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Comment créer une crise inflationniste ?

Par 10 mars 2022octobre 23rd, 2022Alertes, LMA Alertes

James AltucherCher lecteur de Top 1% Altucher,

Comme pris le marteau et l’enclume, le président Biden est bloqué entre l’inflation et la volonté de mettre la Russie sous pression.

L’inflation est évidente : elle explose. Si vous avez dû faire le plein de votre voiture ces dernières semaines, vous savez également que les coûts de l’énergie battent tous les records.

Inutile d’avoir un doctorat en économie pour comprendre ce qui se passe.

L’augmentation des prix de l’énergie entraîne des conséquences en cascade sur la quasi-totalité de ce dont nous avons besoin : le transport de personne, de marchandises, le coût des intrants et le chauffage de nos maisons. Si le prix de l’énergie explose, vous pouvez être certain que l’inflation, dans son ensemble, suivra le même mouvement.

Le président Biden a désormais le choix.

En 2021, les États-Unis importaient quotidiennement environ 209 000 barils de brut et 500 000 barils d’autre produits pétroliers depuis la Russie. Si les États-Unis mettent fin à ces importations, Poutine et ses camarades souffriront financièrement.

Deux cent mille barils… Le chiffre impressionne, mais ne représente, en réalité, que 3% des importations US de pétrole brut. Aux États-Unis, plus de 60% des importations de pétrole proviennent du Canada. Dix autres pourcents viennent du Mexique, et environ 6% d’Arabie Saoudite.

La restriction par Biden des importations de pétrole russe ne provoquera sans doute pas de pénuries aux États-Unis, mais s’ils cessent d’importer du pétrole russe, beaucoup d’autres pays adopteront sans doute la même politique. Retirer le brut russe du marché mondial ferait à coup sûr augmenter les prix de l’énergie partout.

Les exportations russes représentent environ 8% des ressources mondiales en pétrole. Ce n’est pas gigantesque, mais ce n’est pas rien, non plus.

Presque tous les analystes en conviennent : l’interdiction de l’importation de pétrole brut ne provoquera pas de pénurie énergétique aux États-Unis… mais l’explosion des prix de l’énergie provoquera certainement une exacerbation des perspectives d’inflation, déjà effrayantes.

Les Américains sont prêts à un sacrifice… peut-on en dire autant de leur président ?

Je n’ai pas fait de sondage, mais je parierai que la plupart des Américains accepteraient volontiers de payer leur essence plus chère si cela permettait de couper les vivres au régime meurtrier de Poutine.

Mais voilà… On ne peut pas s’attendre à une simple augmentation de vingt ou cinquante centimes à la pompe. L’inflation va se répercuter sur l’ensemble du marché.

Si vous suivez les débats politiques, même de loin, vous savez que le vote des électeurs est surtout influencé par des questions très concrètes…

Combien coûte un litre d’essence ? Puis-je me permettre de partir en vacances avec ma famille ? Puis-je me permettre d’acheter de nouveaux vêtements à mes enfants ? Combien coûtent un litre de lait et une baguette ?

Voilà le genre de questions auxquelles le citoyen lambda réfléchit avant d’aller aux urnes.
Si l’inflation continue d’augmenter, les électeurs sensibles à ce type de questions risquent fort d’opter pour un autre dirigeant.

Pour faire simple, même si la plupart des Américains sont prêts à supporter des prix plus élevés pour tenir tête à Poutine, l’augmentation des coûts et une inflation perpétuelle des prix à la consommation ne seront pas oubliés le jour de l’élection.

Elon Musk : « Drill, baby, drill! »

Drill, baby, drill! C’était le cri de ralliement de la Convention nationale des républicains en 2008 [NDLR : on peut traduire ce slogan par « Fore, chéri, fore ! » en français]. Elon Musk n’a certes pas utilisé les mêmes mots, mais voici ce qu’il a tweeté, la semaine dernière :

tweet Elon Musk
« Je suis désolé de le dire, mais nous devons immédiatement augmenter la production pétrolière et gazière. À période extraordinaire, mesures extraordinaires. »
Même en laissant de côté les importations de pétrole russe, le fait qu’un homme qui a parié sa réputation, son entreprise et sa fortune personnelle sur le développement et l’amélioration de technologies vertes dise au monde qu’il est nécessaire d’envisager l’approvisionnement en énergie américain sous tous les angles, même celui des énergies fossiles, en dit très, très long.

À l’évidence, plus le pétrole restera au-dessus des 100 dollars, plus il y a de chances que l’inflation continue d’augmenter.

Mais les nouvelles ne sont pas entièrement mauvaises pour les amateurs d’énergies propres : les prix vertigineux de l’énergie donnent aux entrepreneurs toute la motivation dont ils ont besoin pour innover et développer des produits qui n’ont pas besoin d’un pétrole ultra-cher pour fonctionner.

Un excellent exemple est Vision Marine Technologies (VMAR).

Vision Marine a mis au point des moteurs de bateau entièrement électriques. Entre les prix vertigineux de l’énergie et le fait que de nombreuses villes choisissent de réduire les conséquences environnementales des moteurs à gaz traditionnels sur les écosystèmes marins et aquatiques, les équipes de Vision Marine constatent un intérêt croissant pour leur entreprise, leurs actions et leurs solutions électriques.

Nos actions VMAR achetées début février ont gagné 35% à l’heure actuelle. Si vous vous étiez positionné à ce moment-là, bravo !

Ce marché baissier est semé d’embûche et vous avez investi dans l’une des rares entreprises engagées sur une nouvelle tendance haussière.

Bien cordialement,

Signature James Altucher

James Altucher