Update du portefeuille
Cher trader,
Publicis avait en quelque sorte lancé les hostilités il y a deux semaines, avec une révision à la baisse de son objectif annuel de croissance organique qui lui a valu un net décrochage boursier. La semaine dernière, Renault, Thales et Danone ont emboîté le pas au géant de la publicité, avertissant chacun sur leurs résultats.
La fâcheuse tendance tend à se poursuivre ces derniers jours, avec cette fois Nokia, Technip, Europcar et Ubisoft ce matin dans l’œil du cyclone.
C’est la douche froide pour l’éditeur de jeux vidéo, dont les ambitions au titre de l’exercice 2019/2020 n’ont plus rien à voir avec ce qui avait été annoncé précédemment. Plombé par les ventes décevantes de son opus Ghost Recon, il table désormais sur un chiffre d’affaires (« net bookings ») de 1,45 Md€ et sur un résultat opérationnel non-IFRS dans une fourchette comprise entre 20 et 50 M€, contre respectivement… 2,19 Mds€ et 480 M€ visés dans un premier temps. Résultat des courses, Ubisoft a ouvert en gap de plus de 20%…
Capgemini n’est pas non plus à la fête, l’ESN ayant de son côté ramené sa prévision de croissance des revenus à devises constantes sur l’exercice à 5,5% environ, contre de 5,5 à 8% annoncé originellement. Le titre reculait d’environ 5% à la mi-séance, alors que l’action Michelin faisait montre d’une bonne résilience à la suite des comptes trimestriels, malgré l’évocation par le directeur financier Yves Chapot de l’accumulation d’un certain nombre de nuages.
Idem en Europe par exemple ce matin avec le décrochage de 10% du brasseur AB Inbev suite à, là encore, un abaissement de guidance.
STMicroelectronics, Atos et encore Kering ce matin (NDLR : concernant le géant du luxe, la croissance de Gucci a certes ralenti, mais dans des proportions conformes aux attentes des analystes) sont quant à eux parvenus à tirer leur épingle du jeu. C’est toutefois peu dire que le premier a fluctué… L’action « STMicro » était ainsi à la peine mercredi dans le sillage des prévisions pour le moins prudentes du « baromètre » du secteur Texas Instruments dans le secteur, avant de bondir de plus de 8% hier à la suite de ses bons résultats trimestriels et de rester bien orientée à la suite des comptes d’Intel, lesquels ont pour le coup été bien accueillis. Michelin résistait également bien ce matin malgré la révision à la baisse ses estimations de croissance sur ses principaux marchés (ce qui a conduit le directeur financier du géant clermontois à avertir qu’un « certain nombre de nuages commencent à s’accumuler »). Pour autant, je ne suis toutefois pas convaincu ici de l’upside résiduel à court terme.
Reste que, dans l’ensemble, ce n’est quand même pas la panacée et même les publications tout juste au-dessus du consensus n’ont pas franchement suscité l’enthousiasme. Regardez par exemple Hermès hier, en hausse de moins de 2% alors que, malgré la crise à Hong Kong, le groupe a enregistré une croissance organique insolente. Idem pour les Vinci et autres Saint-Gobain, qui ont chacun réitéré leurs guidances annuelles sans que la communauté financière s’en émeuve…Et quand je vois Nexity ou Sopra Steria par exemple prendre à peine 2 à 3% en fin de matinée malgré, dans les deux cas, de légers relèvements d’objectif (le premier visant désormais une croissance supérieure à 7% de son chiffre d’affaires et de son Ebitda, contre « autour de 7% » auparavant tandis que la croissance organique du second est désormais attendue entre +6,3 et +6,5% cette année contre une progression « égale ou supérieure à 6% » visée auparavant), je me dis que le jeu n’en vaut pas la chandelle. En résumé, je rejoins le constat dressé par mon confrère Philippe Béchade hier selon lequel le SBF 120 ressemble à un champ de mines.
Un point rapide maintenant sur la situation du S&P 500. L’indice élargi américain peut potentiellement aller chercher de nouveaux records vers les 3 100 points en sortie de sa figure de consolidation de moyen terme en triangle (visible en grisé + flèches de couleur ci-dessous). Pour, auquel cas, rallier ensuite sa résistance oblique (visible cette fois en pointillés noirs).
Comme je vous le disais à plusieurs reprises cette semaine, on garde en tête l’éventualité que de nouveaux sommets soient inscrits justement sous l’effet des rachats de positions short. Encore nombreuses à l’approche des sommets historiques et eu égard à la prudence du moment (le S&P 500 n’évoluant finalement guère depuis la mi-octobre et l’atteinte du cap des 3000 points). Pour autant, à l’image des réactions corporate divergentes évoquées plus haut en Europe, et bien ça part un peu dans tous les sens aussi aux Etats-Unis. Comme je vous le disais dans mes mails de mardi soir ou même d’hier soir, nous avons là beaucoup de comportements divergents. Pour l’anecdote, ce constat se poursuivait hier soir encore en after hour où Amazon trébuchait quand, à l’inverse, Intel bondissait (l’exact opposé de Texas Instruments donc). Vous avez dit divergents ? Ce qui est certain c’est que ce contexte si hétérogène n’aide pas à avoir une conviction directionnelle marquée. Ceci expliquant cela, C’est d’ailleurs pour cette raison que, malgré quelques légères oscillations, le S&P 500 ne va finalement nulle part depuis la mi-octobre (cf le range horizontal en bleu clair + flèches de couleur sur mon graphique journalier ci-dessous). Aussi pour le moment en termes de money management, mis à part tenter des coups de poker sur telle ou telle publication trimestrielle (ou peut-être sur l’Or hier, mais que je n’ai donc pas vu partir…), je pense que le plus sage est de ne rien faire. Car quand peu de conviction rime avec pièges, voilà le cocktail parfait pour des portes de saloon dans les règles de l’art. Evitons cela !
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Cac 40 (Turbo Put K220Z) : Malgré de bons débuts en fin de semaine dernière, la remontée de l’indice dans notre zone d’entrée nous a conduit à reprendre nos billes hier après-midi. Put revendus (flat).
Legrand (Turbo Put 647VZ) : là aussi, les premiers dégagements étaient au rendez-vous lundi en milieu/fin de matinée. Avant qu’ensuite, la tenue des marchés ne conduise le titre à remonter vers ses niveaux d’ouverture. Venant ainsi chercher le « stop zéro » que nous avions ajusté au préalable. Put revendus flat sur « stop zéro » automatique.
CNP Assurances (Turbo Call 1932Z) : faute de franchissement haussier au-delà de la résistance oblique évoquée, nous avons repris nos billes mercredi matin. Call revendus (flat).
Or (Turbo Put 6E16Z) : dans la logique inverse de l’atteinte de nouveaux records à Wall Street, de nouveaux dégagements me semblaient alors probables en parallèle sur l’actif refuge. Cela ne se mettant pas en place, nous avons écourté ce trade mercredi matin. Put revendus (-1%).
Dax 30 (Turbo Put 228AZ) : après les hésitations de Wall Street la veille au soir, j’avais un biais baissier en Europe le mercredi. D’où l’idée de nous placer dans le retour à l’équilibre des indices en matinée. Alors que la pression vendeuse attendue ne suivra pas dans l’après-midi, nous avons revendu la ligne. Put revendus mercredi après-midi (-2%).
Bonne fin de semaine à tous, d’avance bon week-end et à lundi.
Mathieu

