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Ce lent désastre qui s’annonce

Par 6 février 2023LMA Alertes

Cher lecteur de Top 1% Altucher,

Dans un monde idéal, nous investirions en nous fondant exclusivement sur les fondamentaux économiques et industriels des entreprises.

Malheureusement, le monde dans lequel nous vivons est tout sauf idéal. Et nous devons parler de politique.

Mercredi 1er février, le nouveau président de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, élu républicain de l’État de Californie, a rencontré le président Biden pour échanger des idées en vue d’éviter un défaut sur la dette américaine.

Ce n’est un secret pour personne : Kevin McCarthy a dû conclure énormément d’accords – que certains pourraient considérer comme louches ou clandestins – pour décrocher son poste de président de la Chambre. On sait très bien, également, que le clivage entre républicains et démocrates n’a jamais été aussi fort.

Pour en revenir au plafond de la dette, les États-Unis l’ont atteint le 19 janvier 2023, et comme vous le savez, cela signifie que des débats concernant la nécessité d’ajuster les dépenses et les recettes ne vont pas tarder à émerger.

L’an dernier, le précédent Congrès a relevé le plafond de la dette à 31 381 Mds$. Mais la secrétaire au Trésor américain, Janet Yellen, a prévenu le Congrès : les États-Unis ont atteint cette limite. Et pour empêcher tout défaut sur ses obligations, le Trésor doit commencer à mettre en oeuvre des mesures spéciales, comme la suspension de nouveaux investissements dans des plans-retraites spécifiques aux fonctionnaires.

Ces mesures spéciales prises par le Trésor vont accorder un peu de temps au Congrès, mais on ne cerne pas trop le temps dont il dispose. Janet Yellen a déclaré, dans sa lettre au Congrès, qu’il était peu probable que ces mesures soient épuisées avant le mois de juin mais, avec le gouvernement, les délais sont toujours très incertains.

Énormément de choses peuvent affecter le moment où les États-Unis pourraient faire défaut, comme les recettes fiscales, les taux d’intérêt, le remboursement des prêts étudiants, etc. La date exacte est inconnue, mais le compte à rebours avant un défaut potentiel cet été a débuté.

À présent, un Congrès divisé doit se mettre d’accord sur une solution, et inutile d’être un spectateur assidu de la chaîne parlementaire pour se rendre compte que ce sera un énorme défi.

Un quasi-défaut

La plupart des Américains espéraient qu’après le naufrage des élections de 2022, on aurait pu éviter les sujets politiques jusqu’à la mi-2024. Mais désolé, vous ne pouvez échapper à ce qui nous attend.

Remontons à 2011. Je sais que c’était il y a plus de dix ans, mais croyez-moi, c’est essentiel.

C’est en 2011 que les États-Unis ont le plus frôlé de près un défaut, au moment où le Congrès a eu des difficultés pour relever le plafond de la dette. Les marchés étaient instables et le S&P 500 a chuté de 16%, en cinq semaines seulement. La note de crédit des États-Unis a même été abaissée pour la première fois. Mais au bout du compte, début août, le Congrès a atteint un compromis et relevé le plafond de la dette juste avant un défaut.

Cela vous dit quelque chose ?

La situation politique actuelle, à Washington, est exactement la même qu’en 2011. Un président démocrate, des démocrates bénéficiant d’une faible majorité au Sénat et une Chambre des représentants sous contrôle des républicains.

Voici la question à un million de dollars : allons-nous vivre les mêmes débats au Congrès et assister à une flambée de volatilité sur les marchés ?

Si l’on se fie à la façon dont se comportent les deux partis depuis l’élection de 2022, la réponse est oui !

J’ai interrogé mon équipe d’investissement, et presque tout le monde s’attend à ce qu’une bataille éclate d’ici quelques mois. Cela dit, nous sommes également d’accord sur le fait qu’après énormément de menaces et de gesticulations politiciennes sur FOX News et CNN, le plafond de la dette sera relevé et que toute cette volatilité du début de l’été aura eu lieu pour rien.

Dans l’hypothèse où ceux qui gardent la tête froide n’auraient pas le dessus et où nous serions toujours exposés à une débâcle de la dette en avril et en mai, je parlerai davantage de la façon dont nous positionnerons le portefeuille dans la perspective des mois de juin et juillet, qui devraient être les plus volatils.

D’ici là, profitez de ce rebond de début d’année des actions, mais ne vous détendez pas trop car il est déjà arrivé que les gens passent d’un état d’esprit trop baissier à un état d’esprit trop optimiste.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher