Cher lecteur de Top 1% Altucher,
Goldman Sachs, ce « vampire des abysses » [NDLR : surnom attribué à la banque d’investissement par Matt Taibbi, dans le magazine Rolling Stone, en 2010]…
Qu’on l’apprécie ou non, on ne peut pas l’ignorer. Ses courtiers et ses analystes sont respectés du grand public et les capitaux dont il dispose sont capables de faire bouger les marchés en un clin d’oeil.
Il y a quelques mois, son équipe d’analystes et de traders spécialisée dans le secteur de l’énergie a adressé un rapport à ses clients indiquant ceci :
« [L’OPEP] a annoncé une réduction de sa production de 2 millions de barils par jour face au ralentissement de la croissance mondiale, et à un risque accru de récession au sein des pays développés. Toutefois, l’augmentation de la demande provenant de Chine, dans un contexte où elle lève les restrictions liées au COVID-19, va probablement amener l’OPEP à faire marche arrière lors de sa réunion du mois de juin, et à augmenter sa production d’un million de barils par jour, selon les prévisions de GS Commodities Research. Par conséquent, les prix du Brent, la référence mondiale, tourneraient autour des 90 $ le baril au deuxième trimestre, avant de progresser peu à peu vers les 100 $ d’ici la fin de l’année.
Cette prévision pourrait s’avérer trop prudente, si l’OPEP maintient ses niveaux de production actuels après sa réunion du mois de juin, et que la production des pays n’appartenant pas à l’OPEP demeure également inchangée, selon ce rapport. Dans ce cas, les prix du pétrole brut pourraient grimper à 107 $ le baril d’ici le mois de décembre et évoluer encore à la hausse à partir de là, selon ce que prévoit l’équipe. »
Et nous voilà au mois de juin… Et devinez quoi ?
Le dimanche 4 juin, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires (OPEP+) ont fait une déclaration… Et les baisses de productions programmées restent inchangées sur le reste de l’année ! Mais le plus grand exportateur de pétrole du monde, l’Arabie saoudite, a choisi de réduire encore sa production d’un million de barils par jour.
Voici ce que Bob McNally, président de Rapidan Energy – société de consulting dans le secteur de l’énergie –, a déclaré sur CNBC, à propos de cette décision unilatérale de l’Arabie saoudite :
« Le marché ne s’attendait pas vraiment à ce que les Saoudiens décident unilatéralement de réduire encore la production d’un million de barils par jour. Une fois de plus, cela prouve que l’Arabie saoudite a l’intention d’agir unilatéralement pour stabiliser les cours du pétrole. Nous prévoyons qu’un important déficit [d’approvisionnement] va se concrétiser au deuxième semestre 2023, et que les prix du brut dépasseront les 100 $ l’an prochain. »
Selon la note de Goldman publiée il y a quelques mois et les commentaires de McNally en début de semaine dernière, certains des acteurs les plus influents du secteur de l’énergie indiquent de façon limpide que les cours du pétrole vont commencer à évoluer à la hausse.
Et cela veut dire qu’il est temps d’élargir notre exposition au secteur pétrolier.
Dans le pas des géants
Peu d’investisseurs sont capables de repérer d’excellentes opportunités d’investissement aussi bien que Warren Buffett. Certes, il a commis des erreurs, comme tout brillant gestionnaire d’actifs. Mais toute personne un peu au courant convient que ce jeune homme de 92 ans entrera dans l’Histoire comme l’un des investisseurs à long terme les plus brillants de tous les temps.
Son objectif est simple : il réalise ses investissements en se fondant sur la qualité de la gestion d’une entreprise, sur son aptitude à générer de façon fiable des flux financiers à long terme et sur ce qu’il estime représenter un rendement sur action assez élevé.
En gros, Warren est un investisseur dit « value » [NDLR : focalisé sur des actions décotées par rapport à leurs fondamentaux] à long terme, qui recherche des investissements dédaignés par les investisseurs en période de volatilité ou de consolidation à long terme.
Suivre les pas des 1% d’investisseurs les plus brillants ne fonctionne que si vous comprenez leur façon de raisonner, leurs horizons temporels et ce qui exige un changement de position.
Dans le cas de Warren, nous savons qu’il s’agit d’un investisseur « value » dont l’horizon temporel préféré est l’éternité. Et en ce qui concerne un changement qui nous pousserait à vendre, je crois qu’il faudrait réellement avoir la preuve que la demande en hydrocarbures (pétrole et gaz) est en train de décliner vite et inexorablement, et que les compagnies pétrolières sont toutes condamnées.
Or, au sein de mon équipe, personne ne pense que le monde va abandonner totalement les hydrocarbures au cours des 50 prochaines années. Alors on peut sereinement déclarer qu’à l’image de Warren Buffett et de son associé Charlie Munger, nous sommes haussiers sur le pétrole et le gaz.
Un renforcement régulier
J’ai exprimé clairement que, selon moi, nous devrions renforcer notre exposition au pétrole et au gaz au cours du deuxième semestre 2023.
