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Alerte n°103 – Le globalisme, la clé de l’adoption crypto

Par 10 décembre 2019Alertes

James AltucherCher lecteur d’Altucher Crypto Trader,

Il ne se passe pas grand-chose sur le marché des cryptos en ce moment, je l’admets.

Les prix semblent tenir bon. Selon moi, le prochain mouvement devrait être à la hausse, mais comme toujours, j’observe les perspectives à long terme.

Ceci étant dit, quelques choses intéressantes valent la peine d’être mentionnées.

Le « parti des cryptos »

L’État de Géorgie a une nouvelle sénatrice : Kelly Loeffler, PDG de l’échange crypto Bakkt.

Cela m’a beaucoup surpris. Pour commencer, il s’agit d’une républicaine nommée par un gouverneur républicain, mais Trump n’était PAS pour sa nomination.

Dans la mesure où une bonne partie de l’actualité sur le Bitcoin et les cryptos ces dernières années concernait la réglementation, il est agréable de voir aujourd’hui que la personne chargée de rédiger la législation (puisque le Sénat US est en majorité républicain) sera une « personne crypto ».

Je mets cela entre guillemets parce que c’est presque comme si un nouveau parti était en train de se former. Ce n’est pas une simple métaphore.

Tout, dans le secteur des cryptos, me rappelle les efforts audacieux des États-Unis, dans les années 1780, pour établir une Constitution – une Constitution rejetant à la fois les besoins des centralistes (ceux qui voulaient tout contrôler par le biais d’un gouvernement central) et ceux des Étatistes (qui pensaient que le contrôle devait être plus local, au moyen par exemple de lois instituées par les États individuels).

La Constitution est devenue un beau mélange des deux – les États-Unis sont une république plutôt qu’une démocratie suite à cela. Elle est aussi devenue le fondement de quasiment toutes les autres constitutions créées ensuite par des sociétés libres.

La Constitution américaine n’a pas toujours fonctionné, mais elle maintient le pays en état de marche depuis plus de 200 ans, une durée remarquable si l’on tient compte des fluctuations dans tant de pays depuis.

Malgré tout, les États-Unis ont subi pas mal de volatilité à cause de la Constitution. La guerre de Sécession a été la plus grande mise à l’épreuve : un État pouvait-il faire sécession, selon la Constitution ? Tel était le grand débat en 1860 avec, bien entendu, le sujet de l’esclavage et – difficile à croire – le problème des taxes sur le coton que le Nord souhaitait imposer.

Le chemin vers le globalisme

La Constitution a été une étape de plus dans ce que l’auteur Yuval Harari décrit comme le parcours de l’humanité vers le globalisme dans son livre, Sapiens.

Si vous n’avez pas encore lu Sapiens… faites-le.

Non seulement vous pourrez le citer l’air de rien lors de vos dîners en ville, ce qui vous donnera l’air d’être la personne la plus intelligente de la pièce, mais il donne un excellent cadre permettant d’envisager l’Histoire à 10 000 (voire 50 000) lieues de distance.

Depuis la révolution de la connaissance de 70 000 av. J.C., nous avons connu successivement :

  • des tribus de 30 personnes (des gens que nous CONNAISSONS) ;
  • des tribus de 150 personnes (des gens que nous CONNAISSONS ET DONT NOUS POUVONS DISCUTER) ;
  • des villages ;
  • des villes-État ;
  • des royaumes ;
  • des empires ;
  • et enfin des systèmes de croyance.

Pourquoi les systèmes de croyance sont-ils au sommet ? Parce que nous avons développé des méthodes de compréhension des récits suffisamment sophistiquées pour qu’une simple croyance puisse unir des gens partout dans le monde.

Par exemple, si je travaille pour IBM dans le Kansas, je peux appeler un parfait étranger qui travaille aussi pour IBM à Chengdu, en Chine, et nous pouvons instantanément avoir une conversation productive. C’est parce que nous partageons les mêmes croyances dans IBM – et avons donc des buts communs.

Les religions fonctionnent de la même manière.

