
C’est une époque à marquer d’une pierre blanche, sur votre calendrier…
Pour la première fois depuis les années 1970 (plus de 40 ans), la Fed doit relever les taux en réaction à une réelle inflation. Et pas une simple inflation, mais une poussée d’inflation séculaire.
Malgré tout l’argent gratuit que notre banque centrale et le gouvernement américain ont déversé sur nous, ces deux dernières années, l’inflation que nous constatons aujourd’hui a peu de choses à voir avec « un volume excessif d’argent facile dans le système ».
Cette poussée d’inflation a été déclenchée par un choc de l’offre provoqué par les graves perturbations de chaîne d’approvisionnement générées par les confinements liés à la pandémie. Et ensuite, bien entendu, par toutes les autres dynamiques qui viennent s’ajouter pour faire grimper les prix.
Pour toutes ces raisons, la Fed va être bien embêtée pour gérer la flambée des prix.
Et, dans un contexte où les taux sont absurdement bas, son seul choix est de les relever bien plus agressivement qu’elle – ou le marché – ne l’aurait souhaité.
Tirer parti d’une douloureuse situation
Les marchés baissiers ne vous effraient pas : ils vous épuisent. Et celui-ci ne ressemble à rien de ce que nous avons connu en plus de 20 ans.
Face à la conjonction d’une inflation incontrôlée et de taux d’intérêt qui augmentent rapidement, un marché baissier est inévitable.
Alors comment tirer parti de ce qui se transforme rapidement en environnement de trading sous l’emprise de la panique ?
J’y ai énormément réfléchi avec mon équipe, et nous sommes d’accord sur le fait que l’on s’approche rapidement d’un stade où nous devrons commencer à mobiliser de l’argent.
Nous n’avons pas envie d’acheter des actions axées sur les biens de grande consommation ou les chaînes de magasins d’alimentation, secteurs considérés comme « sûrs ». Honnêtement, la plupart des entreprises que Wall Street considère comme sûres sont extrêmement surévaluées.
Prenons Clorox, par exemple. Cette société, qui détient des marques telles que Liquid-Plumr, Pine-Sol et Hidden Valley [NDLR : marques de déboucheur de canalisation, produits nettoyants et sauces alimentaires], affiche un ratio cours/bénéfice de 42 et un taux de croissance d’environ 1,5%.
C’est atroce !
Au lieu d’acheter des actions de Clorox, qui se spécialise dans les biens de consommation durables et dont la croissance est lente, nous pourrions investir dans une entreprise telle qu’Alphabet (Google), dont le ratio cours/bénéfice est de 20.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais personnellement, je préfère parier sur la capacité de Google à innover que sur celle de Clorox à augmenter le prix de son déboucheur de canalisations.
Vous avez vu les mouvements des marchés financiers, lundi dernier. Ce fut un bain de sang.
Et les chiffres de l’indice des prix à la consommation devant afficher un taux d’inflation se situant entre 8% et 9%, aujourd’hui, la fin de semaine pourrait encore être tumultueuse pour les actions.
Toutefois, le sentiment baissier est devenu extrême, faisant ainsi retomber les valorisations à des niveaux plus raisonnables.
Alors, même si cela n’arrive pas demain ou après-demain, préparez-vous à investir de petites sommes au cours des deux mois à venir.
On vous donne un avant-goût
Parmi les actions que mon équipe et moi sommes en train d’étudier figurent Alphabet, Nvidia, Autodesk, IBM, Zoom, Teladoc, Unity Software, Digital Ocean, The Trade Desk, Twilio, DataDog, Vision Marine, Draganfly, Atlassian, ZoomInfo et Cloudflare. Et ce n’est qu’un échantillon des actions que nous surveillons. Il y en a une douzaine d’autres.
Même si certaines d’entre elles font partie de notre portefeuille, je les surveille activement pour identifier des opportunités de renforcer ces positions.
Par ailleurs, j’aimerais que vous vous teniez prêt à investir dans de nouvelles sociétés, à mesure que la situation s’améliorera.
Dans un contexte où l’inflation est notre nouvelle réalité et les taux d’intérêt vont probablement considérablement augmenter, nous devons nous concentrer sur des entreprises dont l’endettement est gérable, qui sont capables de générer des flux de trésorerie disponible et d’enregistrer de la croissance, même si les taux d’intérêt à 10 ans grimpent à 5% ou 6%.
Alors restez à l’écoute et soyez prêt à faire travailler de l’argent !
Bien cordialement,
James Altucher

