Cher lecteur de Top 1% Altucher,
Lorsque les marchés traversent une période de consolidation prolongée inédite, Wall Street devient nerveux.
Au moment où je rédige ces lignes, le NASDAQ n’a pas progressé depuis trois semaines. L’ETF Invesco QQQ Trust (QQQ) se situe aux alentours de 315 $, en ce moment ; il était quasiment au même niveau qu’à la clôture des marchés, le 30 mars.
L’absence de mouvement ne signifie pas que les actions sont sur le point de s’effondrer, mais nous serions fous de négliger le moindre événement susceptible de faire baisser les actions vers le mois de juillet.
Le croquemitaine macroéconomique
Ce n’est un secret pour personne, à Washington, D.C., tout fonctionne de travers.
Quel que soit le parti auquel vous adhérez, la réalité est la suivante : les deux partis politiques ne sont d’accord sur rien.
Les armes, les impôts, les médicaments sur ordonnance, les dépenses militaires, la couleur de l’herbe… Nos élus sont globalement incapables de régler les grands problèmes, et l’effet boomerang de cette absence de leadership et de compromis peut intervenir plus vite que beaucoup de monde ne le pense.
Nous sommes déjà fin avril, ce qui veut dire que le département du Trésor arrivera au bout de ses capacités de financement dans quelques mois à peine. Selon les estimations actuelles de la Commission budgétaire, les États-Unis vont atteindre le plafond de la dette entre les mois de juillet et de septembre.
Le Congrès doit voter la suspension ou l’augmentation du plafond de la dette avant que le Trésor ne manque de financements pour permettre au gouvernement d’emprunter de l’argent, afin d’honorer ses obligations légales.
Beaucoup de monde aimerait bien que le gouvernement dépense moins d’argent, moi y compris, d’ailleurs.
Mais voilà, si nous faisons défaut sur nos obligations, il est fort probable que l’on se retrouve dans une situation fort désagréable.
Voici ce qu’a déclaré en début d’année Mark M. Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analystics, à propos d’un potentiel défaut sur la dette :
« Selon les simulations du modèle des économies américaine et mondiale de Moody’s Analystics, le ralentissement économique provoqué par une impasse politique ne serait-ce que de quelques semaines pourrait être comparable à celui qui a été subi pendant la crise financière mondiale. Cela veut dire que le PIB réel baisserait de près de 4%, du pic au creux, que près de 6 millions seraient détruits, et que le taux de chômage bondirait à plus de 7%. Les cours des actions s’effondreraient de plus d’un tiers au pire du sell-off, effaçant ainsi 12 000 Mds$ de richesses des ménages. »
Je suis Mark depuis des années, et même si ses prédictions peuvent sembler exagérées, elles ne le sont pas.
Si l’on voit le verre à moitié plein, c’est précisément le type de dislocation de marché sur lequel les investisseurs achèteraient.
Nous savons qu’une débâcle du plafond de la dette ferait baisser le PIB et grimper le chômage, mais en l’absence de leadership à Washington, une crise financière force les gens à travailler ensemble, à sa manière.
Autrement dit, si un événement – surtout s’il est inévitable – fait plonger l’économie américaine, vous pouvez parier que la Réserve fédérale, le Trésor américain et la Maison-Blanche se réuniront pour mettre en place une solution de dépannage.
Le marché actions est à quelques jours de sortir d’une période statistiquement haussière. La période entre les mois de janvier et d’avril est souvent dynamique. Mais c’est généralement au mois de mai que les vendeurs reviennent.
Les entreprises ont commencé à publier leurs résultats du premier trimestre. Pour beaucoup, rien de bien exaltant. Ils ne sont ni effroyables, ni fantastiques.
Mon équipe pense que le marché actions va ralentir et baisser au cours des prochaines semaines mais qu’à plus long terme, l’orientation des actions sur quatre à huit mois dépendra presque certainement des avancées en matière de plafond de la dette.
Si les deux partis parviennent à un compromis sur, soit le plafond de la dette, soit la proposition budgétaire du président – ou s’ils adoptent une résolution claire –, les actions devraient retrouver de l’élan et évoluer légèrement à la hausse. Mais en l’absence de leadership à Washington, je pense que les acheteurs resteront sur le banc de touche.
Mais gardez à l’esprit que si les actions baissent considérablement dans un contexte de défaut sur la dette – et je parle de cette chute de 15% à 30% envisagée par Mark –, tenez-vous prêt à investir de l’argent car je vous enverrai quelques recommandations en vue de capitaliser sur ce que je pense être une dislocation à court terme.
À suivre…
Bien cordialement,
James Altucher

