Cher trader,
Hier soir, alors que l’OMS avait relevé son niveau d’alerte sur le coronavirus (mais que l’optimisme des autorités à l’idée que Pékin endiguerait la propagation du coronavirus avait pris le dessus), le rebond de Wall Street en seconde partie de séance US m’avait un peu surpris. Tout autant d’ailleurs que la rechute des indices dès ce matin. En cause ce vendredi : encore et toujours cet impondérable coronavirus (avec des cas en Italie et au Royaume-Uni).
En effet, vu la teneur des chiffres d’Amazon (qui poussait le future Nasdaq dans le vert ce matin), pas évident d’envisager directement ce matin une si nette rechute de l’indice tech US. Ceci d’autant que, toujours dans le secteur technologique, IBM flambait par exemple de 4% ce vendredi après un changement dans son management.
Mais au final, on se retrouve à nouveau un peu dans le même genre de configuration que vendredi dernier à la même heure. Où, alors que certains poids lourds de la tech US flambaient (de mémoire, Apple était alors soutenu par un relèvement de broker quand Intel s’envolait post-trimestriels), les ventes avaient fini par prendre le dessus sur les indices (alors qu’une fois encore le coronavirus se propageait). Or statistiquement, n’oublions pas que le Nasdaq a un rôle de leader/avancé. En d’autres termes, il est rare que le marché chute sans qu’il ne soit initialement emmené par ce secteur. Ce qui, malgré l’actualité corporate des GAFAM dernièrement, n’est donc pas le cas en cette fin janvier. En effet, c’est bien simple : mis à part Facebook (qui peut volontiers se remplacer par Tesla), les Microsoft, Apple et donc Amazon en cette fin de semaine ont délivré des trimestriels exceptionnels (comme Intel d‘ailleurs avant eux en fin de semaine dernière). D’où en découle un net regain de force relative du Nasdaq. Or ce grain de sable, couplé à la situation désormais déjà un peu haute de l’obligataire m’a rendu (trop ?) méfiant.
Regardez en effet la situation du TNote.
Pour rappel quant à son fonctionnement et ses implications, les contrats à dix ans US montent en général quand les indices baisses (et inversement). Ceci par le principe habituel des vases communiquant (l’argent entrant sur l’un au détriment de l’autre compartiment). Depuis le breakout des 129,50 (visible en cercle noir), l’accélération haussière se poursuit. Ce qui, dans le même laps, et par symétrie inverse, explique la fébrilité et les premiers atermoiements des indices boursiers depuis une grosse semaine (et aussi, rétroactivement, mon idée que l’argent allait sortir des actifs à risque, indices boursiers en premier lieu, dès le milieu de la semaine dernière). Or aujourd’hui, on voit que le contrat obligataire arrive potentiellement sur une zone de résistance (cf rectangle grisé). Quid d’un échec ? Car si correction il doit y avoir sur ce segment durant la première quinzaine de février, cela pourrait bien aller de pair avec un afflux d’argent sur le compartiment indices/actions. En d’autres termes : favoriser un rebond des actifs à risque…
Ainsi, étant donné ces niveaux, et les constats précédents sur la force relative du Nasdaq, ces « grains de sable » m’ont conduit à une certaine méfiance ces dernières 24h. Peut-être un peu à tort vu la rechute actuelle mais c’est ainsi. Malgré tout de notre côté, compte tenu de mon ressenti initial de ce matin, l’essentiel y est. Avec d’un côté le reste des Put S&P 500 de mercredi soir qui file parfaitement. Tout comme les Call Eurodollar, avec une parité qui « pulse » bien vers les 1,11 $ (cf cercle noir). Sur la parité, si « sell-off » il doit y avoir sur les indices, cela finirait par forcer la Fed à réduire ses taux (et à aller dans le sens des attentes de Donald Trump). Ce que l’obligataire price déjà en partie ce soir (mais pas encore trop la paire eurodollar selon moi). Enfin, nous avons complété notre exposition avec des Put Air Liquide. N’ayant pas les confirmations matinales suffisantes pour y aller plus tôt (avant que les Exxon et autres Caterpillar ne pèsent encore plus à la baisse après leurs trimestriels en début d’après-midi), le risk/reward me semblait ici des plus attrayants sur les niveaux actuels. Sur notre géant, aussi belle et défensive que soit la valeur, si la baisse doit se poursuivre sur le CAC, les gestions finiront comme toujours par arbitrer leurs lignes les plus performances pour dégager de la liquidité (et compenser les pertes subies ailleurs). Vendre Air Liquide -à court terme, entendons-nous bien- s’inscrit dans cette logique…
Voici un récapitulatif des trades pris cette semaine :
Legrand (Turbo Put S565Z) : alors que la baisse ne prenait pas directement en première partie de semaine, nous avons repris nos billes mardi matin (bon money management alors que le titre filera ensuite dès le lendemain sur de nouveaux sommets). Put revendus (flat).
S&P 500 (Turbo Put R500Z) : notre bonne anticipation de mercredi soir nous a permis de sécuriser une PBP rapide de +10/15% dès l’ouverture hier matin. PBP à +10/15% ; conservez le solde sur stop automatique inchangé à 2,68 €.
Eurodollar (Turbo Call F373Z) : comme je vous le disais en introduction, là encore, le mouvement attendu a parfaitement été au rendez-vous en direction des 1,11 $ en cette fin de semaine. On maintient la ligne alors que le franchissement des 1,11 $ devrait suivre la semaine prochaine. Conservez ; stop automatique relevé à 6,18 €.
Air Liquide (Turbo Put M108Z) : trade un peu exceptionnel dans son timing, mais trade quand même alors que la recherche de liquidité devrait là aussi finir par rattraper cette belle défensive. Conserver ; stop à 2,71 €.
Bonne soirée à tous, d’avance bon week-end et à lundi,
Mathieu

