Update du portefeuille
Cher trader,
Il y a trois semaines, dans le cadre de ma synthèse hebdomadaire du 18 octobre dernier, j’évoquais ainsi la situation du marché obligataire (cf. l’encadré noir ci-dessous) :
Il se trouve que j’avais vu juste et que nous avons là l’un des grands catalyseurs de la nouvelle poussée des indices boursiers initiée depuis fin octobre. Le principe bien connu des vases communicants se vérifie une fois de plus, avec un argent qui sort du segment refuge qu’est l’obligataire d’Etat pour se reporter vers les actifs à risque, au premier rang desquels les indices actions.
Les segments cycliques et surtout les financières/bancaires sont à ce stade les principaux bénéficiaires de ce mouvement, alors que dans la presse anglo-saxonne, l’acronyme TINA semble quelque peu tombé en disgrâce…
Jusqu’au début de l’automne, avec des rendements obligataires en territoire négatif en Europe sur bon nombre de dettes, l’antienne « There Is No Alternative » (NDLR : absence d’alternative autres que les actions pour avoir un minimum de rendement) prévalait. Depuis un mois toutefois, c’est le FOMO (« Fear Of Missing Out ») qui est sur toutes les lèvres. En d’autres termes, la tendance est d’acheter un peu tout et n’importe quoi par peur de manquer le train de la hausse. Hier par exemple, c’était au tour de JPMorgan de passer positif…
Historiquement, ce type de comportement n’est pas sain et le fait est qu’il apparaît en général dans les dernières phases de hausse de marché. Même si le CAC40 peut aller chercher le cap rond et psychologique des 6 000 points, tandis que le S&P500 n’évolue qu’à quelques encablures des 3 100 points, pour autant, je ne vois guère de potentiel à court terme au-delà de ces seuils, surtout que nous en sommes désormais à cinq semaines de hausse d’affilée sur les indices (et cinq séances de hausse d’affilée sur le CAC40 depuis la fin octobre). Regardez ce que cela donne sur les graphiques hebdomadaires du CAC GR et du S&P 500 ci-dessous (cf. les cercles noirs) :
Au niveau des indicateurs de consensus maintenant, observons la situation du AAII :
Pour rappel, les zones d’excès sont ici situées dans les 20% de bearish et, dans le même temps, les 45% de bullish. A ce stade, il reste encore peut-être encore un peu trop de « neutres » (près de 36%) encore susceptibles de rejoindre le train de la hausse, d’où l’éventualité à garder en tête de possibles excès sur les 6 000 points pour le CAC40 et les 3 100 points concernant le S&P500.
Néanmoins, d’autres indicateurs comme le Fear & Greed de CNN sont d’ores et déjà en zone de surchauffe ou d’excès d’optimisme.
Pour ce qui nous concerne, je retiens surtout deux choses en ce début novembre :
– D’une part, un bon money management. Vous connaissez peut-être ce slogan publicitaire de la marque italienne de pneumatiques Pirelli : « sans maîtrise, la puissance n’est rien ». Eh bien, c’est l’image qui me vient à l’esprit en ce vendredi pour illustrer – si besoin était – l’importance du money management sur les marchés, encore plus quand on intervient sur les produits à effet de levier. Inutile en effet de pouvoir espérer aller vite si, par manque de rigueur, vous ne « blindez » pas le risque au maximum afin d’éviter d’aller dans le mur au premier virage (c’est-à-dire, s’agissant du trading, prendre un gros stop)… Au niveau des Turbos, si vous souhaitez gagner 50, mais que vous pouvez aisément perdre 100, faites le calcul et vous verrez que vous ne serez jamais gagnant dans la durée. Cela relève de la logique, du bon sens et nous ne nous en sommes pas départis, notamment mercredi avec la sortie opportune des Put Dax alors que le « spike » attendu a bien été au rendez-vous le lendemain matin.
– D’autre part, une anticipation payante du décrochage des métaux précieux, avec l’or hier puis le palladium aujourd’hui. En effet, au diapason de mes commentaires ci-dessus concernant le marché obligataire, le métal fin me semblait trop haut perché (cf. le sens, baissier, de chacune de nos interventions sur l’or ces dernières semaines). Le fait que l’once soit repassée sous les 1 500 $ montre le bien-fondé de ce ressenti. Décrochage ensuite parfaitement répliqué avec le palladium 24h plus tard. Beau doublé : parfait !