Mon opinion est simple : je suis d’accord avec le « vampire des abysses » – et d’autres analystes spécialisés dans le pétrole et le gaz – sur le fait qu’une contraction de l’approvisionnement va se produire et que les prix du pétrole brut dépasseront probablement les 100 $.
Début mars 2022, la société d’investissement de Warren Buffett, Bershire Hathaway, a commencé à accumuler des actions d’Occidental Petroleum Corporation (OXY). Et je suis enchanté d’intégrer aujourd’hui OXY à notre portefeuille Top 1% Altucher.
Passons pour l’instant sur l’intérêt que manifeste Warren à l’égard d’Occidental, car je tiens à ce que vous compreniez les activités de cette entreprise.
Occidental Petroleum est une compagnie pétrolière internationale dont les principaux actifs se situent aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Elle fonctionne via trois divisions : le pétrole et le gaz, les produits chimiques et les activités de « midstream » (transport et stockage d’hydrocarbures) et de marketing.
La division dédiée au pétrole et au gaz comprend des activités d’exploration, de développement et de production de pétrole, qui englobent le condensat, le gaz naturel liquide et le gaz naturel. La division autour des produits chimiques fabrique et vend essentiellement des produits chimiques de base et des vinyles. La divisions midstream et marketing s’occupe des achats, de la commercialisation, de l’extraction, du traitement, du transport et du stockage de pétrole, de gaz naturel liquéfié, de gaz naturel, de dioxyde de carbone (CO2) et d’énergie.
Cette division intègre également Oxy Low Carbon Ventures (OLCV). Cette filiale d’Occidental se consacre au développement de projets de capture, d’utilisation et de stockage de carbone, notamment en commercialisant une technologie nommée Direct Air Capture (DAC) et en investissant dans des technologies à faible émission de carbone conçues pour réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de ses activités. En parallèle, OLCV collabore avec plusieurs secteurs afin de les aider à réduire leurs émissions.
Mais revenons à l’intérêt de Berkshire pour Occidental. Lorsque la société de Warren a acheté l’action OXY, elle cotait aux alentours de 47 $. Mais Warren n’a pas ordonné à ses lieutenants de cesser d’acheter en haut de la fourchette des 40 $.
Après un premier achat de Berkshire portant sur 30 millions d’actions environ (selon les données que j’ai découvertes), la société a continué à acheter 190 millions d’actions en plus. Si les informations trouvées par mon équipe sont exactes – et je pense que c’est le cas –, Berkshire détient plus de 25% d’Occidental Petroleum.
Non seulement c’est une gigantesque participation, mais presque toutes les actions OXY de Berkshire ont été achetées aux alentours du cours actuel. En fait, presque tous les ordres d’achat de Berkshire ont été exécutées entre 58 $ et 62 $, cette année.
La non-intervention
Lors de la récente assemblée annuelle des actionnaires de Berkshire, à Omaha, Warren leur a déclaré que sa société n’avait aucune intention de faire une offre de rachat en vue de prendre le contrôle total d’Occidental. L’action a immédiatement plongé, à cette nouvelle, mais seulement parce que les actionnaires ont oublié les règles que suit Buffett.
Warren aime bien prendre une énorme participation dans une entreprise et, sous réserve qu’elle ait une excellente équipe de direction, la laisser continuer à faire ce qu’elle fait, sans intervenir.
L’objectif de Warren n’a jamais été d’acquérir un énorme portefeuille d’entreprises détenues en totalité, pour exercer sa dominance financière ou montrer à Wall Street sa supériorité en tant qu’investisseur.
Son objectif est plutôt d’identifier une entreprise (ou un actif) sous-évalué(e), de prendre une participation considérable et de laisser toute la force de la capitalisation faire de lui l’un des hommes les plus riches du monde.
Occidental a tout ce que Warren et mon équipe d’investissement recherchent dans une entreprise pétrolière et gazière bien établie.
Elle possède une équipe de dirigeants hors-pair. La société génère énormément d’argent, plus qu’il n’en faut pour verser un modeste dividende, racheter des milliards de dollars d’actions et enregistrer tout de même de la croissance. Et en ce qui concerne le rendement sur action, Warren a raison : Occidental est un leader du secteur !
Pour jouer cette carte correctement, je tiens à ce que vous commenciez en achetant une moitié de votre position Occidental Petroleum Corp.
Par exemple, si, en temps normal, vous achèteriez 100 actions, alors n’en achetez que 50 pour l’instant. Si habituellement vous auriez investi 1 000 $ sur cette nouvelle position, alors n’investissez que 500 $. Nous allons conserver des munitions pour renforcer cette position lors d’un repli plus important, si l’occasion se présente.
Mon conseil :
Achetez une première moitié de votre position Occidental Petroleum Corporation (NYSE : OXY) au prix maximum de 62 $ par action.
Bien cordialement,
James Altucher