Si je crois en Jésus et que vous croyez en Jésus mais que nous ne parlons pas la même langue, nous pouvons malgré tout nous trouver des affinités et de l’amitié si nous sommes assis côte à côte dans un avion.

Il en va de même pour l’argent.

Lorsque les gens se plaignent du fait que la monnaie fiduciaire n’est pas « réelle », je suis un peu d’accord avec eux. L’or et l’argent-métal, en revanche, ont une vraie valeur industrielle.

Mais toutes les devises s’appuient sur un degré de confiance. Le problème qu’ont de nombreuses personnes avec une devise créée par le gouvernement, c’est que la valeur d’un gouvernement et la confiance qu’on lui accorde peuvent facilement disparaître.

On trouve de nombreux exemples au cours de l’Histoire. L’Allemagne dans les années 1920. La majeure partie de l’Amérique du Sud dans les années 1980. L’Asie/la Russie dans le milieu des années 1990. Et PRESQUE les États-Unis en 2009 (possiblement).

Pour l’argent-métal, le cas d’utilisation ne peut pas disparaître. Dans 100 000 ans, si la race humaine est encore en vie, l’argent-métal continuera d’être utile pour ses fonctions antibactériennes (combler une carie, par exemple, ou fabriquer de l’argenterie).

De même, personne ne peut supprimer la valeur inhérente des cryptos.

Pourtant, en tant que devises, elles nécessitent encore un certain degré de confiance.

Quelle est cette confiance ? Que doit croire la société pour que cela fonctionne ?

Établir la confiance dans les cryptos

Comme la suggestion de Yuval Harari concernant l’avancée du globalisme, et comme la confiance de la Constitution US dans une république centralisée, la crypto-monnaie exige de la confiance en plusieurs choses.

  • Un système monétaire centralisé, ou au minimum la confiance dans un système qui fonctionne en parallèle des systèmes monétaires locaux (comme les lois fédérales coexistent avec les lois nationales).
  • Une stabilité des prix, à terme, de sorte que les gens puissent confortablement évoluer de leurs devises locales vers une crypto-monnaie plus globalisée.
  • L’acceptation réglementaire locale partout dans le monde. Cela aura lieu. Tous les jours, nous en voyons de nouvelles preuves. La nomination de cette nouvelle sénatrice crypto, par exemple. Au début, aux États-Unis, chaque État avait sa propre monnaie, qui fonctionnait aux côtés de la monnaie américaine. Voici l’image d’un billet de 3 $ du Vermont :

Graphique Halving Bitcoin

  • La répression continue de la « crypto-criminalité », c’est-à-dire le blanchiment d’argent, etc. Cela ne m’inquiète pas. Ceux qui ont gagné le plus d’argent avec Internet (dès 1995) étaient ceux qui faisaient de la pornographie. Les premiers revenus de Yahoo! cachaient un secret : c’est de la pornographie que venaient tous leurs profits.

À mesure que l’utilisation des cryptos s’élargit, les gens seront plus à l’aise avec les transactions en cryptos. Il a fallu à Internet près de 15 ans avant que tout le monde ait sa carte de crédit quelque part en ligne.

Ce sera la même chose pour le Bitcoin – peut-être même un peu plus long, à cause des problèmes liés au fait qu’il n’est pas accepté au niveau fédéral.

C’est pour cela que je dis que cette nouvelle sénatrice est en quelque sorte la première représentante d’un « parti crypto ». Quelqu’un qui croit à tout ce qui précède et a les connaissances techniques et le carnet d’adresses nécessaires pour concrétiser tout cela.

Les gens du « parti anti-crypto » seraient ceux qui veulent contrôler toutes les transactions en devises, ceux qui souhaitent que les banques centrales contrôlent les économies locales, et insistent pour que toutes les transactions s’effectuent dans leurs devises locales.

Pourquoi le « parti anti-crypto » voudrait-il cela ? Plusieurs raisons :

  • pour avoir plus de contrôle sur l’économie pour leurs propres desseins politiques ;
  • pour que les banques gagnent plus de frais (les banques sont intimement liées, par la politique et la fonction, aux banques centrales) ;
  • pour que la confidentialité ne soit pas un problème, donnant ainsi au gouvernement accès à quasiment toutes les transactions ;
  • et pour que les taxes fédérales ne puissent être évitées d’aucune manière (l’augmentation des cryptos exige un certain degré de réflexion quant à la manière dont un gouvernement est géré).

