
Si vous n’avez pas suivi l’actualité des marchés la semaine dernière, le carnage dont ont été victimes des actions telles que Meta Platforms (META), Amazon (AMZN), Alphabet (GOOG) et Microsoft (MSFT) vous a probablement échappé. Et je ne cite que les grands noms, mais énormément d’actions d’entreprises plus modestes ont été vendues, elles aussi.
C’est toujours la même histoire, d’une conférence à une autre. L’inflation des salaires est douloureuse, la chaîne d’approvisionnement – même s’il y a une amélioration – n’est toujours pas en grande forme et la demande baisse globalement. Autrement dit, l’inflation pose problème et l’économie ralentit.
On garde un oeil sur l’obligataire
Lorsque j’ai parlé avec les membres de mon équipe, en début de semaine dernière, tout le monde s’est accordé sur le fait que les États-Unis allaient probablement entrer en récession en 2023. Certains d’entre eux pensent qu’elle interviendra au deuxième trimestre 2023, et d’autres plus tard (courant 2023).
Quoi qu’il en soit, si nous pensons tous qu’il existe un risque élevé de récession au cours des 12 ou même 18 prochains mois, il est justifié d’envisager de renforcer notre exposition aux obligations, au sein de notre portefeuille.
Même si je ne fais aucune recommandation aujourd’hui, je pense qu’il serait judicieux de s’intéresser à des instruments tels que les ETF iShares Barclays 20+ Year Treasury Bond Fund (TLT) ou iShares Barclays Aggregate Bond Fund (AGG), dans les mois à venir. Mon analyste en chef a lui-même acheté quelques actions TLT, la semaine dernière, via son compte personnel, dans la mesure où il pense que les obligations pourraient considérablement s’apprécier au cours des prochains mois.
Les marchés en proie à une redoutable incertitude
Si vous croyez que nous sommes en train de tuer le temps en attendant la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) d’aujourd’hui et la conférence de presse qui va suivre… eh bien, vous avez raison !
J’ai vu ces cycles se dérouler maintes fois, au cours de ma carrière.
Et, vous pouvez me croire, le jour viendra où nous rigolerons en nous remémorant à quel point nous étions focalisés sur les perspectives de hausses de taux, de chiffres de l’inflation et des conférences de presse de la Fed.
Investir sur le marché actions devrait consister à identifier d’excellentes sociétés dont les cours reflètent des évaluations raisonnables. La plupart du temps, c’est ce qui se passe. Mais en période de bouleversements et de tournants majeurs – comme aujourd’hui –, tout tourne autour des anticipations et des réactions aux nouvelles.
En ce qui concerne les taux d’intérêt, les chiffres de l’inflation et de l’emploi et les évènements géopolitiques, les traders disent qu’ils n’ont aucune importance jusqu’au moment où ils en ont. Et aujourd’hui, le taux d’inflation et les taux d’intérêt sont tout ce qui compte.
La réunion du FOMC a lieu à huis clos, aujourd’hui. Même si le marché est persuadé que les taux vont être relevés de 75 points de base à l’issue de cette réunion d’aujourd’hui, personne ne sait avec certitude ce qui va arriver ensuite.
La Fed va-t-elle suggérer une hausse plus modeste pour le 14 décembre ? Quelque chose comme 50 points de base ? Et que se passera-t-il, après la réunion de décembre ? Est-ce que la Fed va faire une pause, en matière de hausse, ou bien passera-t-elle à des hausses plus modestes, de 25 points de base ?
Il règne une redoutable incertitude, sur le marché actions, aujourd’hui, et cette période est donc particulièrement délicate pour investir de l’argent.
La rumeur enfle à Wall Street
Même si le NASDAQ a piètre allure, suite aux résultats décevants publiés par des entreprises comme Google, Meta Platforms et Amazon, nous sommes peut-être proches d’un catalyseur de hausse.
Ce que je vais vous dire n’est qu’une rumeur. Je tiens à être très clair, à cet égard : je n’ai pas la moindre preuve pour appuyer l’histoire que je vais vous raconter.