En résumé, quand j’ai des positions ouvertes, ma conviction y est. Cela pourrait sembler évident, mais je tenais tout de même à le rappeler et cela suppose que lorsque cette conviction diminue, que mon ressenti devient plus nuancé, je n’hésite pas à couper une ligne. Il en est de même quand je pense qu’il faut attendre 17h30 pour s’alléger sur les Put Or comme hier soir. Là encore, c’est tout sauf un hasard.
Disons, pour faire simple, que je cherche toujours à nous placer dans les meilleures conditions possibles. Dans le cas des accélérations, mon objectif pour les entrées en position est de nous positionner idéalement juste avant des poussées impulsives. Et vers la fin des accélérations pour qui concerne les PBP (prises de bénéfices partielles) ou les reventes. Idem lorsque je joue des retournements, c’est-à-dire quand les probabilités d’essoufflement et de « reverse » en marche arrière augmentent sensiblement selon mes critères. Quel meilleur exemple en date qu’hier soir entre 17h30 et 18h30 sur le Palladium (cf. le rectangle bleu clair + flèche rouge sur mon graphique intraday ci-dessous). Avec à la clé depuis un beau « reverse » dans les règles de l’art !
Croyez-en mes quinze années de pratique quotidienne des marchés : c’est comme cela que l’on est gagnant dans la durée. Pas autrement !
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Cac 40 (Turbo Put M209Z) : malgré de bons débuts le jeudi 31 octobre en matinée, le jour férié du 1er novembre n’aura pas fait nos affaires, l’indice ayant ensuite démarré sur les 5 800 points dès le lundi matin. Put revendus sur stop automatique lundi matin (-9%).
Spie (Turbo Call K968Z) : le titre n’ayant pas confirmé pas ses bonnes dispositions du début de semaine, nous avons vite écourté ce trade. Call revendus mardi (flat).
Palladium (Turbo Put 6344B) : money management de rigueur ici aussi ! Malgré de bons débuts mardi, la remontée des cours sur notre niveau d’entrée nous a là encore conduit à reprendre nos billes. Put revendus mercredi (flat).
Legrand (Turbo Put N983Z) : faute de risk/reward suffisant (c’est-à-dire de léger reflux préalable vers les 70 €) pour rester exposé à la publication trimestrielle (qui se révéla bel et bien baissière), nous avons revendu les Put mardi après-midi. Put revendus (-3%).
Dax 30 (Turbo Put Q831Z) : malgré un newsflow corporate défavorable mercredi outre-Rhin, la tenue des supports horaires nous a incités à la prudence. A juste titre puisqu’après mes commentaires de mercredi soir, l’indice a effectivement bel et bien « pulsé » à la hausse dès le jeudi matin. Beau money management malgré tout dans ce cas également. Put revendus mercredi midi (-2%).
Or (Turbo Put H064Z) : LA bonne anticipation de la semaine puisqu’à la faveur de la remontée des rendements obligataires, la baisse s’accélère bel et bien sur la relique barbare. PBP à +12% (au minimum) hier soir ; conservez le solde sur stop automatique inchangé à 1,28 €.
Cac 40 (Turbo Put K220Z) : faute de reflux hier, nous avons repris nos billes dans l’après-midi. Put revendus (flat).
Palladium (Turbo Put 6344B) : une fois n’est pas coutume, nous nous sommes placés à la vente dans le rebond des cours hier soir entre 17h30 et 18h30 (cf. le rectangle bleu clair + flèche rouge sur mon graphique intraday ci-dessous).
Comme attendu, la baisse est bel et bien au programme ce vendredi. PBP à +10% tout à l’heure ; conservez le solde sur stop automatique inchangé à 3,15 €.
Cac 40 (Turbo Put K220Z) : comme pour le Palladium en fait, nous sommes revenus à la vente non loin des 5 900 points sur notre indice. Conservez ; stop à 6,22 €.
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à mardi,
Mathieu



