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Alerte du 06/09/2019 – Update du portefeuille

Par 6 septembre 2019octobre 6th, 2022Alertes, SMS/WIN Alertes

Update du portefeuille

Cher lecteur,

Si le S&P500 était resté enfermé dans sa « boîte horizontale » de court terme le mois dernier, à la faveur d’une rencontre prochaine entre les représentants de Pékin et de Washington, et d’indicateurs macroéconomiques meilleurs que prévu ces derniers jours, une poursuite de la hausse se met en place.

Ce phénomène trouve sa source dans de bons indicateurs, aussi bien en Europe (avec les PMI d’août sortis mercredi matin, plutôt rassurants après ceux de juillet) qu’en Chine (les PMI des services dans la nuit de mardi à mercredi) et aux Etats-Unis.
Car si l’ISM manufacturier a déçu en début de semaine, la sphère manufacturière pèse beaucoup moins que les services dans le PIB américain et les données publiées hier ont redonné du baume au cœur des opérateurs. Les résultats de l’enquête ADP sur l’emploi privé, l’ISM des services et le chiffre des commandes industrielles sont ainsi tous ressortis meilleurs que prévu par les économistes.

Ajoutons à cela un apaisement autour des tensions à Hong-Kong ou au Royaume-Uni par rapport au Brexit, de bonnes publications microéconomiques (comme celles de Thales et de Safran dans l’Hexagone cette semaine), et nous avons tous les ingrédients pour revoir le CAC40 sur des niveaux de 5600 points.

Un mois plus tôt, presque jour pour jour, une phase de reprise technique contestataire me semblait probable après l’attaque baissière des premières séances du mois d’août, à plus forte raison vu la vitesse du mouvement antérieur et les niveaux déjà revus alors. Ce constat était en outre mis en lumière par la situation du AAII.

L’intérêt d’une lecture contrarienne de l’indicateur American Association of Individual Investors dans des zones d’excès a donc à nouveau été prouvée…

En évoquant ce type d’indicateur, je vous invite également à vous référer à un autre que j’apprécie et dont je vous parle de temps à autre : l’indicateur Bull&Bear de Bank of America Merrill Lynch (BofAML), dont le fonctionnement en lecture contrarienne est assez proche du AAII.

Nous avons ici des bornes comprises entre 0 et 10 et plus l’indicateur tend vers les 10, plus nous approchons d’une zone d’excès d’optimisme (il s’agit donc d’un signal de vente). A l’inverse, plus il tend vers 0, plus nous approchons d’un excès de pessimisme (il s’agit alors plutôt d’une zone d’achat).

Or, observez le niveau du Bull&Bear fin août :

Et en cette première semaine de septembre, comme le notait d’ailleurs Grégoire Favet, de BFM, dans l’un de ses tweets postés tout à l’heure, l’indicateur vient de tomber à 0,6. Soit le positionnement le plus bearish des intervenants depuis mars 2016 !

Vous l’aurez compris, il s’agirait d’un superbe timing pour passer à l’achat. Je dois avouer que depuis que je suis l’indicateur, c’est l’une rares fois, voire la seule, où cela m’interpelle autant. En effet, d’un point de vue historique, ce type de lecture extrêmement pessimiste survient en général après une période de repli des indices. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas vraiment le cas ici…
En d’autres termes, le fait que très peu d’argent ait été investi dans le récent rebond pose l’éventualité d’une hausse qui ne ferait que démarrer… Même si j’ai du mal à me convaincre de cela (ce qui irait grosso modo de pair avec un S&P 500 fusant par exemple vers les 3100/3200 points), c’est malgré tout une hypothèse à ne pas négliger en termes de money management (d’où, soit dit en passant, le fait de ne pas insister mardi soir sur les Put S&P 500).

