin – moment où, selon Janet Yellen, nous devrions atteindre ce plafond. Or nous ne sommes guère plus avancés.
Comme la situation n’a pas évolué, on pourrait s’attendre à ce que les actions soient malmenées, mais les investisseurs ont été habitués à s’attendre à un sauvetage de dernière minute.
Alors que peu d’actions évoluent à la hausse, la plupart des ventes se limitent aux banques régionales en difficulté et aux entreprises qui ont publié des résultats décevants. Quand on observe les actions, on voit bien que les petites capitalisations sont toujours les plus pénalisées par les craintes liées à une nouvelle crise des banques régionales américaines.
Le Nasdaq Composite, où les valeurs technologiques sont omniprésentes, est le seul indice qui enregistre une progression, mais elle est tout de même du type « trois pas avant, deux pas et demi en arrière ». Pire encore, le Nasdaq continue de se frayer un chemin à la hausse grâce à quelques méga-capitalisations technologiques.
Rappelez-vous que lorsque les grands indices ne progressent que grâce à un petit nombre de composantes, la moindre information est capable de faire replonger les actions, même les plus solides.
La secrétaire au Trésor prédit un chaos financier
La plupart des Américains sont devenus insensibles aux absurdités que profèrent les politiciens dans toutes sortes d’émissions politiques basées sur l’opinion publique.
En revanche, les investisseurs se font un devoir d’écouter la secrétaire au Trésor. Même si Janet Yellen a commis sa part d’erreurs et de faux pas, elle a accès aux informations les plus à jour.
Or voici ce qu’elle a dit, le 8 mai, sur CNBC :
« Si le plafond de la dette américaine n’est pas relevé, cela provoquera une catastrophe économique. Cela pourrait générer un chaos financier ; cela réduirait de façon spectaculaire le montant des dépenses et cela voudrait dire qu’il n’y aurait pas assez d’argent pour payer les assurés sociaux, les vétérans, et les gens comptant sur l’argent que leur doit le gouvernement, comme les fournisseurs dont on ne pourrait pas payer les factures. »
Yellen a déclaré qu’un abîme séparait encore le président Biden et les républicains, surtout ceux de la Chambre des représentants.
Pour rappel, les États-Unis ne peuvent éviter un défaut sur le remboursement de leur dette que si le Congrès vote le relèvement ou la suspension du plafond de la dette avant que le pays ne soit à court de financement. Et selon le département du Trésor et le Congressional Budget Office (Bureau du budget du Congrès), le gouvernement pourrait manquer d’argent dès le 1er juin.
Un krach boursier
Les meilleurs prévisionnistes de marché du monde ont prédit 22 récessions, sur les deux dernières.
Comme l’a si bien dit Yogi Berra : « C’est difficile de faire des prédictions, surtout en ce qui concerne l’avenir. »
J’investis depuis plus de trente ans et je suis bien placé pour savoir qu’il est impossible de prédire ce que fera le marché actions d’une semaine à l’autre ou d’un mois à l’autre. Mais je pense que l’on devrait être attentif à ce que Mark Zendi, économiste en chef chez Moody’s Analytics, a déclaré en début d’année concernant un éventuel défaut sur la dette.
Je l’ai déjà cité, il y a quelques semaines.
Voici ce qu’il a dit :
« Selon les simulations du modèle des économies américaine et mondiale de Moody’s Analystics, le ralentissement économique provoqué par une impasse politique ne serait-ce que de quelques semaines pourrait être comparable à celui qui a été subi pendant la crise financière mondiale. Cela veut dire que le PIB réel baisserait de près de 4%, du pic au creux, que près de 6 millions seraient détruits, et que le taux de chômage bondirait à plus de 7%. Les cours des actions s’effondreraient de plus d’un tiers au pire du sell-off, effaçant ainsi 12 000 Mds$ de richesses des ménages. »
Lorsque j’ai partagé le commentaire de Mark avec vous, je vous ai dit que je tenais à ce que vous soyez prêt à tirer parti d’une nette baisse des actions en faisant travailler votre argent. Cela reste la stratégie que nous devrions suivre. Mais rappelez-vous que je ne parle pas d’une baisse de 3% ou de 5 %. Si nous investissons dans des actions en période de crise de la dette, il faut que ces actions aient chuté de 15%-30% en quelques jours ou en deux semaines.
Si une telle pression à la vente devait survenir, vous pouvez compter sur nous pour vous fournir des informations et des instructions qui vous montreront comment tirer parti de cette dislocation provoquée par la dette.
Bien cordialement,
James Altucher