Selon des gens qui évoluent dans les méandres de Wall Street, les économistes de la société de gestion d’actifs BlackRock Inc. (BLK) diraient à leurs gestionnaires et leurs conseillers financiers qu’ils anticipent un pivot de la Fed (c’est-à-dire un changement d’attitude), dans ses commentaires officiels attendus aujourd’hui.
Comme la plupart des gens de Wall Street, les gérants chez BlackRock s’attendent à ce que la Réserve fédérale relève les taux d’intérêt de 75 points de base lors de cette réunion du 2 novembre. Toutefois, selon le consensus chez BlackRock, la Fed va également changer de vitesse et s’orienter vers deux relèvements plus modestes (de 25 ou 50 points de base) avant de marquer une pause sur le plan des hausses de taux.
Depuis des mois, mon analyste en chef martèle que nous nous orientons vers des taux de la Fed se situant autour de 5%. À moins que l’on constate une baisse significative de l’indice des prix à la consommation (CPI) en novembre, en décembre ou en janvier, il a probablement raison.
Mais la question est de savoir si la Fed va cesser ses hausses massives et adopter une approche plus graduelle… Si le mois de novembre marque la dernière hausse de 75 points de base et que l’on passe rapidement à des hausses de 25 points de base, le marché actions pourrait s’empresser de rebondir de 15% à 25%.
Certes, cette transition vers des hausses plus faibles ne mettra pas un terme au marché baissier. Selon les éléments de preuve actuels, mon équipe pense que les actions vont baisser au cours des deux premiers trimestres 2023.
Toutefois, si nous parvenons à terminer l’année sur un net rally, nous pourrions faire quelques trades de dernière minute pour empocher de l’argent à Noël !
Nous n’en sommes pas encore là
Le mois d’octobre a été excellent pour les entreprises industrielles et d’autres valeurs du Dow Jones Industrial Average (DJIA). Malheureusement, les géants à la croissance lente qui peuplent le DJIA ne seront pas les leaders du prochain marché haussier.
Les stratèges de Wall Street ont hâte d’annoncer le prochain marché haussier, mais pour que cela arrive, il faut y voir clair sur les taux d’intérêt, l’inflation et les bénéfices des entreprises qui composent le S&P 500.
Mon équipe et moi pensons que les taux d’intérêt se rapprochent d’un sommet, du moins à moyen terme. Nous anticipons une hausse de 75 points de base aujourd’hui, de 50 points de base en décembre et de 25 points de base, soit à la réunion des 31 janvier-1er février 2023, soit à celle des 21-22 mars 2023. Ensuite, il pourrait y avoir une période de type « on attend de voir », le temps que la Fed évalue l’impact de ses hausses de taux sur l’économie et l’inflation.
En ce qui concerne l’inflation, j’aimerais vous dire que les prix de tout de ce qui va de l’énergie à l’alimentation, aux ordinateurs et à l’automobile, vont baisser au cours des six prochains mois. Mais c’est impossible.
Voyez-vous, une bonne partie de l’inflation actuelle est due à l’inflation des salaires. Et il est extrêmement difficile de « faire rentrer le dentifrice dans son tube », une fois qu’il en est sorti.
L’inflation va se calmer, mais je pense qu’une bonne partie de l’année 2023 se sera écoulée avant que l’on ne constate l’impact recherché par la Fed.
Les bénéfices des entreprises du S&P 500 sont un monstre auquel on s’attaque peu, dans les médias, mais c’est peut-être la chose la plus importante à considérer.
Au cours des dix précédentes récessions, les bénéfices ont baissé en moyenne de 30%, approximativement. Mais si l’on exclut la bulle technologique de 2001 et la crise financière de 2007-2008, ce chiffre se réduit aux environs de 19%.
Mais voilà, la plupart des entreprises n’annoncent pas des bénéfices en baisse. Et même si c’est génial, cela me dit que SI une récession se profile à l’horizon, alors les révisions à la baisse négatives n’ont pas encore été absorbées.
Mais nous n’en sommes pas encore là…
Attendons la décision qui sera prise à la réunion du FOMC aujourd’hui, et voyons de quoi auront l’air les chiffres de l’emploi, vendredi. À partir de là, nous commencerons à tracer la voie à suivre, pour nos investissements, en ce qui concerne le reste de l’année 2022.
Bien cordialement,
James Altucher