De notre côté, à l’image de mon silence radio d’hier, une certaine prudence m’a guidé cette semaine. Outre le constat divergent avec ces fameux « 0,6 » sur l’indicateur de BofAML, nous avons des volumes qui sont somme toute restés relativement faibles. Après le lundi férié à Wall Street pour cause de Labor Day, on a tout juste constaté un léger mieux à ce sujet hier. Par ailleurs, il faut bien admettre que les gaps d’ouverture ont été nombreux, rendent très vite délicat toute intervention en termes de risk/rewardnotamment. Surtout qu’ensuite derrrière, en séance européenne c’est bien souvent le calme plat le plus total (cf encore ce vendredi, et dans la logique de nos Put sur le MIB italien, avec un CAC qui ne bougera que de 10/15 points au final autour des 5600 points).

A mon retour de congés, j’ai trouvé des marchés déjà relativement hauts à mon sens pour chercher à acheter… et à l’inverse suffisamment bullish pour ne pas risquer de se mettre vendeur, du moins jusqu’à ce matin. En fait, l’essentiel des choses s’est passé sur de l’overnight et des news hors séance. Or, les produits que nous utilisons (Turbos) sont soumis à un risque de gap, ce qui suppose de manier les Turbos avec d’autant plus de prudence.

S’agissant de la parité dollar/yen, si comme je vous le disais hier soir l’idée de fond était bien là mercredi, j’ai longuement hésité hier matin à retenter le coup. Nous n’y sommes finalement pas retournés car en termes de stratégie, si le yen a bien été vendu en tant que refuge (dans la logique du rebond des indices), j’étais plus réservé quant à l’ampleur de la reprise sur le billet vert (l’Eurodollar étant par exemple repassé au-delà des 1,10 $ dans le même temps. Et pour cause : je ne m’attendais tout simplement pas à une telle salve de statistiques américaines supérieures aux attentes hier après-midi. Ce qui, au passage, n’a pas été le cas des chiffres mensuels de l’emploi américain publiés tout à l’heure, une nouvelle fois assez éloignés de ceux de l’enquête ADP dévoilés la veille, d’où un affaiblissement de la paire en ce vendredi.

Enfin, sur l’argent et les métaux précieux dans leur globalité, alors que certains d’entre vous m’ont posé la question de l’opportunité d’un trade short dans la continuité de mon article paru hier dans les colonnes de la Bourse au Quotidien, il m’a manqué certaines confirmations (notamment l’atteinte du seuil rond des 20 $ sur le métal gris dont je parle dans l’article). D’ailleurs, si nous avons eu une première attaque hier après-midi, la remontée des cours en cette fin de semaine (après la déception sur les chiffres de l’emploi américain) pourrait bien nous offrir le timing recherché très prochainement…

Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :

S&P 500 (Turbo Put D843Z) : ayant initialement en tête un retour vers le bas de range, la tenue des 2 900 points sur l’indice élargi américain nous a conduit à reprendre nos billes mardi après-midi. Put revendus flat.

USD/JPY (Turbo Call 67YLB) : peu de mouvement en séance mercredi sur la paire. A l’image de la poussée des futures américains dans la nuit de mercredi à jeudi (suite aux « avancées » sur le front de la guerre commerciale sino-américaine), cela met à nouveau en lumière le problème de l’overnight sur les Turbos (risque d’ouverture en gap défavorable le lendemain matin). Call revendus (-1%).

FTSE MIB (Turbo Put 35T0Z) : si le début de remontée des rendements obligataires amorcé hier sert le secteur financier dans son ensemble, le corollaire est que cela peut vite handicaper les pays les plus à risque. L’Italie étant selon moi le maillon faible de l’Europe, l’idée était ici de chercher à vendre les plus faibles aux première hésitations. En équivalent d’un CAC sur les 5 600 points, le cap des 22 000 points me semble à risque sur l’indice italien. La lourdeur du contexte politique dans le pays a également justifié notre intervention à la baisse ce matin. Sans réel mouvement à ce stade. Mais je vous le dis tout de suite, on risque d’y revenir avant l’automne… Put revendus pour le moment en cette fin d’après-midi (-3%).

Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi.
Mathieu