Autre chose ?

Oui, mais tout part de ce que j’ai écrit ci-dessus.

Le débat s’approfondit autour des privacy coins

On envisage une augmentation de la réglementation sur Monero (XMR) et, par conséquent, Zcash (ZEC).

Monero et Zcash sont plus confidentiels que le Bitcoin.

Avec le Bitcoin, tout est anonyme, mais tout le monde peut voir la taille et la date de chaque transaction.

Avec Monero et Zcash, on évite cela, ce que les gouvernements n’apprécient pas.

Il est dont intéressant de voir que John McAfee, un pionnier du logiciel de confidentialité mais aussi une personnalité douteuse (qui a participé deux fois à mon podcast), pense que la crypto-monnaie dont le gouvernement US a le plus peur est Monero.

Là encore, cela me rappelle les tout débuts d’Internet. Comment le gouvernement contrôlerait-il les données et les transactions ayant lieu sur ce réseau décentralisé mondiale ? Il n’en était pas capable. C’est seulement après que Clinton a imposé une loi avec zéro taxes de vente sur les transactions Internet que la volonté du gouvernement et les besoins d’Internet ont finalement convergé et que l’e-commerce a réellement commencé à s’envoler.

En fin de compte, le gouvernement va réaliser que les transactions confidentielles sont une bonne chose, même pour lui.

Par exemple – c’est une vraie situation – si les États-Unis doivent envoyer 100 millions de dollars en cash pour financer un seigneur de guerre dans un pays déchiré par les conflits, comment peuvent-ils faire ?

Envoyer de l’or par avion ? Le bourrer de billets de 100 $ ? C’est impossible.

Même l’utilisation du Bitcoin n’est pas possible à cause des problèmes de confidentialité mentionnés plus haut.

D’où la seule vraie solution : des cryptos comme Monero et Zcash.

Là encore, cela aura lieu. Il ne s’agit pas d’une prédiction. Je suis relativement certain que cela a déjà eu lieu et que, comme d’habitude, les différents côtés du gouvernement ne collaborent pas toujours.

Une dernière note sur Filecoin et le Bitcoin

Il ne se passe pas grand-chose d’autre dans l’actualité cette semaine.

J’attends de voir quand Filecoin terminera son projet de fichiers distribués, dans la mesure où je pense que ce sera là une utilisation industrielle majeure des crypto-monnaies (comme Dropbox, mais sans une entreprise derrière qui peut effacer vos fichiers).

Tout récemment, Google et d’autres grosses entreprises ont annoncé qu’elles ont le droit d’effacer des comptes qu’elles jugent inappropriés, sans avertissement préalable.

Il y a par exemple des preuves qu’elles effacent les dossiers de travailleurs du sexe opérant pourtant en toute légalité.

Avec un projet de fichiers distribués comme Filecoin, cela deviendra impossible.

Plus il y a de projets distribués – avec de vrais cas d’utilisation – que l’on commence à mettre en place, plus nous progressons pour que le Bitcoin devienne la réserve de valeur vers laquelle tout le monde se tourne. Personne ne veut d’une seule entreprise centralisée contrôlant l’intégralité des dossiers, vidéos, photos, etc.

L’autre nouvelle intéressante que je vois cette semaine, c’est que plusieurs échanges se font concurrence pour réduire les frais des transactions en Bitcoin. C’est bien entendu une bonne chose, qui devrait se poursuivre.

Le Bitcoin stagne depuis quelques semaines aux alentours des 7 400 $. Il n’arrive pas à créer de rupture, que ce soit à la hausse ou à la baisse. Je pense que les autorités veulent qu’il baisse… et que les investisseurs (évidemment) veulent qu’il grimpe.

À long terme, je parie sur le globalisme plutôt que sur les autorités locales.

Bien à vous,

Signature James Altucher

James Altucher
Rédacteur en chef
Altucher Crypto Trader